Histoire mondiale de la France

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver de Politique étrangère (n° 4/2017). Maurice Vaïsse propose une analyse de l’ouvrage dirigé par Patrick Boucheron, Histoire mondiale de la France (Seuil, 2017, 800 pages).

L’ambition de cet ouvrage est de proposer à un large public « une histoire de France accessible et ouverte ». D’ailleurs, Patrick Boucheron annonce, dans son ouverture, que ce livre se veut « innovant » et « joyeusement polyphonique ». Difficile aux lecteurs de la revue Politique étrangère de bouder une telle invitation, qui privilégie « l’approche du grand large ». Et de fait l’ouvrage, qui se décline de la Préhistoire à 2015 en 146 entrées par dates, illustre le rapport de la France au monde dans un sens bien précis : il ne s’agit pas d’une histoire de la France mondiale, mais d’une histoire mondiale de la France.

The Shipwrecked Mind: On Political Reaction

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver de Politique étrangère (n° 4/2017). Laurence Nardon, responsable du programme Amérique du Nord de l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de Mark Lilla, The Shipwrecked Mind: On Political Reaction (The New York Review of Books, 2016, 168 pages).

Universitaire spécialiste de l’histoire des idées politiques, Mark Lilla enseigne à l’université Columbia et écrit régulièrement pour la New York Review of Books. Il poursuit depuis de longues années une réflexion sur l’évolution des idées politiques en Occident.

Après les premières étapes du miracle grec, de la pensée chrétienne médiévale, des Lumières (un domaine de prédilection), la Révolution française fut suivie de diverses écoles au XIXe siècle, entre progressisme, réaction et conservatisme. La pensée des Lumières ne subit-elle pas depuis un dévoiement ? Mark Lilla décrit le développement continu de l’individualisme depuis l’après-guerre, avec la libération des mœurs des années 1960, le triomphe de l’ultra-libéralisme des années 1980 (individualisme économique), jusqu’à aujourd’hui où, grâce à internet, les individus s’affranchissent des autorités scientifiques et intellectuelles pour développer chacun leur propre expertise sur tous les sujets.

Pourquoi la dissuasion

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver de Politique étrangère (n° 4/2017). Corentin Brustlein, responsable du Centre des études de sécurité et du programme Dissuasion et prolifération de l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de Nicolas Roche, Pourquoi la dissuasion (PUF, 2017, 568 pages).

Au cours des dernières années, l’arme nucléaire est redevenue un enjeu saillant des relations internationales. Depuis la chute du mur de Berlin, sa visibilité comme enjeu structurant s’était réduite, de manière disproportionnée à son poids réel dans la structuration des rapports de force. Sous la pression de l’actualité, cette tendance semble avoir touché à sa fin.

On Tactics: A Theory of Victory in Battle

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver de Politique étrangère (n° 4/2017). Rémy Hémez propose une analyse de l’ouvrage de B. A. Friedman, On Tactics: A Theory of Victory in Battle (Naval Institute Press, 2017, 256 pages).

A. Friedman, officier des Marines, étudie dans ce livre une matière trop souvent éclipsée par la stratégie : la tactique. Dans son premier chapitre, il aborde la question des relations entre la tactique et la théorie. Il souligne que la tactique est davantage un art qu’une technique. Certes, appliquer de grands principes augmente les chances de victoire. Il ne faut cependant pas perdre de vue la puissance des forces morales et l’irréductibilité de la chance au combat. Et surtout : l’ennemi a toujours son mot à dire. L’auteur dégage ensuite ce qu’il préfère appeler des préceptes (tenets) tactiques. Il les répartit dans les trois grands champs d’interaction avec l’ennemi : physique, mental et moral. À chaque fois, de nombreux exemples historiques viennent illustrer son propos.

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