Catégorie : Revue des livres Page 229 of 290

Les comptes rendus de lecture publiés dans PE

Research Handbook on Governance of the Internet

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (4/2014). Bertrand de la Chapelle propose une analyse de l’ouvrage dirigé par Ian Brown, Research Handbook on Governance of the Internet (Edward Elgar, 2013, 500 pages).

Cet ouvrage coordonné par Ian Brown arrive à point nommé. En une vingtaine d’essais de qualité rédigés par des experts reconnus, il offre une excellente introduction au concept de « gouvernance internet ».

La gouvernance « de » l’internet traite des ressources partagées permettant à ce dernier de fonctionner et des organisations qui les gèrent. Milton Mueller explore ainsi les défis liés à la distribution des adresses de l’Internet Protocol (adresses IP) dans la perspective du passage à IPv6, et Rolf Weber les enjeux de légitimité et de redevabilité (accountability) des organisations concernées et particulièrement de l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN). Michael Froomkin détaille par ailleurs le nouveau cadre opérationnel (Affirmation of Commitments) de cette organisation.

Le pétrole. Le troisième choc et la malédiction pétrolière

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (4/2014). Julien Brault propose une analyse de l’ouvrage de Benoît Mafféi et Rodolphe Greggio, Le pétrole. Le troisième choc et la malédiction pétrolière (Economica, 2014, 202 pages).

Cet ouvrage étudie la composante pétrolière de la crise qui sévit depuis 2008, « troisième choc » après ceux de 1973 et 1979. Conjoncturellement, Benoît Mafféi et Rodolphe Greggio relient ce choc à la réduction de l’écart de production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et à l’opacité de la production russe. Ses causes de long terme sont, elles, à chercher dans le sous-investissement dans le secteur des pays développés pendant le contre-choc pétrolier (1986-2003), dans la forte hausse de la demande asiatique et dans les crises arabes depuis l’invasion de l’Irak. Ce choc actuel n’entraînera pourtant pas une fin accélérée du pétrole. Les hydrocarbures de l’Arctique et du Groenland, le gaz de schiste et les gaz non conventionnels repousseraient la fin des réserves à 40 ans. Les États-Unis, productifs et offensifs, chercheraient à s’attribuer le maximum de gisements restants. L’Europe, consommatrice et dépendante d’espaces périphériques, prendrait quant à elle le risque de s’arrimer à ces derniers par des liens gaziers renforcés, notamment germano-russes.

Nulle part où se cacher

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (4/2014). Julien Nocetti, qui a coordonné le dossier « Internet : une gouvernance inachevée » de ce numéro, propose une analyse de deux ouvrages : Glenn Greenwald, Nulle part où se cacher (J.-C. Lattès, 2014, 360 pages) ; et Antoine Lefébure, L’affaire Snowden. Comment les États-Unis espionnent le monde (La Découverte, 2014, 276 pages).

Le premier ouvrage est important, puisque rédigé par un acteur majeur de l’« affaire Snowden », le journaliste et blogueur américain Glenn Greenwald, spécialiste des questions de surveillance. Sa thèse : les États, au nom d’une menace terroriste en partie instrumentalisée après le 11 septembre, ont édifié une toile de surveillance mondiale et imposé une idéologie sécuritaire.

Le premier chapitre se révèle savoureux : du premier contact avec Edward Snowden – long à se concrétiser en raison de la réticence de l’auteur à se servir d’outils de cryptage –, à la rencontre dans un hôtel de Hong Kong, Rubik’s cube en main dans une ambiance de polar, le lecteur sent la tension progressivement monter. Le Guardian est plutôt soupçonneux au départ vis-à-vis des réelles motivations du lanceur d’alerte. Pendant plusieurs jours, Greenwald décortiquera les milliers de fichiers de la National Security Agency (NSA) américaine avant de les révéler au compte-gouttes. Les scoops s’enchaîneront :

Critique de la raison nègre

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (3/2014). Alain Antil propose une analyse de l’ouvrage d’Achille Mbembe, Critique de la raison nègre (La Découverte, 2013, 268 pages).

Cet ouvrage est le dernier opus d’une trilogie sur le politique en Afrique subsaharienne et la place du continent dans le monde, après De la postcolonie. Essai sur l’imagination politique en Afrique (Karthala, 2000) et Sortir de la grande nuit. Essai sur l’Afrique décolonisée (La Découverte, 2010).

Le présent essai déroutera ceux qui ne connaissent pas l’auteur : profond, touffu, avec une belle intensité d’écriture, il s’emploie à décrire la place paradoxale de l’Afrique dans le monde d’aujourd’hui, en revenant sur la figure du « nègre », réceptacle de toutes les représentations européennes de l’Afrique et de l’homme noir.

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