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Revue de presse sur Politque étrangère

PE 1/2014 dans les Reflets du Temps, « un chef d’oeuvre du genre » !

Reflets du tempsMartine L. Petauton, rédactrice en chef des Reflets du Temps, signe une recension élogieuse du numéro 1/2014 de Politique étrangère consacré à la Grande Guerre.

Vous pouvez lire l’article original ici.

Commémoration de la Guerre 1914-1918 ; livres à foison, milliers d’articles ; essais parfois difficiles pour apporter un regard neuf, voire inédit sur ce qui marque si terriblement l’entrée dans le XXème siècle. Surtout – commémoration oblige – risques divers de se laisser happer par l’émotionnel de l’image, du son, et – plus grave – d’entonner un consensus guerrier ou outrancièrement pacifiste, sans compter les sirènes des vibrato nationalistes à la sauce populiste…

C’est là que ce numéro spécial de PE/IFRI est un chef-d’œuvre du genre. Pas moins. La fonction essentielle d’une discipline – l’Histoire – y est particulièrement honorée dans tous les articles – de fond, comme d’habitude ici : « utiliser le passé pour comprendre le présent et se préparer à l’avenir ».

Certes, on en apprend – ou réapprend, sur ces 4 années de boucherie : 65 millions d’hommes mobilisés, 9 millions de tués, 20 millions de blessés, une à deux générations quasi totalement traumatisées…

L’été 14 est mis, comme il se doit, au centre de la table d’autopsie, notamment, par une excellente recension sur « Les somnambules » de Christopher Clark (2013). Plusieurs articles fouillés éclairent « la redéfinition de la guerre »ou « l’armée française et la révolution militaire » ; les moyens : « puissance incroyable de feu, nouveaux outils – chars, avions ». Modernité/hécatombe, terrible balancement qui n’est pas sans faire penser à celui du nucléaire qui suivra. Les erreurs énormes, assises sur leur socle d’obstinations ; les « théories de la guerre » ; redéfinir « la stratégie et lui donner une dimension politique ».

Particulièrement éclairé par plusieurs articles, et à bon droit, la faille, le contre-sens des Traités de paix : les leçons, là, font consensus : « le système diplomatique doit devenir contractuel ; les vaincus ne doivent pas être condamnés ni exclus mais intégrés à la paix des vainqueurs ; une mise à plat de ce qui s’est produit doit avoir lieu ; (la der des ders” ; guerre totale ? Paix totale ?) ».

Mais, l’héritage, la trajectoire, l’après – le maintenant ; le « quoi faire de 14/18 et comment vivre avec ce morceau d’Histoire en besace » est le cœur passionnant et novateur de ce numéro de PE. Ainsi, « États souverains, mondialisation et régionalisme » souligne que « nos pratiques actuelles naissent là : universalité des droits de l’homme, construction collective d’une sécurité, normes juridiques se voulant universelles… un état-nation réaffirmé, redessiné, et en prise avec l’international ».

Prospective appuyée depuis le balcon des années 20, sur l’Entre-deux Guerres ; la genèse de 40 étant bien évidemment dans les faits – peut-être plus encore, les têtes et les mentalités, et surtout les imaginaires de tous, concernant celle qui porte seule le nom de « Grande Guerre » (« à Verdun, du 21 Février 1916 au mois de Décembre 1916, un mort toutes les minutes du jour et de la nuit »). Plus en aval, descendant le fleuve jusqu’à nos pieds, « d’une démilitarisation, et son cortège de pacifisme, l’autre– la nôtre, l’européenne actuelle » : « de la canonnière d’Agadir à la Grande Guerre, du pacte Briand-Kellog au pacte Molotov Ribbentrop, des premières crises de la Guerre froide jusqu’à la détente, l’Europe s’est militarisée et démilitarisée au gré des circonstances… ».

Un « regard américain sur cette démilitarisation » est également proposé ; voir, aussi d’ailleurs : nécessaires postures historiques propres à la philosophie des revues de l’IFRI. Décentrage – fort utilement – des analyses habituellement européo-centrées, dans des articles-bijoux, tels que « le syndrome de Sèvres en Turquie, depuis 1920 », le parallèle pour les Asiatiques entre la géopolitique des années 14 et « l’exacerbation du nationalisme en Asie de nos jours », la « balkanisation du Moyen-Orient » des années 20 à maintenant » – remarquable – étant, pour autant, sujet plus connu de tous.

