Auteur/autrice : Politique Etrangère Page 2 of 437

Syrie, un conflit gelé en trompe-l’oeil : 3 questions à Fabrice Balanche

Auteur de l’article « Syrie : un conflit gelé en trompe-l’oeil » paru dans le numéro d’été 2022 de Politique étrangère (2/2022)Fabrice Balanche, maître de conférences en géographie à l’université Lyon 2, répond à trois questions en exclusivité pour politique-etrangere.com.

1-Peut-on dire que la guerre en Syrie est devenue un conflit gelé ?

Oui, actuellement, nous sommes dans un conflit gelé car les grandes offensives sont terminées depuis avril 2020, date de la dernière avancée de l’armée syrienne à Idleb. Les belligérants campent sur leurs positions respectives, qu’il s’agisse des acteurs internationaux (Russie, États-Unis, Turquie, Iran et Israël) ou des acteurs locaux (régime syrien, Forces démocratiques syriennes [FDS], le groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Sham et autres milices rebelles). Le seul qui ne respecte pas ce modus vivendi c’est Daech, qui est retourné dans la clandestinité après la chute de son dernier fief territorial, Baghouz en mars 2019. L’organisation terroriste a recruté une nouvelle génération de combattants, qui multiplient les attaques contre les FDS et l’armée syrienne. En janvier 2022, Daech a lancé une attaque d’envergure contre la prison de Hassaké, où se trouvent des centaines de combattants prisonniers.

Dans le reste de la Syrie, nous avons toujours des échanges de tirs sur les lignes de front et des opérations internes aux différentes zones. Ainsi, à Deraa, l’armée syrienne a repris des quartiers tenus par les ex-rebelles durant l’été 2021 sur le même mode opératoire que lors de la reprise d’Alep ou de la Ghouta. Enfin, il faut ajouter aux conflits intérieurs, les raids de l’aviation israélienne sur les positions iraniennes et du Hezbollah en Syrie. Mais globalement la Syrie connaît depuis plus de deux ans une paix relative. Il semble que les acteurs internationaux se soient neutralisés et, comme quasiment tous les acteurs locaux leur sont inféodés, un cessez-le-feu s’est de facto imposé sur le pays.

[CITATION] « Ukraine : comprendre la résistance »

Lisez l’article d’Hervé Amiot ici.

Retrouvez le sommaire du numéro 2/2022 de Politique étrangère ici.

La nouvelle division de l’Europe analysée dans « Politique étrangère »

Le 17 juin, le journaliste Marc Semo a dédié sa chronique dans Le Monde à la nouvelle division de l’Europe, conséquence de la guerre d’Ukraine. Il y cite le dossier « Ukraine : entre deux paix ? », publié dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2022).

La guerre en Ukraine change la donne géopolitique. Elle replonge le Vieux Continent dans une logique de guerre froide, mais avec un nouveau rideau de fer passant beaucoup plus à l’est que l’ancien, décrypte, dans son numéro d’été, le trimestriel de l’Institut français des relations internationales.

La revue des revues. C’est une double sidération qui a saisi les Européens le 24 février avec l’agression russe contre l’Ukraine. Non seulement, pour la première fois depuis 1945, une guerre conventionnelle de haute intensité et interétatique est de retour sur le Vieux Continent, mais elle s’installe dans la durée. Cette nouvelle donne d’un entre-deux-paix ou entre-deux-guerres, dont ne peut encore mesurer toute la portée, est analysée avec une grande pertinence par la revue Politique étrangère dans sa dernière livraison de l’été 2022.

Europa !

Cette recension croisée constitue la seconde note de tête du numéro d’été 2022 de Politique étrangère (n° 2/2022). Thomas Gomart, directeur de l’Ifri, propose une analyse de trois ouvrages : Michael S. Neiberg, When France Fell: The Vichy Crisis and the Fate of the Anglo-American Alliance (Harvard University Press, 2021) ; Brendan Simms, Hitler. Le monde sinon rien (Flammarion, 2021) ; George-Henri Soutou, Europa ! Les projets européens de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste (Tallandier, 2021).

Déclenchée le 24 février 2022, l’invasion de l’Ukraine par la Russie renvoie non seulement aux conditions de la chute de l’URSS en 1991, mais aussi aux conceptions de l’ordre européen nées de la Première Guerre mondiale. Trois livres d’historiens aident à se repérer dans le brouillard stratégique actuel en retraçant la généalogie des projets initiés pour réorganiser le continent et le dominer. En ce sens, ils vont bien au-delà du débat historiographique traditionnel, car ils permettent une mise en perspective historique indispensable en ces temps de confusion intellectuelle, savamment alimentée par des forces politiques qui ne se privent ni de raccourcis ni de contre-vérités. À l’heure de « débats » reposant davantage sur les opinions du moment que sur les faits historiques, la lecture de ce type d’ouvrages – fondés sur des recherches de longue haleine et des réflexions patiemment mûries – est une nécessité civique.

Page 2 of 437

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén