Catégorie : Revue des livres Page 204 of 290

Les comptes rendus de lecture publiés dans PE

Démocraties sous stress

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2017). François Thuillier propose une analyse de l’ouvrage d’Antoine Garapon et Michel Rosenfeld, Démocraties sous stress. Les défis du terrorisme global (PUF, 2016, 240 pages).

Démocraties sous stress

Si, depuis une quinzaine d’années, l’intelligence et le cœur n’avaient pas fait défaut à tant de commentateurs, peut-être n’en serions-nous pas aujourd’hui autant réduits à courir derrière la signification de la terreur. Or c’est peu dire que ni l’une ni l’autre n’ont jamais lâché la main d’Antoine Garapon. Et cela donne à nouveau un ouvrage ciselé et de haute tenue, dans lequel l’accompagne cette fois le professeur américain Michel Rosenfeld.

Certes, comme à peu près sur toute chose, le droit pèse peu sur le terrorisme ; mais ce qui le précède, ou plutôt qui le surplombe, sa philosophie, en produit une des lectures les plus stimulantes. Les auteurs s’attachent ainsi à décortiquer les effets des attentats sur nos vieilles sociétés démocratiques, à la fois dans leur cohésion, leur riposte et finalement le regard qu’elles portent sur elles-mêmes.

Les auteurs soulignent combien le traumatisme de l’attentat signe « la disparition de notre confiance primaire dans le monde ».

The Fifth Estate: Think Tanks, Public Policy, and Governance

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2017). Thomas Gomart, directeur de l’Ifri, propose une analyse croisée de l’ouvrage de James G. McGann, The Fifth Estate: Think Tanks, Public Policy, and Governance (Brookings Institution Press, 2016, 230 pages), et de l’ouvrage dirigé par Donald E. Abelson, Stephen Brooks et Xin Hua, Think Tanks, Foreign Policy and Geo-Politics: Pathways to Influence (Routledge, 2016, 208 pages).

The Fifth Estate

L’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche soulève bien des questions sur la production, le positionnement et l’avenir des think tanks, non seulement aux États-Unis mais aussi en Europe. La très grande majorité d’entre eux n’a pas anticipé sa victoire, remportée en dépit – ou plutôt à cause – du peu d’attention portée aux faits. Donald Trump a construit sa victoire sur une dénonciation systématique des élites politiques, médiatiques et intellectuelles traditionnelles et donc, indirectement, des think tanks. À Washington, la traditionnelle revolving door entre l’Administration et les think tanks est complètement perturbée. Plus profondément, le rôle des think tanks est directement remis en cause dans un environnement post-truth où les fake news et les déclarations mensongères semblent ouvertement assumées par le 45e président des États-Unis d’Amérique, pays qui a érigé la liberté d’expression individuelle en principe constitutionnel. À la veille de son investiture, The Washington Post publiait une tribune résumant bien les interrogations en la matière : « Trump pourrait causer la disparition des think tanks tels que nous les connaissons. »

La prévention du terrorisme en Grande-Bretagne

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver de Politique étrangère (n°4/2016). Marc Hecker, chercheur au Centre des études de sécurité de l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de Claire Arènes, La prévention du terrorisme en Grande-Bretagne. Le programme Prevent et la communauté musulmane (Presses universitaires de France, 2016, 256 pages).

Prévention terrorisme GB

Le prix Le Monde de la recherche universitaire permet, depuis près de 20 ans, de donner une visibilité importante à des thèses de doctorat. Non seulement les thèses sélectionnées font l’objet d’une présentation dans le quotidien, mais certaines d’entre elles sont publiées aux Presses universitaires de France. Parmi les lauréats 2016 se trouve Claire Arènes, récompensée pour son travail sur la prévention du terrorisme en Grande-Bretagne.

Claire Arènes analyse bien la manière dont la perception du terrorisme a changé en Grande-Bretagne au tournant des années 2000. Les autorités découvrent alors que des citoyens britanniques participent à des actions de terrorisme international à l’étranger. En avril 2003 par exemple, deux jeunes hommes nés en Angleterre se font exploser dans une boîte de nuit de Tel Aviv. Dans certaines mosquées radicales de Londres – que d’aucuns surnomment « Londonistan » –, des prêcheurs radicaux appellent au djihad.

Méthode de recherche en relations internationales

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver de Politique étrangère (n°4/2016). Pauline Poupart propose une analyse de l’ouvrage collectif dirigé par Guillaume Devin, Méthode de recherche en relations internationales (Presses de Sciences Po, 2016, 280 pages).

méthode de recherche en RI

Cet ouvrage offre un tableau des différentes méthodes utilisées actuellement dans la recherche en relations internationales. Il est divisé en quatre grandes parties qui abordent successivement les questions de description et de comparaison, puis des cas plus concrets d’utilisation de différents types de ressources dans la discipline (archives diplomatiques, images, représentations spatiales ou portail internet de l’ONU). L’ouvrage évoque ensuite les questions de « terrain » (de la préparation à la pratique des entretiens). Enfin, une dernière partie très explicative évoque la question, généralement délaissée en France, des apports des approches quantitatives.

Il est donc bien question d’une « méthode », qui peut être utilisée à la fois par les étudiants, les doctorants souvent perdus dans les outils à leur disposition, ainsi que par toute personne qui s’interroge sur les méthodes de travail en relations internationales.

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