Qui sont les Grecs ?

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°3/2018). Panagiota Anagnostou propose une analyse de l’ouvrage de Georges Prévélakis, Qui sont les Grecs ? Une identité en crise (CNRS Éditions, 2017, 184 pages).

La crise grecque n’est-elle que le symptôme de la crise plus profonde de l’État-nation et de la modernité ? Comment la Grèce moderne a-t-elle pu surmonter les périodes de crise
de son histoire ? De quelles ressources dispose-t-elle aujourd’hui et « que peut nous enseigner l’expérience grecque quant au rapport entre l’Orient et l’Occident dans
l’avenir ? » Puisant dans les outils théoriques de la géographie, à travers une analyse géopolitique et une écriture fluide, l’auteur parcourt des siècles d’histoire pour décrire l’ambivalence des relations entre la Grèce et l’Europe, et chercher les sources d’un renouveau grec dans la crise actuelle, sources qui pourraient aussi constituer les ressorts d’une refondation de l’Europe.

Deception: Counterdeception and Counterintelligence

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°3/2018). Rémy Hémez propose une analyse de l’ouvrage de Robert M. Clarke et William L. Mitchell, Deception: Counterdeception and Counterintelligence (CQ Press, 2018, 312 pages).

Les actions de déception sont trop souvent réduites à une image : celle des chars gonflables utilisés pendant l’opération Fortitude, probablement la plus ambitieuse opération de déception de l’histoire, destinée à cacher aux Allemands le lieu du débarquement prévu en Normandie. Cependant, la déception dans l’art de la guerre revêt une réalité bien plus complexe, tant dans sa planification que dans son exécution. Le livre de Robert M. Clark – ancien analyste à la CIA et professeur associé à l’université Johns Hopkins – et William L. Mitchell – ex-officier du renseignement militaire américain et conseiller pour le ministère de la Défense danois – permet de toucher du doigt la richesse de cette problématique.

« …J’ai fait un rêve… » Le président François Mitterrand, artisan de l’Union européenne

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L’article « ‘…J’ai fait un rêve…’ Le président François Mitterrand, artisan de l’Union européenne » a été écrit par Philippe Moreau Defarges, à l’époque professeur à l’IEP de Paris et chargé de projet auprès du directeur de l’Ifri, dans le numéro 2/1985 de Politique étrangère.

Il n’y a plus un seul contentieux à régler dans la Communauté… Bien sûr, il y en aura d’autres, c’est la vie ». C’est par ces phrases que le président François Mitterrand, à l’issue du Conseil européen de Fontainebleau (25-26 juin 1984), clôt les six mois — premier semestre 1984 — de présidence française. Le chef de l’État, fidèle à son style, s’exprime en agriculteur qui a creusé son sillon, en artisan consciencieux : il avait une tâche à accomplir — faire sortir l’Europe des Dix de l’impasse, où l’enfonçait l’absence d’accord, lors de la rencontre d’Athènes (4-6 décembre 1983) — , et le travail était fait au moment où s’achevait le mandat ! En ces six mois de 1984, François Mitterrand, par son obstination méthodique — trente rencontres bilatérales avec ses neuf collègues du Conseil européen —, conquiert l’image de grand Européen, en particulier auprès de la presse anglo-saxonne pourtant prompte — non sans paradoxe — à s’ériger en gardienne de l’idée européenne !

How to Rig an Election/Political Influence Operations

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°3/2018). Jérôme Marchand propose une analyse croisée des ouvrages de Nic Cheeseman et Brian Klaas, How to Rig an Election (Yale University Press, 2018, 320 pages) et Darren E. Tromblay, Political Influence Operations: How Foreign Actors Seek to Shape U.S. Policy Making (Rowman & Littelfield, 2018, 272 pages).

Ces deux ouvrages abordent des thématiques distinctes mais convergentes. How to Rig an Election traite des stratégies au moyen desquelles les tricheurs politiques et leurs auxiliaires administratifs faussent les scrutins démocratiques. Les auteurs (politistes de formation) recensent six approches d’usage courant : pré-formatage biaisé (de type gerrymandering), corruption, violence, hacking, bourrage d’urnes, fake news. Exemples récents à l’appui, ils détaillent la « boîte à outils autoritariste » et ses évolutions technologiques, qui diminuent la traçabilité de certaines fraudes. Les illustrations sont nombreuses et choisies avec intelligence. Sans surprise, les États africains et ceux de l’ancien bloc soviétique fournissent l’essentiel du matériau narratif.

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