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Nacht über Europa. Kulturgeschichte des Ersten Weltkriegs

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (1/2014). Hans Stark propose une analyse de l’ouvrage de Ernst Piper, Nacht über Europa. Kulturgeschichte des Ersten Weltkriegs (Berlin, Propyläen, 2013, 592 pages).

Ernst PipecoverHistorien à l’université de Potsdam, Ernst Piper signe un ouvrage magistral consacré à l’histoire culturelle de la Première Guerre mondiale : « Nuit sur l’Europe ». Il n’entre pas dans la polémique sur le degré de responsabilité du Reich dans la crise de juillet 1914, mais se consacre entièrement aux ravages politiques, culturels et humains que ce conflit a provoqués. Il se focalise sur les destins individuels des peintres, écrivains, poètes, compositeurs, intellectuels et politiques qui ont combattu, et sur leurs souffrances. L’auteur, s’il ne revient pas sur la crise de juillet, consacre un chapitre à « l’esprit de 1914 » en Allemagne, qui ne laisse aucun doute sur l’attitude des représentants politiques et culturels du Reich. Avec la conviction d’avoir été attaqués, et donc du caractère « défensif » de leur action (alors que les troupes allemandes occupent la Belgique et le Nord-Est de la France), Max Weber juge la guerre « grande et magnifique », l’économiste Werner Sombart qualifie les Allemands de « peuple élu », tandis que pour Thomas Mann l’éclatement de la guerre constitue un « orage purificateur ».

Griff nach der Weltmacht. Die Kriegszielpolitik des kaiserlichen Deutschland 1914/1918

Fritz FischerCette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (1/2014). Nele Katharina Wissmann propose une analyse de l’ouvrage de Fritz Fischer, Griff nach der Weltmacht. Die Kriegszielpolitik des kaiserlichen Deutschland 1914/1918 (Düsseldorf, Droste Verlag, 1961 et 2009,  896 pages).

Publié en 1961 et réédité en 2009, ce livre, comme l’a écrit Jacques Droz, n’a pas seulement écrit l’histoire, il a fait l’histoire.

Fritz Fischer cherche à démontrer, en se fondant sur différents documents, que l’Allemagne avait dès 1914, et non pas seulement depuis l’ère du national-socialisme, de grandes ambitions de conquêtes et d’annexions aussi bien à l’est qu’à l’ouest et qu’elle ambitionnait de dominer le continent pour s’élever au rang de grande puissance mondiale.

La thèse centrale de ce livre est particulièrement importante : les dirigeants politiques et militaires allemands se seraient intentionnellement servi de la crise de juillet 1914 pour provoquer la guerre en Europe, afin de modifier le rapport de forces sur le continent. Le gouvernement impérial, qui parlait de « guerre défensive », aurait de surcroît, et ce dès le début des combats, été en possession d’un vaste programme de guerre. Theobald von Bethmann-Hollweg, chancelier impérial, a pu ainsi présenter dès 1914, au tout début de la bataille de la Marne, le fameux « programme de septembre ». Celui-ci prévoyait de soumettre politiquement et économiquement les autres nations européennes et envisageait des annexions territoriales considérables sur les voisins directs, notamment la Pologne et la France.

Die Urkatastrophe Deutschlands. Der erste Weltkrieg 1914-1918

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (1/2014). Hans Stark propose une analyse de l’ouvrage de Wolfgang J. Mommsen, Die Urkatastrophe Deutschlands. Der erste Weltkrieg 1914-1918 (Stuttgart, Klett-Cotta Verlag, 2002, 188 pages).

MommsenIssu d’une famille d’éminents historiens allemands, Wolfgang J. Mommsen a été l’un des meilleurs spécialistes de l’Allemagne wilhelmienne. Il aborde ici le conflit en étudiant ses aspects à la fois militaires, politiques, économiques et socioculturels. Pour lui, il ne fait aucun doute que la « Grande Guerre » – bien qu’on ne la nomme pas ainsi outre-Rhin – est la « catastrophe originelle » (Urkatastrophe) de l’Allemagne, celle qui a provoqué toutes les autres catastrophes qui ont frappé le pays et l’Europe jusqu’en 1945, voire au-delà. Pour Mommsen, l’Allemagne prussienne porte une très lourde (mais pas unique) responsabilité dans l’éclatement de la guerre en 1914. L’auteur rappelle que les milieux militaires allemands ont voulu cette guerre, l’ont activement préparée. Il insiste aussi sur le climat nationaliste et belliqueux qui s’était emparé d’une large part de l’opinion allemande (manipulée par la censure et la thèse officielle d’une « guerre de défense »), des intellectuels, ainsi que des artistes et tout particulièrement des milieux de la haute bourgeoisie, sans parler de l’« union sacrée » (Burgfrieden) conclue entre toutes les forces politiques jusqu’en 1918.

Mais Mommsen estime que la décision de recourir à la force fut aussi, pour la classe dirigeante, une fuite en avant lui permettant non seulement de sortir de son encerclement géopolitique, mais encore d’échapper en interne aux réformes politiques et sociales que le pays attendait, en maintenant un régime non parlementaire dépeint comme moralement supérieur aux systèmes politiques français et britannique. Cette fuite en avant, qui s’accompagnait de très lourdes pertes (2 millions de soldats allemands sont morts à la guerre), rendait, aux yeux de responsables militaires aveuglés par des buts de guerre aussi excessifs qu’irréalisables, l’acceptation d’une paix négociée totalement inconcevable.

L’Allemagne disparaît

Cette recension est issue de Politique étrangère 3/2013. Nele Katharina Wissmann propose une analyse de l’ouvrage de Thilo Sarrazin, L’Allemagne disparaît (Paris, éditions du Toucan, 2013, 520 pages).

00-SarrazinDébut avril 2013, après trois ans d’enquête, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale des Nations unies a conclu que l’Allemagne avait porté atteinte à la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale en refusant une plainte concernant des propos tenus par l’ancien membre du directoire de la Bundesbank et membre du Parti social-démocrate (SPD) Thilo Sarrazin. En 2009, T. Sarrazin avait affirmé dans une interview publiée dans la revue allemande Lettre Internationale [1] que la majorité des Turcs habitant à Berlin n’avaient pas de fonction « productive » hors des petits commerces de légumes.

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