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« Au Mali, l’erreur centrale de la France a consisté à prétendre favoriser le ‘retour’ d’un État malien »

Le 13 février, le journaliste Philippe Bernard a dédié sa chronique dans Le Monde à l’état des relations entre la France et le Mali, tendues, à quelques semaines des élections présidentielles françaises. Il y cite le dossier « Sahel : les sociétés contre l’État ? », publié dans le numéro d’hiver de Politique étrangère (n° 4/2021).

« Une humiliation diplomatique et militaire en Afrique. Emmanuel Macron n’avait pas besoin de cela à quelques semaines de l’élection présidentielle. Les officiers putschistes au pouvoir à Bamako qui expulsent l’ambassadeur de France et attisent les sentiments antifrançais savent parfaitement à quel point la période est sensible. Les responsables russes qui déploient les miliciens du Groupe Wagner au nez et à la barbe des soldats français ne l’ignorent pas non plus.

Arrogant comme un Français en Afrique

Cette recension a été publiée dans le numéro d’automne de Politique étrangère (n°3/2016). Aline Leboeuf, chercheur au Centre des études de sécurité de l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage d’Antoine Glaser, Arrogant comme un Français en Afrique (Paris, Fayard, 2016, 192 pages).

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Antoine Glaser étudie la relation entre la France et l’Afrique depuis des années, et a publié de nombreux ouvrages sur le sujet (dont Africafrance, passionnant). Que peut-il nous apprendre de plus sur ces relations complexes qui lient la France à ses anciennes colonies et à certains de leurs voisins, qu’il n’ait déjà écrit ? On se laisse surprendre par la lecture de son livre. Antoine Glaser y impose une thèse simple : les Français sont arrogants et c’est pour cela que l’Afrique leur échappe ! Il le démontre chapitre après chapitre, étudiant des catégories professionnelles particulières : des politiques, militaires et diplomates aux missionnaires ou aux avocats… La problématique est pratique, mais elle lasse.

Hollande l’Africain

Cette recension d’ouvrages est issue de Politique étrangère (1/2016). Aline Leboeuf propose une analyse de l’ouvrage de Christophe Boisbouvier, Hollande l’Africain (La Découverte, 2015, 224 pages).

Hollande l'AfricainFrançois Hollande prône la « doctrine par l’exemple » dans la mise en œuvre de sa politique africaine. Serait-ce un mélange d’héritages réinterprétés, entre Mitterrand et Jospin, d’équilibrisme ad hoc, de principes revus à l’aune de la Realpolitik ? Pour comprendre ce président finalement fort « normal » au regard de ses prédécesseurs, Christophe Boisbouvier revient sur son parcours africain, de ses premiers faits d’armes sous Mitterrand jusqu’à ses difficultés récentes à se démarquer de partenaires africains fort mal élus.

On apprend ainsi que, au cabinet du secrétaire d’État porte-parole du gouvernement, Hollande défend l’intervention Manta au Tchad. En 1996, il contribue aux efforts du cabinet Mignard pour renégocier en faveur du Tchad son contrat avec Exxon-Shell-Elf. Surtout, représentant du PS auprès de l’Internationale socialiste, il se constitue un premier réseau africain qui, comme son stage de l’ENA en Algérie en 1978, détermine plus sa vision de l’Afrique que ses rares voyages en Somalie et au Sénégal. Sa première vraie décision en matière de politique africaine consiste à soutenir Gbagbo jusqu’en octobre 2004.

Rwanda : lectures croisées

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (4/2014). Yves Gounin propose une analyse croisée de : Jean-Pierre Chrétien et Marcel Kabanda, Rwanda. Racisme et génocide: L’idéologie hamitique (Belin, 2013, 384 pages) ; Benoît Collombat et David Servenay, « Au nom de la France ». Guerres secrètes au Rwanda (La Découverte, 2014, 310 pages) ; et Jean Hatzfeld, Englebert des collines (Gallimard, 2014, 112 pages).

AuNomdelaFranceTrois ouvrages qui traitent du Rwanda, selon trois angles d’approche très différents et pourtant complémentaires.

Le livre de Jean-Pierre Chrétien et Marcel Kabanda est le plus austère. Il traite moins du génocide proprement dit – que les précédents écrits de ces deux auteurs ont déjà largement documenté – que de l’idéologie qui y a conduit. L’idéologie hamitique postule l’existence de deux races noires : d’un côté les « nègres » descendants de Cham, dont les Hutus font partie ; de l’autre des sémito-hamites, « faux nègres » qui, venus du Moyen-Orient, auraient migré au cœur de l’Afrique tout en y gardant des traits distinctifs, et auxquels appartiennent les Tutsis. Cette idéologie hamitique a eu la vie dure puisque, forgée à l’époque coloniale, elle a été reprise à l’indépendance par les Rwandais. Chrétien et Kabanda dénoncent la persistance dans le temps de cette grille de lecture racialiste.

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