Catégorie : Revue des livres Page 143 of 290

Les comptes rendus de lecture publiés dans PE

Who Fights for Reputation

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2019). Jérôme Marchand propose une analyse de l’ouvrage de Keren Yarhi-Milo, Who Fights for Reputation: The Psychology of Leaders in International Conflict (Princeton University Press, 2018, 376 pages).

Cet ouvrage scientifique, dense et concis, s’interroge sur ce qui conduit certains dirigeants politiques de haut niveau à solliciter la puissance militaire pour préserver leur réputation internationale. Privilégiant l’approche psychologique, le texte se démarque des travaux menés en amont, et se concentre sur les préoccupations d’image, les techniques de présentation de soi et les tactiques de maintien de la face utilisées en situation d’interaction potentiellement ou effectivement « statut-morphe », ainsi que les explications auto-justificatives des décideurs soucieux de projeter une apparente détermination en période de crise. Les lecteurs du sociologue Erving Goffman (absent de l’index mais présent dans l’appareil de notes) apprécieront. Ceux de Robert Jervis aussi.

The Hell of Good Intentions

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2019). Mathias Girard propose une analyse de l’ouvrage de Stephen M. Walt, The Hell of Good Intentions: America’s Foreign Policy Elite and the Decline of the U.S. Primacy (Farrar, Straus and Giroux, 2018, 400 pages).

Décrypter de manière critique la politique étrangère américaine depuis la fin de la guerre froide en adoptant une approche structurée et progressive, voilà l’objectif que se donne le néo-réaliste Walt.

Il évalue tout d’abord l’ampleur de l’échec des administrations post-guerre froide, Clinton, Bush Jr. et Obama. Il constate le passage d’une Amérique comme puissance unipolaire possédant un immense soft power, à un monde multipolaire, où les valeurs libérales sont contestées et où la réputation des États-Unis est entachée par ses politiques, au Moyen-Orient notamment.

Cyber. La guerre permanente

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2019). Marc Hecker,  rédacteur en chef de Politique étrangère et chercheur au Centre des études de sécurité de l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de Jean-Louis Gergorin et Léo Isaac-Dognin, Cyber. La guerre permanente (Éditions du Cerf, 2018, 322 pages).

La thèse défendue par Jean-Louis Gergorin – ancien vice-président d’EADS – et Léo Isaac-Dognin – consultant en transformation numérique – s’exprime clairement dans le titre de l’ouvrage : le cyberespace est le théâtre d’une guerre permanente. Les auteurs prennent ainsi le contre-pied du titre d’un ouvrage de Thomas Rid publié en 2013 : Cyber War Will Not Take Place. Comme Thomas Rid, ils étudient plus spécifiquement trois composantes de la guerre : l’espionnage, le sabotage et la subversion. Mais ils ne définissent pas la cyberguerre de la même manière.

The Cauldron: NATO’s Campaign in Libya

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère
(n° 2/2019)
. Jean-Christophe Noël, chercheur associé au Centre des études de sécurité de l’Ifri,  propose une analyse de l’ouvrage de Rob Weighill et Florence Gaub, The Cauldron: NATO’s Campaign in Libya (Hurst, 2018, 240 pages).

Voici un livre qui décrit la genèse, le déclenchement et la conduite de l’opération Unified Protector menée en 2011 par l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) au-dessus et au large de la Libye. Suite au soulèvement d’une partie de la population libyenne, cette opération avait pour but d’assurer la mise en œuvre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies. Rappelons que cette résolution prévoyait la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne dans le ciel de la Libye, et l’usage de tous les moyens nécessaires pour protéger les populations civiles, à l’exception de forces d’occupation étrangères.

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