Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver de Politique étrangère (n°4/2016). Pauline Poupart propose une analyse de l’ouvrage collectif dirigé par Guillaume Devin, Méthode de recherche en relations internationales (Presses de Sciences Po, 2016, 280 pages).

Cet ouvrage offre un tableau des différentes méthodes utilisées actuellement dans la recherche en relations internationales. Il est divisé en quatre grandes parties qui abordent successivement les questions de description et de comparaison, puis des cas plus concrets d’utilisation de différents types de ressources dans la discipline (archives diplomatiques, images, représentations spatiales ou portail internet de l’ONU). L’ouvrage évoque ensuite les questions de « terrain » (de la préparation à la pratique des entretiens). Enfin, une dernière partie très explicative évoque la question, généralement délaissée en France, des apports des approches quantitatives.
Il est donc bien question d’une « méthode », qui peut être utilisée à la fois par les étudiants, les doctorants souvent perdus dans les outils à leur disposition, ainsi que par toute personne qui s’interroge sur les méthodes de travail en relations internationales.
L’espace mondial n’est pas – ou pas seulement – une arène où s’affrontent des puissances. Cette grille de lecture réaliste ne suffit plus dans le monde de l’après-guerre froide. D’autres approches qui analysent les relations internationales avec les outils de la sociologie sont nécessaires.
« Dans une région secouée par des guerres sans fin, au milieu d’un chaos généralisé, le Maroc et l’Algérie semblent relativement épargnés. Pour combien de temps encore alors que l’environnement international risque de remettre en cause ce calme relatif : chute des prix du pétrole, baisse de la rente entraînant une dislocation du tissu social, mettant à nu le fonctionnement du système : structures politiques opaques, clientélisme corruption, faisant le lit d’une islamisation rampante et un chaos extérieur explosif (Sahel, Tunisie, Lybie). Le dossier de Politique étrangère donne un éclairage percutant de l’ensemble de ces questions.
« On parle souvent du « système international » sans vraiment le définir, de la « communauté internationale » en en faisant un tout, de la « société internationale » en en faisant un fourre-tout, de l’« ordre international » en cachant le désordre international, pourtant si manifeste. »
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