« Vers un retour de l’autoritarisme en Afrique ? » : 3 questions à Victor Magnani

Auteur de l’article « Vers un retour de l’autoritarisme en Afrique ? », co-écrit avec Thierry Vircoulon et paru dans le numéro d’été de Politique étrangère (2/2019), Victor Magnani, chercheur au Centre Afrique subsaharienne de l’Ifri, répond à 3 questions en exclusivité pour politique-etrangere.com.

Comment se porte la démocratie en Afrique en 2019 ?

Il y a évidemment une variété de trajectoires nationales qui limite la pertinence de toute entreprise de généralisation. Toutefois, on peut affirmer que depuis une dizaine d’années, la démocratie ne semble plus progresser sur le continent. Bon nombre d’élections restent très éloignées des standards démocratiques à l’image des celles organisées récemment en République démocratique du Congo (RDC). De plus, la démocratie ne se résume pas à l’organisation régulière d’élections, elle repose également sur la neutralité et l’indépendance des institutions (justice, police, commission électorale…), ainsi qu’à la situation du marché politique (ouverture de la compétition politique, respect des libertés publiques et des principes constitutionnels…).

Les 10 préjugés qui nous mènent au désastre économique et financier

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2019). Norbert Gaillard propose une analyse de l’ouvrage de Jacques de Larosière, Les 10 préjugés qui nous mènent au désastre économique et financier (Odile Jacob, 2018, 216 pages).

Jacques de Larosière, directeur général du Fonds monétaire international (FMI) de 1978 à 1987 puis gouverneur de la Banque de France jusqu’en 1993, remet en cause dix dogmes à l’origine de l’instabilité économique et financière de ces dernières décennies.

Profession diplomate

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2019). Denis Bauchard propose une analyse de l’ouvrage d’Yves Aubin de la Messuzière, Profession diplomate. Un ambassadeur dans la tourmente (Plon, 2019, 400 pages).

Le livre d’Yves Aubin de la Messuzière est tout d’abord un témoignage lucide, et de l’intérieur, sur la diplomatie française dans une zone qui concentre des enjeux majeurs, celle qui de Rabat à Téhéran constitue l’épicentre des turbulences qui affectent la sécurité de la France et de l’Europe depuis plus de quarante ans. L’auteur y a fait l’essentiel de sa carrière, en poste, de la Jordanie à la Tunisie en passant par l’Irak, ou à la tête de la direction du Quai d’Orsay qui couvre la région Afrique du Nord-Moyen-Orient. Mais il s’agit également d’un témoignage sur la façon dont un ambassadeur, parfait connaisseur du monde arabe, conçoit et exerce, dans des conditions souvent difficiles, sa « profession », car comme il l’écrit, « c’est un métier qui exige les qualités d’un professionnel ». Il consacre d’ailleurs un chapitre à des réflexions très pertinentes sur le rôle des ambassadeurs, trop souvent affecté de clichés tenaces.

Olusegun Obasanjo : « Les régimes militaires ne fonctionnent plus en Afrique »

Le 17 juin dernier, Pascal Airault de L’Opinion a interviewé l’ancien président du Nigéria Olusegun Obasanjo, présent à Paris en juin pour participer à la conférence « Où en est la démocratie au Afrique ? » à l’Ifri. A cette occasion, il rappelle que le dossier du numéro d’été 2019 de Politique étrangère (n° 2/2019), « La démocratie en Afrique : tours et détours »,  y est consacré.

Les faits. De passage à Paris en juin pour participer à la conférence « Où en est la démocratie en Afrique ? » de l’Institut français des relations internationales (Ifri, qui y consacre le dernier numéro de sa revue Politique étrangère), l’ancien président du Nigeria, Olusegun Obasanjo, s’est confié à l’Opinion sur les derniers soulèvements en Afrique, les problèmes sécuritaires et les enjeux nigérians.

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