Boko Haram: the History of an African Jihadist Movement

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2018). Marc-Antoine Pérouse de Montclos propose une analyse de l’ouvrage de Alexander Thurston , Boko Haram: the History of an African Jihadist Movement (Princeton University Press, 2017, 352 pages).

Voici enfin une histoire de Boko Haram qui permet de comprendre en finesse une des insurrections djihadistes les plus énigmatiques d’Afrique. L’approche chronologique, en particulier, s’avère fort utile pour décrypter la complexité d’un mouvement qui, à partir de 2003, a connu plusieurs phases de profondes transformations, de la secte jusqu’au groupe terroriste, avec une faction affiliée à l’organisation État islamique depuis 2015. Arabophone, l’auteur a prêté beaucoup d’attention aux vidéos de propagande des insurgés, et il argue que l’on ne peut analyser Boko Haram en faisant abstraction de sa dimension religieuse, quoi qu’il en soit par ailleurs des facteurs politiques, sociaux et économiques pouvant, aussi, expliquer sa résilience face à une coalition antiterroriste qui réunit les quatre pays du pourtour du lac Tchad.

Foreign Service: Five Decades on the Frontlines of American Diplomacy

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2018). Pierre Melandri propose une analyse de l’ouvrage de James F. Dobbins, Foreign Service: Five Decades on the Frontlines of American Diplomacy (Brookings Institution Press, 2017, 336 pages).

Comme le titre de l’ouvrage l’indique, de 1967 à 2014 (avec une parenthèse de onze ans à la Rand), James Dobbins a été aux avant-postes de la diplomatie américaine. Il a eu, à ce titre, l’occasion de travailler avec nombre de responsables des États-Unis mais aussi d’interlocuteurs étrangers, dont il dresse souvent des portraits incisifs et pénétrants. Il a aussi vécu directement le poids des contraintes intérieures sur l’élaboration de la politique extérieure : l’influence des lobbies ou préoccupations partisanes sur des dossiers comme Cuba ou Haïti ; ou, plus encore, les prérogatives du Congrès. Ainsi, pour s’être injustement attiré la vindicte du sénateur Jesse Helms, il s’est vu à jamais écarté de tout poste d’ambassadeur, un véto qui l’a amené, dans la seconde partie de sa carrière, à embrasser diverses missions d’envoyé spécial du président ou du secrétaire d’État.

Que faire en Indochine ?

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L’article « Que faire en Indochine ? » a été écrit par Maurice Gassier, et publié dans le numéro 2/1947 de Politique étrangère.

C’est bien plus que le sort de l’Indochine qui est aujourd’hui en jeu. Du fait de ce que nous saurons réaliser en Indochine, la balance de notre destin oscillera entre deux images extrêmes. L’une est celle d’une France à la tête, par une puissance d’attraction plus sentimentale et intellectuelle que matérielle, d’un groupement de cent millions d’hommes pour lequel elle aura su trouver la formule qui lui assure un certain ordre spirituel d’unité ; l’autre est celle d’une France recroquevillée dans son territoire au bout de l’Europe, comptant 41 millions d’habitants, qui, dans cet espace vital diminué, mènera une vie appauvrie de possibilités disparues.

« Une mythologie de l’État supplémentaire »

>> Retrouvez l’article dont est extraite cette citation : « Les États au Moyen-Orient : crise et retour », écrit par Dorothée Schmid, responsable du Programme Turquie contemporaine/Moyen-Orient de l’Ifri, dans le numéro de printemps 2018 de Politique étrangère. < <

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