On aura compris que tous les articles charpentant cette pépite IFRI/PE du printemps – tous, jusqu’aux conseils de lectures de la fin – sont de haute valeur, et que choisir d’éclairer celui-ci ou celui-là est exercice difficile et surtout porteur d’injustice !

Pour autant, et de façon arbitraire, j’ai été particulièrement intéressée par 3 articles : « la place de l’Europe dans le monde ; d’hier à demain » de notre ancien Ministre de la Défense, Jean-Pierre Chevènement ; billet appuyé sur son récent livre de 2013, « 1914-2014 l’Europe sortie de l’Histoire ». Il y a là un socle historique parfaitement maîtrisé qui peut du coup se permettre d’énoncer des thèses dont le pouvoir de conviction est percutant : ainsi, feu sur l’imagerie de l’enthousiasme « patriotique » ou nationaliste de l’été 14 ; conflit anglo-allemand bien plus que franco-allemand ; lente disqualification de la nation, depuis ; erreurs de la construction européenne. On connaît chez l’ancien ministre, et intellectuel de haut vol, la facette anti-européenne, voire souverainiste que cet article rend plus intelligible, plus convaincante, plus relative aussi, puisque en solide politique, Chevènement propose une autre construction européenne – une « Europe européenne », tirant toutes les leçons de son passé, dans lequel la Guerre de 14 fait particulièrement sens.

Pierre de Senarclens signe un brillant « 1941-2014 nation et nationalisme » qu’en aucun cas nul ne doit se dispenser de lire et méditer. Imaginaires lentement façonnés par tout le XIXème siècle, imprégnés de l’idée de Nation – porteurs, alors, de drapeaux hautement démocratiques. Les deux guerres ont fait voler en éclats fortement disparates les concepts qui vont avec, jusqu’à en dénaturer fortement le sens (quel point commun entre la nation de Valmy et celle, véhiculée ces jours-ci, par le Front National, par exemple ?). Énormes soubresauts actuels des cadres nationaux vécus comme étriqués face à la Globalisation ; mais – paradoxe toujours actif – la démocratie semble avoir du mal à s’émanciper de ce cadre national…

Enfin, voyage – passionnant – en Allemagne, dont – on le sait le passé ne passe pas, nous confirme Hans Stark. Militarisme allemand-Prussien, un temps, décliné à la « sauce » particulière du Nazisme, pacifisme de l’après-guerre, inévitable, accouchant de la « Puissance civile » actuelle (notre regard change du reste sur elle avec cet article). Bundeswehr de l’Allemagne Fédérale, et son histoire…

Véritable mine de réflexions des plus approfondies, et diverses, en capacité de nous équiper – vraiment – pour saisir les traces et les signes de la Grande Guerre face à aujourd’hui, et demain. Un superbe outil que nous donne là, la revue de PE de l’IFRI.

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Le numéro spécial de PE sur la Grande Guerre, revue du jour sur France Culture

France-Culture-logoJacques Munier met à l’honneur le numéro 1/2014 de Politique étrangère, consacré au centenaire de la Première Guerre mondiale, dans « L’essai ou la revue du jour ».

Au sommaire de ce numéro :

Un long héritage

La Grande Guerre, en théories – Joseph A. Karas et Jospeh M. Parent

La  » der des ders  » : guerre totale, paix totale ? – Philippe Moreau Defarges

L’héritage de la Grande Guerre : États souverains, mondialisation et régionalisme – Georges-Henri Soutou

Le commerce international est-il un facteur de paix ? – Jacques Fontanel

Quelles guerres pour le siècle ?

1914-1918 et la redéfinition de la guerre – Hew Strachan

L’armée française et la révolution militaire de la Première Guerre mondiale – Michel Goya

L’Europe, entre guerres et paix

Europe : d’une démilitarisation l’autre – Étienne de Durand

Une Europe démilitarisée ? Un regard américain – Klaus Larres

La place de l’Europe dans le monde : d’hier à demain – Jean-Pierre Chevènement

1914-2014 : nation et nationalisme – Pierre de Senarclens

L’Allemagne : le passé qui ne passe pas – Hans Stark

Un nouveau monde ?

Le passé de l’Europe est-il le futur de l’Asie ? – Yoon Young-kwan

La Première Guerre mondiale et la balkanisation du Moyen-Orient – Georges Corm

Turquie : le syndrome de Sèvres, ou la guerre qui n’en finit pas – Dorothée Schmid

La rubrique Lectures de ce numéro exceptionnel est intégralement dédiée à des ouvrages sur la Grande Guerre parus dans différents pays.

