“ We are at war and the country is plunged into total unconsciousness of events”: such was the assessment of the Russian writer Victor Erofeyev in the months following the invasion of Ukraine. Indeed, after the initial shock, the majority of Russians have continued to go about their lives as if it were in fact a “special military operation” with limited scope, like the intervention in Syria in 2015. Ukrainians’ suffering has left them largely indifferent, which has led to anger, and even hatred, on the part of the invaded nation toward the Russian people as a whole.
Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps 2023 de Politique étrangère (n° 2/2023). Sébastien Jean propose une analyse de l’ouvrage de Martin Chorzempa, The Cashless Revolution (Public Affairs, 2022, 320 pages).
L’histoire récente du développement des technologies financières en Chine pourrait sembler un sujet étroit, voire aride. Il n’en est rien. Il s’agit au contraire d’une révolution d’une portée considérable, qui a chamboulé les paiements, l’épargne et les banques en Chine, mais aussi marqué une ère nouvelle dans le développement du numérique. Ces changements ont fait d’un système financier encore rigide, étatisé et à bien des égards sous-développé en 2013, le leader mondial en termes de sophistication et d’extension dès 2017. Pionnière dans l’innovation, la finance numérique chinoise le sera également dans certaines dérives. Dans un livre remarquablement documenté, nourri du vécu personnel sur place de ces années folles, Martin Chorzempa en fait un récit haletant et souvent étonnant – mais surtout riche en paradoxes et en enseignements.
À la suite du sondage réalisé sur ce blog, nous avons le plaisir de vous offrir en libre accès l’article du numéro d’été 2023 de Politique étrangère (n° 2/2023) que vous avez choisi d'(é)lire : « L’Inde dans le jeu des puissances, entre Ukraine et G20 », écrit par Jean-Luc Racine, directeur de recherche émérite au CNRS (Centre d’études sud-asiatiques et himalayennes, École des hautes études en sciences sociales) et chercheur senior à Asia Centre.
Narendra Modi, Premier ministre largement reconduit aux législatives de 2019, avait affirmé dans son programme électoral : « Nous croyons que l’heure de l’Inde est venue. Elle émerge comme puissance, et se connecte aux acteurs du monde multipolaire. L’essor de l’Inde est la nouvelle réalité, et nous jouerons un rôle majeur pour façonner l’agenda global du XXIe siècle. » Quatre ans plus tard, alors que les célébrations du 75e anniversaire de l’indépendance sont closes, le discours officiel et nombre de commentateurs indiens s’emballent, voyant dans la présidence indienne du G20 l’opportunité de peser sur l’évolution du système mondial. Pourtant, à l’Organisation des Nations unies (ONU) qu’elle voudrait réformer, l’Inde multiplie les abstentions lors de votes significatifs, sur l’Ukraine mais pas seulement. Cette dichotomie mérite examen. Un examen complexe, le régime déployant en permanence une politique de communication – ou de propagande – qui affiche sur le plan international des valeurs qui ne sont pas toujours mises en pratique en interne.
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