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Les lumières sombres. Comprendre la pensée néoréactionnaire

Cette recension a été publiée dans le numéro d’automne 2026 de Politique étrangère (n° 3/2026). Laurence Nardon, responsable du programme Amériques à l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage d‘Arnaud Miranda, Les Lumières sombres. Comprendre la pensée néoréactionnaire (Gallimard, 2026, 176 pages).

De nombreux ouvrages ont récemment tenté de cartographier les courants intellectuels liés à l’extrême droite ou, devrait-on dire, aux extrêmes droites – tant le phénomène semble pluriel, hétérogène et parfois contradictoire. Ces livres couvrent des périodes, des zones géographiques et des amplitudes politiques différentes. Deux ouvrages abordent le cas américain dans la période récente, cherchant à établir l’assise intellectuelle de la colère populiste qui a porté Donald Trump au pouvoir en 2016 et 2024. Le premier, rédigé par l’Américaine Laura K. Field sur la base d’une connaissance personnelle et encyclopédique des lieux et des personnes, présente toute la « Nouvelle Droite » américaine. Le second, publié par le docteur associé au CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po) Arnaud Miranda, se concentre sur la mouvance « néo-réactionnaire ».

Making Sense of the Alt-Right

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2018). Corentin Sellin propose une analyse de l’ouvrage de George Hawley, Making Sense of the Alt-Right (Columbia University Press, 2017, 232 pages).

Nulle expression n’a eu plus de succès pendant la campagne présidentielle 2016 aux États-Unis que l’alt-right, concept fourre-tout désignant la droite nationaliste blanche
(« suprémaciste ») qui semblait faire un retour en force derrière la candidature Trump. La première qualité du livre vif et bien écrit de George Hawley, professeur de science politique de l’université d’Alabama, est d’en donner une définition beaucoup plus rigoureuse. L’alt-right désigne ces groupes d’anonymes à faible coordination pullulant sur internet depuis 2015, sur les réseaux sociaux comme Twitter et Facebook, ainsi que sur les blogs et forums. Ils y défendent une doctrine centrée sur la création d’États peuplés exclusivement de Blancs sur le territoire actuel des États-Unis, y compris par la déportation des populations non blanches. Mais Hawley démontre que l’alt-right a bouleversé les méthodes et le recrutement du suprémacisme blanc par rapport au Ku Klux Klan ou aux néo-nazis.

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