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La Grande Guerre et le monde de demain, ou l’ « essentielle mémoire des conflits »

 Logo Le Monde okGaïdz Minassian consacre une recension au dernier numéro de Politique étrangère dans Le Monde (voir l’article original).

Encore un dossier sur la guerre de 1914-1918. Et pourtant, celui que nous propose la revue Politique étrangère dans son dernier numéro se singularise des autres publications sur le sujet, dont nous commémorons cette année le centenaire. Il ne s’agit pas ici de se souvenir de telle ou telle bataille sur le front européen ou ailleurs. Il ne s’agit pas non plus de revenir sur les causes du premier conflit mondial. Non, il est question, comme l’écrit Dominique David, le rédacteur en chef de la revue éditée par l’Institut français des relations internationales (IFRI), de « se poster à la jonction de trois récits : ce qu’on nous a dit d’hier ; ce que nous savons d’aujourd’hui ; ce que nous imaginons de l’avenir ».

Au-delà de l’impact de la Grande Guerre sur le système international, les sociétés et les mémoires, ces interrogations traduisent en fait un malaise de notre époque : l’affirmation du nationalisme dans la stratégie des États émergents comme la Russie, la Chine ou l’Inde, réveille nos angoisses et remet au goût du jour la notion d’hégémonie, cette posture qui, par le passé, avait préparé le terrain à la grande déflagration entre puissances rivales. C’est donc pour se prémunir d’une nouvelle montée des extrêmes, insiste Hew Strachan, historien à l’université d’Oxford, que la mémoire de ce conflit doit se perpétuer.

Organisée en quatre parties, cette réflexion sur la guerre de 1914-1918 couvre l’ensemble des préoccupations des sociétés modernes et montre du doigt les crispations de l’Union actuelle. À la veille des élections européennes décisives sur la montée pressentie du populisme de droite, les propos du sénateur et ancien ministre Jean-Pierre Chevènement sur le déclin de l’Europe résonnent comme un avertissement : « Il ne faut pas confondre nation et nationalisme qui n’en est qu’une perversion. » Si, justement, l’Europe est sortie de l’Histoire, avance-t-il, c’est parce que ses élites ont renoncé à l’idée de nation au profit d’une approche économique qui a terrassé le politique. Et pour que l’Europe retrouve le chemin de la cohésion, elle doit changer de logiciel et se fonder sur la démocratie et la coopération des nations.

Le dernier numéro de Politique étrangère « extrêmement intéressant » selon DSI

dsiSur le site du magazine Défense et Sécurité Internationale, le dernier numéro de Politique étrangère est mis à l’honneur (voir l’article original) :

La revue de l’Institut Français de Relations Internationale propose un numéro extrêmement intéressant, remettant en perspective la guerre de 1914 et la situation actuelle, en 2014. Il ne s’agit pas ici de revenir sur l’histoire de la Première Guerre mondiale mais plutôt de voir ses conséquences sur notre manière d’appréhender le monde et de la considérer, dans la première partie, comme un incubateur de mutations.

Celle de la théorie des relations internationales (Joseph Karas, Joseph Parent) mais aussi d’institutions internationales (Philippe Moreau Defarges) ou de tendances lourdes (Georges-Henri Soutou). Elle permet également de remettre en question la fameuse théorie suivant laquelle le commerce est facteur de paix (Jacques Fontanel).

La deuxième partie est d’ordre militaire : la redéfinition de la guerre (Hew Strachan) ou le cas de l’armée française (Michel Goya). La partie suivant permet d’en arriver à 2014 et à « L’Europe, entre guerres et paix », revenant sur le processus de démilitarisation (Etienne de Durand), la perception américaine de la démilitarisation de l’Europe (Klaus Larres), la place de l’Europe (Jean-Pierre Chevènement), l’évolution de la place des concepts de nation et de nationalisme (Pierre de Senarclens) ou encore le cas de l’Allemagne (Hans Stark).

Enfin, la dernière partie ouvre le débat, avec une question très pertinente de Yoon Young-kwan (« Le passé de l’Europe est-il l’avenir de l’Asie ? »), la balkanisation du Moyen-Orient (Georges Corm) ou le rapport de la Turquie au traité de Sèvres (Dorothée Schmid). Un très beau numéro à garder précieusement !

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