Étiquette : élites russes

Soucastniki. Les complices. Pourquoi les élites russes ont choisi la guerre

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps 2026 de Politique étrangère (n° 1/2026). Tatiana Kastouéva-Jean propose ici une analyse de l’ouvrage d’Alexandra Prokopenko, Soucastniki. Pocemu rossjskaa elita vybrala voijny [Les complices. Pourquoi les élites russes ont choisi la guerre] (StraightForward Foundation, 2025, 416 pages).

Ce livre figure parmi ceux qui ne peuvent plus être publiés en Russie et paraissent grâce à la détermination d’éditeurs indépendants en exil. Économiste et ancienne analyste à la Banque centrale de Russie, l’auteure a quitté le pays après le début de la guerre mais entretient un dialogue nourri avec une partie de ses élites civiles. Elle se concentre sur l’exécutif fédéral, les jeunes bureaucrates et le monde des affaires lié à l’État, laissant volontairement de côté structures de force (siloviki), députés et responsables régionaux. L’ouvrage repose sur une longue observation du système de l’intérieur, complétée par des dizaines d’entretiens depuis le début de la guerre. L’intérêt de l’ouvrage réside moins dans l’explication théorique que dans l’accès à de précieux matériaux empiriques éclairant un système très fermé.

Wheel of Fortune. The Battle for Oil and Power in Russia

Cette recension est issue de Politique étrangère 2/2013. Thomas Gomart propose une analyse de l’ouvrage de Thane Gustafson, Wheel of Fortune. The Battle for Oil and Power in Russia (Cambridge, MA, Harvard University Press, 2012, 672 pages).

00-Gustafson-9780674066472Le dernier ouvrage de Thane Gustafson est un remarquable exemple d’approche policy oriented, qui réussit de plus le tour de force de raconter une histoire et de la rendre passionnante. Cette histoire, c’est celle de l’industrie pétrolière russe au cours des 20 dernières années. Autrement dit, c’est une histoire de la Russie postsoviétique tant le secteur pétrolier y est, plus qu’ailleurs, au cœur des jeux de pouvoir. En 13 chapitres, T. Gustafson peint une fresque des relations entre l’État et les compagnies énergétiques russes et étrangères.

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