Mauvais juif

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2020). Samuel Ghilès-Meilhac propose une analyse de l’ouvrage de Piotr Smolar, Mauvais juif (Éditions des Équateurs, 2019, 208 pages).

Enquête de généalogie politique familiale, souvenirs et analyses d’un correspondant de presse à l’étranger, réflexions identitaires intimes : trois ouvrages s’emboîtent pour former Mauvais juif.

L’évolution de la doctrine stratégique aux États-Unis, Henry Kissinger (1962)

En cette période de confinement liée à l’épidémie de coronavirus, la rédaction de Politique étrangère vous offre de (re)lire des textes qui ont marqué l’histoire de la revue. Nous vous proposons aujourd’hui un exposé improvisé prononcé par Henry Kissinger devant les membres du Groupe d’études stratégiques du C.E.P.E. en 1962, intitulé « L’évolution de la doctrine stratégique aux États-Unis », et publié dans Politique étrangère (n°2/1962).

Depuis que je suis à Paris, après cinq semaines passées en Orient, j’ai eu de nombreuses conversations avec des amis français et je dois avouer que je suis frappé par l’étendue du désaccord et de l’incompréhension qui se sont développés entre nos deux pays. Je ne prétends pas fixer les responsabilités de cet état de choses. Je crois cependant qu’étant donné le temps que nous vivons, on ne peut concevoir d’avenir pour l’Occident sans la plus étroite collaboration entre les États-Unis et la France. Je ne puis concevoir que l’un ou l’autre de nos deux pays puisse se développer sans l’autre. Je crois que ni l’un ni l’autre de nos deux pays ne pourra éviter la destruction, si l’autre est détruit. Je pense que les dangers auxquels nous aurons à faire face ne seront pas seulement le fait de l’Union soviétique ou de la Chine communiste. Je crois qu’au cours des dix ou quinze années qui sont devant nous, toutes les nations occidentales devront tenir compte d’une menace très sérieuse de la part de nouvelles nations, menace qui doit être étudiée avec le plus grand sérieux. Dans ces conditions, nous ne disposons pas de tant de ressources que nous puissions nous permettre de mener entre nous de guerre civile intellectuelle.

Raise the Debt. How Developing Countries Choose Their Creditors

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2020). Juan Flores Zendejas propose une analyse de l’ouvrage de Jonas B. Bunte, Raise the Debt. How Developing Countries Choose Their Creditors (Oxford University Press, 2019, 288 pages).

Jonas Bunte, chercheur à l’université de Texas, étudie les sources de financement externe des pays en voie de développement (PVD). Le point de départ de l’ouvrage est la diversité des structures de prêts de ces pays. Par exemple, le volume des prêts accordés par la Chine est très variable selon les États. Bunte démontre, de manière convaincante, que les rapports financiers établis entre États créanciers et emprunteurs dépendent autant des premiers que des derniers. Selon les intérêts dominants dans les PVD, les préférences diffèrent, ce qui vient modifier les flux internationaux des capitaux.

Les « invariants » de la politique étrangère de la France, Jean-Baptiste Duroselle (1986)

En cette période de confinement liée à l’épidémie de coronavirus, la rédaction de Politique étrangère vous offre de (re)lire des textes qui ont marqué l’histoire de la revue. Nous vous proposons aujourd’hui un texte de Jean-Baptiste Duroselle, « Les « invariants » de la politique étrangère de la France », publié dans Politique étrangère en 1986.

Albert Demangeon, André Siegfried : j’ai eu le privilège d’être l’élève du premier, mort au moment de la défaite française, et, sans l’être directement, du second, j’ai subi profondément son influence. Et voici mon problème. Ces deux très grands géographes eussent-ils accepté la notion d’« invariant » ? Parce que l’homme est l’homme, avec la même structure cérébrale depuis 35 000 ans, il y a peut-être pour lui des « régularités » : la guerre périodique, la dissémination des techniques, etc. Mais l’homme français est-il déterminé de quelque façon par cette réalité géographique qu’est la France ? Certes oui ! aurait répondu Ratzel, le grand géographe allemand de l’« espace », qui fleurissait avant 1914, et s’est trouvé, sans le vouloir, être l’inspirateur des géopoliticiens. Je pense que Demangeon et Siegfried auraient répondu non !, le second peut-être moins fermement que le premier.

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