Raymond Aron et la théorie des relations internationales, Stanley Hoffmann (1983)

En cette période de confinement liée à l’épidémie de coronavirus, la rédaction de Politique étrangère vous offre de (re)lire des textes qui ont marqué l’histoire de la revue. Nous vous proposons aujourd’hui un texte de Stanley Hoffmann, intitulé « Raymond Aron et la théorie des relations internationales », publié dans Politique étrangère en 1983. Immédiatement après la mort de Raymond Aron, Stanley Hoffmann, professeur de sciences politiques et de civilisation française à Harvard, offrait à Politique étrangère une synthèse de sa pensée, rendant ainsi hommage à une vision internationale d’un libéralisme lucide et réaliste.

L’ampleur de l’œuvre de Raymond Aron a toujours fait le désespoir de ses commentateurs – et de ses disciples. On peut s’attendre à la publication de divers textes inédits ; néanmoins, hélas, cette œuvre est désormais achevée. Ce qui devrait permettre d’étudier enfin, en profondeur, la contribution scientifique qu’elle a apportée – de séparer en quelque sorte les deux activités que Raymond Aron a menées de concert et a souvent entremêlées : l’activité proprement journalistique, commentaires d’une actualité qu’il se sentait le devoir d’élucider et d’interpréter, et l’activité du théoricien, philosophe de l’histoire, sociologue des sociétés contemporaines, ou critique de la pensée politique et sociale des grands auteurs.

Passeport diplomatique. Quarante ans au Quai d’Orsay

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2020). Frédéric Charillon propose une analyse de l’ouvrage de Gérard Araud, Passeport diplomatique. Quarante ans au Quai d’Orsay (Grasset, 2019, 384 pages).

À l’heure de la diplomatie publique, Gérard Araud a marqué les esprits par son tweet sur la victoire de Donald Trump (« Après le Brexit et cette élection, tout est désormais possible. Un monde s’effondre devant nos yeux. Un vertige »). À l’heure des débats sur les orientations de politique étrangère, il est aussi connu pour être présenté – à tort selon lui – comme « grand prêtre » d’une « secte » néoconservatrice à la française. Gérard Araud a mené une carrière du plus haut niveau : directeur des Affaires stratégiques, de sécurité et du désarmement du Quai d’Orsay, ambassadeur en Israël (2003-2006), directeur général des Affaires politiques et de sécurité, secrétaire général adjoint du ministère des Affaires étrangères (2006-2009), chef de la mission française auprès des Nations unies (2009-2014), ambassadeur à Washington (2014-2019).

La politique étrangère d’une société primitive, par Claude Lévi-Strauss (1949)

En cette période de confinement liée à l’épidémie de coronavirus, la rédaction de Politique étrangère vous offre de (re)lire des textes qui ont marqué l’histoire de la revue. Nous vous proposons aujourd’hui un texte de Claude Lévi-Strauss, intitulé « La politique étrangère d’une société primitive », publié dans Politique étrangère en 1949. Il  y analyse le rapport à l’étranger de différentes tribus, dont les Nambikwara du Brésil, connus des lecteurs de Tristes tropiques (1955). Ces tribus ne se caractérisent pas par une « agressivité innée » et coopèrent de différentes manières – notamment par des systèmes de dons qui s’apparentent à du commerce – avec des éléments externes, que ce soit des membres d’autres tribus ou des Occidentaux.

Le sujet du présent article présente, dans son énoncé même, quelque chose de paradoxal. Nous ne pensons pas spontanément qu’une société primitive, ou du moins cet ensemble d’une extraordinaire diversité que nous groupons, de façon un peu maladroite, sous ce vocable qui ne signifie ‘pas grand chose’, puisse avoir une politique étrangère. La raison en est que les sociétés primitives, ou prétendues telles, nous apparaissent comme des sortes de conservatoires, des musées vivants ; de façon plus ou moins consciente, nous n’imaginons pas qu’elles auraient pu préserver des genres de vie archaïque ou fort éloignés des nôtres propres, si elles n’étaient restées comme autant de petits mondes clos, complètement isolés de tous les contacts avec l’extérieur. C’est seulement dans la mesure où elles représenteraient des expériences isolées du reste de l’univers social qu’elles pourraient prétendre au titre de « sociétés primitives ».

Le futur du monde global. Le testament politique de Gorbatchev

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2020). Dominique David propose une analyse de l’ouvrage de Mikhaïl Gorbatchev, Le futur du monde global. Le testament politique de Gorbatchev (Flammarion, 2019, 216 pages).

On attend trop d’un texte sous-titré par l’éditeur « le testament politique de Gorbatchev » : le bilan d’une exceptionnelle expérience, une analyse informée et acérée du présent, une anticipation visionnaire…

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