Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (4/2014). Bertrand de la Chapelle propose une analyse de l’ouvrage dirigé par Ian Brown, Research Handbook on Governance of the Internet (Edward Elgar, 2013, 500 pages).
Cet ouvrage coordonné par Ian Brown arrive à point nommé. En une vingtaine d’essais de qualité rédigés par des experts reconnus, il offre une excellente introduction au concept de « gouvernance internet ».
La gouvernance « de » l’internet traite des ressources partagées permettant à ce dernier de fonctionner et des organisations qui les gèrent. Milton Mueller explore ainsi les défis liés à la distribution des adresses de l’Internet Protocol (adresses IP) dans la perspective du passage à IPv6, et Rolf Weber les enjeux de légitimité et de redevabilité (accountability) des organisations concernées et particulièrement de l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN). Michael Froomkin détaille par ailleurs le nouveau cadre opérationnel (Affirmation of Commitments) de cette organisation.
Cet ouvrage étudie la composante pétrolière de la crise qui sévit depuis 2008, « troisième choc » après ceux de 1973 et 1979. Conjoncturellement, Benoît Mafféi et Rodolphe Greggio relient ce choc à la réduction de l’écart de production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et à l’opacité de la production russe. Ses causes de long terme sont, elles, à chercher dans le sous-investissement dans le secteur des pays développés pendant le contre-choc pétrolier (1986-2003), dans la forte hausse de la demande asiatique et dans les crises arabes depuis l’invasion de l’Irak. Ce choc actuel n’entraînera pourtant pas une fin accélérée du pétrole. Les hydrocarbures de l’Arctique et du Groenland, le gaz de schiste et les gaz non conventionnels repousseraient la fin des réserves à 40 ans. Les États-Unis, productifs et offensifs, chercheraient à s’attribuer le maximum de gisements restants. L’Europe, consommatrice et dépendante d’espaces périphériques, prendrait quant à elle le risque de s’arrimer à ces derniers par des liens gaziers renforcés, notamment germano-russes.
Le premier ouvrage est important, puisque rédigé par un acteur majeur de l’« affaire Snowden », le journaliste et blogueur américain Glenn Greenwald, spécialiste des questions de surveillance. Sa thèse : les États, au nom d’une menace terroriste en partie instrumentalisée après le 11 septembre, ont édifié une toile de surveillance mondiale et imposé une idéologie sécuritaire.
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