Étiquette : démocratie Page 21 of 22

Transforming India. Challenges to the World’s Largest Democracy

IndiaCette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (2/2014). Isabelle Saint-Mézard propose une analyse de l’ouvrage de Sumantra Bose, Transforming India. Challenges to the World’s Largest Democracy, (Cambridge, MA, Harvard University Press, 2013, 352 pages).

La première qualité de l’ouvrage de Sumantra Bose est d’éclairer une actualité indienne encore dominée par les seizièmes élections générales du printemps 2014. On s’intéresse en effet ici à la régionalisation grandissante du système politique indien, une tendance de fond qui a toujours été à l’œuvre dans le pays, mais qui s’est fortement accentuée depuis les années 1990. Comme le note l’auteur, cette régionalisation complique, fragmente et diversifie une scène politique jadis dominée par le seul parti du Congrès national indien. Elle conduit en effet à « l’émergence d’une pléthore de partis politiques représentants des identités et des intérêts communautaires particuliers, chacun [de ces partis] étant basé dans un seul État de l’Union indienne ». À un niveau plus structurel, elle change la nature même du système politique, soumis à une « fédéralisation par le bas », en faisant advenir une démocratie de plus en plus « décentrée ». Dans un tel contexte, l’auteur se montre sceptique sur l’avenir du Congrès, qui reste trop centralisé et trop dépendant de la dynastie Nehru-Gandhi. Le Parti du peuple indien (Bharatiya Janata Party, BJP), en revanche, lui semble mieux à même de s’adapter à ces mutations profondes, comme le montre l’exemple de Narendra Modi qui, avant de se hisser sur la scène politique nationale, a longtemps œuvré au niveau strictement régional comme chef de gouvernement du Gujarat.

Les Cocus de la révolution – Le Printemps arabe, une manipulation ? – Insurrections arabes

Cette recension est issue de Politique étrangère 2/2013. Denis Bauchard propose une analyse des ouvrages de Mathieu Guidère – Les Cocus de la révolution (Paris, Autrement, 2013, 156 pages), de Naouef Brahimi El Mili – Le Printemps arabe, une manipulation ? (Paris, Max Milo, 2012, 224 pages) et de Smaïn Laacher – Insurrections arabes. Utopies révolutionnaires et impensé démocratique (Paris, Buchet Chastel, 2013, 324 pages).

00-Guidere-2-7467-3412-8Le printemps arabe – si tant est que l’on puisse encore utiliser cette expression – n’en finit pas d’inspirer essayistes et politologues, avec un inégal bonheur. Ces trois ouvrages, très différents dans leur approche, proposent des clés d’explication et essaient d’anticiper des évolutions bien incertaines.

The New Arab Revolutions that Shook the World

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (4/2012). Clément Therme propose une analyse de l’ouvrage de Farhad Khosrokhavar, The New Arab Revolutions that Shook the World (Boulder/Londres, Paradigm Publishers, 2012, 256 pages).

L’intérêt heuristique de cette recherche tient d’abord à sa méthodologie : le point de vue adopté est celui d’une perspective phénoménologique élargie. Cette approche permet d’éviter deux écueils.

Recension de PE dans les Reflets du Temps

Martine L. Petauton, rédactrice en chef des Reflets du Temps, a consacré un article au n°4/2011 de Politique étrangère. Voici de larges extraits de cet article.

L’Institut Français des Relations Internationales, on le côtoie […] dans ces débats télévisés de bonne tenue, de C dans l’air ou Ça vous regarde de la Chaîne Parlementaire. Compétences huilées, connaissance parfaite des dossiers [et] une capacité communicante limpide, volontairement pédagogique ; bref, au bout, compréhensible pour le citoyen de base, que nous sommes tous. Un mélange savant / lisible, particulièrement recherché en ces temps croisés de crise financière et de période électorale.

On retrouve toutes ces qualités dans la revue Politique étrangère. On lit, on s’approprie, on s’intéresse, on s’interroge, on utilise après… belle procédure chère à tous les mécanismes d’apprentissage.

Le volume « Hiver 2011 », présentation de belle qualité facilitant la lecture, léguant un livre pour la bibliothèque, bien plus qu’un simple magazine jetable, nous offre un dossier de 6 articles en « Une » d’une utilité brûlante : « La déconstruction européenne ? » (notez le point d’interrogation qui clignote avec force). Seconde « Une » ; quelques articles : « démocratie, démocratisation » nous engagent dans un voyage du Printemps Arabe, à la Chine, en passant par les « élections en Afrique ».

