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La gauche et l’armée en France. De mai 68 à nos jours

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps 2026 de Politique étrangère (n° 1/2026). Louis-Marie Baille, officier inséré au Centre des études de sécurité de l’Ifri, propose ici une analyse de l’ouvrage de Maxime Launay, La gauche et l’armée en France. De mai 68 à nos jours (Nouveau Monde Éditions, 2025, 496 pages).

Comment expliquer l’évolution des relations entre la gauche et les armées au second XXe siècle, et avec elle le passage de l’opposition au consensus sur les grands sujets de défense nationale, dans cette période charnière où émergea notre modèle d’armée contemporain, lequel devint progressivement nucléaire malgré pacifistes et écologistes, professionnel en dépit d’un attachement socialiste viscéral à la conscription nationale, ou encore interventionniste malgré le rejet – notamment communiste – du « colonialisme » ? C’est le projet de Maxime Launay, qui publie, depuis l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire, une version remaniée de sa thèse d’histoire contemporaine, soutenue en 2023 en Sorbonne.

Un Silence religieux. La Gauche face au djihadisme

Cette recension est issue de Politique étrangère (2/2016). Marc Hecker propose une analyse de l’ouvrage de Jean Birnbaum, Un Silence religieux. La Gauche face au djihadisme (Paris, Seuil, 2016, 240 pages).

Un silence religieuxJean Birnbaum signe ici un essai stimulant. Un Silence religieux part d’un constat : la gauche ne parvient pas à saisir le phénomène djihadiste et refuse d’en admettre la dimension religieuse. Ce refus se traduit notamment par un raisonnement répété par nombre d’élus socialistes : l’État islamique n’est pas islamique et le djihadisme n’a rien à voir avec l’islam. Ce raisonnement, que Birnbaum qualifie de « rien-à-voirisme », est considéré par l’auteur comme contre-productif. Au lieu d’affirmer que le djihadisme est étranger à la religion, mieux vaudrait « admettre qu’il constitue la manifestation la plus récente, la plus spectaculaire et la plus sanglante de la guerre intime qui déchire l’islam. Car l’islam est en guerre avec lui-même ». En essayant maladroitement de combattre l’amalgame entre musulmans et terroristes, les responsables politiques contribueraient au contraire à « alimenter l’ignorance dont se nourrit l’islamisme », et abandonneraient les « esprits critiques qui tentent, parfois au péril de leur vie, de soustraire l’islam aux fanatiques ». Birnbaum rend un vibrant hommage à ces esprits critiques – Arkoun, Meddeb, Benzine, Djaït, Bidar, Sedik ou encore Benslama –, qui analysent les liens entre islam, islamisme et djihadisme.

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