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PE 2/2017 en librairie !

Le nouveau numéro de Politique étrangère (2/2017) vient de paraître ! Il consacre un dossier complet à l’ASEAN qui fête ses 50 ans d’existence, tandis que le « Contrechamps » propose deux visions opposées sur les politiques économiques et budgétaires de la zone euro : Sous les dettes, la croissance ? Enfin, comme toujours, de nombreux articles viennent éclairer l’actualité, comme la Turquie, entre coup d’État et référendum ou encore le Brexit, représentatif d’une certaine idée de l’Europe.

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En cinquante années d’existence, l’Association des nations du Sud-Est asiatique (ASEAN) a défini une approche complexe, progressive, équilibrée, de l’intégration régionale. Loin des affirmations spectaculaires de la construction européenne, elle articule les stratégies économiques et politiques d’États très divers avant tout soucieux de leurs propres souverainetés. La « voie asiatique » s’affirme ainsi très particulière, sans nul doute efficace. Mais suffira-t-elle face aux reclassements imposés par la montée en puissance du géant chinois ?

Brexit : Que s’est-il passé ? Que va-t-il se passer ?

C’est la saison des cadeaux et Politique étrangère ne se prive pas de vous faire plaisir ! Nous vous offrons à la lecture un second article du nouveau numéro (n°4/2016) : « Brexit : Que s’est-il passé ? Que va-t-il se passer ? », par Jolyon Howorth et Vivien Schmidt.

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Le Brexit est à bien des égards l’accident qu’on attendait. Voici des décennies que les Britanniques sont soumis à un régime de fausses vérités eurosceptiques, diffusées par des élites médiatiques et politiques qui n’ont jamais tenté de montrer les aspects positifs du projet européen. La campagne du référendum a opposé ceux qui expliquaient pourquoi le Royaume-Uni devait quitter l’Union européenne, à ceux qui expliquaient pourquoi il ne devait pas la quitter. Les raisons de rester, les traits positifs de l’UE ont été oubliés. Mais le résultat du vote pourrait avoir, pour le Royaume-Uni comme pour l’Union européenne, mais aussi pour les relations transatlantiques – et donc pour l’ordre international libéral lui-même – des conséquences incalculables.

Europe : Back to the Future

La rédaction a le plaisir de vous offrir un second article du numéro d’automne 2016 de Politique étrangère : « Europe : Back to the Future », écrit par Guy Verhofstadt.

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« Sans galvauder le mot, on peut affirmer que le référendum britannique du 23 juin dernier est un événement historique dont l’onde de choc se fera longtemps sentir. L’effet de sidération devra pourtant bien s’arrêter un jour pour voir la réalité en face : le Brexit a eu lieu et le Royaume-Uni va sortir à moyen terme de l’UE. Une issue logique après 43 ans d’un mariage raté entre la perfide Albion et le continent ? Après tout, n’avait-on pas consenti à David Cameron divers arrangements destinés à rassurer les Britanniques, déjà gavés de dérogations en tout genre, afin qu’ils votent Remain, comme une limitation des prestations sociales aux ressortissants de l’UE, jugés envahissants, et la préservation des intérêts financiers de la City ? Et ils ont quand même mal voté, ces ingrats d’Anglais !

Les conséquences du Brexit : trois questions à Vivien Pertusot

Auteur de l’article « Brexit : les risques du référendum » paru dans le numéro de printemps 2016 de Politique étrangère (1/2016), Vivien Pertusot, responsable du bureau de l’Ifri à Bruxelles, répond à trois questions en exclusivité pour politique-etrangere.com.

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1) Comment expliquer ce vote en faveur du Brexit ?

Le Brexit s’est joué autour de deux questions : le vote anglais et le vote des jeunes. L’Angleterre a largement voté en faveur du Brexit : 15,1 millions d’Anglais ont voté « Leave », tandis que 16,2 millions de Britanniques ont voté « Remain ». Le vote « Remain » doit beaucoup aux votes écossais et londoniens. Toutefois, l’élément déterminant concerne le taux de participation. Celui-ci s’est avéré insuffisant dans les régions pro-maintien. Ainsi, il était inférieur à la participation nationale (72,2 %) dans 23 des 33 circonscriptions londoniennes et a été cinq points inférieurs en Écosse. À l’inverse, le Sud-Est et le Sud-Ouest, majoritairement favorables au « Brexit », ont voté à plus de 76 %.

Le vote des jeunes a également été décisif. Au Royaume-Uni, comme ailleurs, la propension à aller voter évolue avec l’âge. De manière proportionnellement inverse, la tendance au maintien dans l’UE diminue avec l’âge. L’argument selon lequel ce référendum concerne l’avenir des jeunes, aussi rationnel soit-il, a eu l’effet d’un prêche dans le désert. Certaines données sont alarmantes : seuls 38 % des 18-24 ans (pourtant favorables à plus de 70 % au maintien) auraient voté.

2) Quelles crises politiques se dessinent au Royaume-Uni ?

Les partis politiques sont divisés. Les Tories sans surprise, même s’il est possible que la démission de David Cameron d’ici le mois d’octobre permette d’éviter des luttes intestines trop violentes. Cela n’empêchera pas le parti de traverser d’incroyables turbulences. Le prochain leader, et Premier ministre, aura une tâche ardue. Comme précisé dans mon article paru dans Politique étrangère, il ne faut pas négliger l’impact sur les Travaillistes. Le leadership de Jeremy Corbin n’était pas absolu et les démissions en cascade depuis les résultats le confirment : le parti va traverser une période de déchirures internes. Il sort plus affaibli par ce résultat que le parti conservateur.

Reste l’intégrité du Royaume-Uni. La First Minister écossaise Nicola Sturgeon brandit déjà l’hypothèse d’un nouveau référendum sur l’indépendance. Il n’est toutefois pas certain que Londres donne son accord immédiatement à un nouveau référendum : le contexte économique est très défavorable à une indépendance écossaise (la livre et le prix du pétrole sont faibles) et ce serait un vrai risque pour les indépendantistes de précipiter l’affaire. Une réunification de l’Irlande revient à l’ordre du jour, mais le débat est marginal et loin d’être mûr.

 3) Quelles conséquences pour l’Union européenne ?

Il est bien difficile de savoir à ce jour comment le reste des 27 États membres va appréhender le « Brexit ». Le résultat a provoqué un torrent de déclarations et de gesticulations politiques. Relance pour les uns, exemple à suivre pour les autres, temps de réflexion pour d’autres encore… Le risque est de vouloir se précipiter vers une solution qui semble toute prête : intégrer davantage dans certains domaines, quitte à le faire dans un petit groupe. Il est évident qu’il faut réagir, mais la portée du Brexit est telle qu’il pourrait être contreproductif de mettre hâtivement en œuvre des décisions mal pensées et mal expliquées. Le temps des grands projets viendra, mais il doit être préparé. Toute crise ne doit pas automatiquement et immédiatement conduire à plus d’intégration. Seule une vraie réflexion, probablement longue et pénible, peut amener à cette conclusion.

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