La revue permet encore de s’interroger sur « la sûreté dans le nucléaire » dans un petit dossier « Repères ». De nombreuses recensions de livres ferment l’opus, avant qu’on accède aux abstracts de tous les articles, en anglais – Recherche oblige.

L’architecture des articles – chacun pesant une bonne dizaine de pages – facilite grandement le voyage au pays des idées énoncées ; un « chapeau » signé de la rédaction, résume le contenu ; les problématiques sont indiquées en marge, permettant un « butinage » différencié ; les sous-titres, parfaitement éclairants rendent le service des barreaux d’une échelle. J’ai particulièrement goûté cette organisation, permettant d’échapper au linéaire, qui – vous l’avez peut-être observé, comme moi – a l’inconvénient d’une perte en lignes importante, au fur et à mesure de la lecture. Combien de revues ou d’hebdomadaires grand public pourraient utilement s’inspirer de la méthode !

La Communauté Européenne est-elle en panne, en maladie grave ? Qu’en est-il de l’Europe dans la crise actuelle ? Et la Grèce, et l’Allemagne ? Et nous dans tout ça ? Tous nos journaux, nos émissions TV, tournent peu ou prou, autour du sujet. Les interrogations fourmillent, des suggestions apparaissent ça et là, mais, comme chacun d’entre nous, vous vous perdez peut-être dans la masse d’infos, trop techniques, voire abstraites… alors, n’hésitez pas, le sujet phare de ce numéro de Politique étrangère est l’outil qu’il vous faut ! Auteurs-experts d’obédiences diverses, d’Alain Richard, ancien ministre de la défense de Lionel Jospin, à Patrick Artus, rattaché au Premier Ministre, en passant par des chercheurs CNRS… nous sommes en bonne compagnie.

Les sujets abordés : « Europe politique, un espoir raisonnable ? » ou « une gouvernance économique de la zone Euro ? » le sont sous la forme – maîtresse de l’analyse : la problématique finement disséquée, pour aboutir in fine, à la conclusion posée. « Il est maintenant établi que la sortie de l’Euro serait, pour le gouvernement qui se résoudrait à cette issue, une solution catastrophique » (article de Jacques Mistral ). 4 responsables à la crise des dettes souveraines de la zone Euro, sont repérés par Patrick Artus ; à vous de les découvrir.

Mais, ici – et ce n’est pas le moindre intérêt de cette revue, on ne se contente pas, comme quelquefois, ailleurs, d’observer et de cibler les dysfonctionnements ; on pose des hypothèses, on valide d’éventuelles solutions, on risque des pistes.

Ainsi, ce « Réenchanter le rêve européen » de Maxime Lefebvre, directeur des relations internationales à l’ENA, où l’on voit que la déstabilisation actuelle de l’Europe pourrait aussi passer par des rejets, des envies, et, pourquoi pas, les mécanismes du désamour.

Tous les articles ne « chantent » pas, pour autant, la même Europe ; divergences, par exemple, entre ceux qui renvoient le projet de fédération européenne au rayon des illusions, et s’en tiennent à la subsidiarité « posant de ne faire à l’échelon européen que ce qui présente une réelle plus-value par rapport à l’échelon national », nous dit Maxime Lefebvre ; à l’opposé, un Jacques Mistral et sa gouvernance économique milite, lui, pour un destin fédéraliste…

On remarquera cependant que la petite – ou, sinistre – musique des « haro sur l’Europe » ou même des souverainistes, ne se fait entendre nulle part, ici.

Pour qui n’aurait que peu de temps à consacrer à ce sujet si bien éclairé par l’IFRI, l’article de Cécile Leconte, « Opinions et partis européens face à la crise de l’union monétaire » (euroscepticisme, plans de sauvetage des pays les plus fragiles et vécus en phases successives différentes, par les opinions publiques) est un excellent outil, répondant, probablement à beaucoup de nos questionnements actuels.

Alors, plutôt que – ce que nous faisons tous – investir un budget non négligeable dans les magazines hebdomadaires qui décorent nos points presse de leurs couvertures aguichantes, pourquoi ne pas prendre, de temps à autre, cette bolée de connaissances totalement digestes, qu’est la revue Politique étrangère de l’IFRI, et d’en ressortir, plus armés, par ces gros temps que nous traversons ?

Page 21 of 22

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén