Sidérations. Une sociologie des attentats

Deux ans après les attentats du 13 novembre 2015, nous vous invitons à relire cette recension de l’ouvrage de Gérôme Truc, Sidérations. Une sociologie des attentats (PUF, 2016), écrite par Marc Hecker et publiée dans le numéro d’hiver de Politique étrangère n° 4/2016.

Cet ouvrage est tiré d’une thèse de doctorat soutenue à l’École des hautes études en sciences sociales en 2014. Gérôme Truc a cherché à comprendre pourquoi des individus se sentent touchés par des attentats qui ne les ont pourtant pas directement visés. Pour ce faire, il se penche plus spécifiquement sur trois attaques terroristes dont les dates ont marqué le début du XXIe siècle : 11 septembre 2001, 11 mars 2004 et 7 juillet 2005. Il analyse les réactions politiques, la couverture médiatique et les témoignages de milliers d’anonymes. L’effet de sidération, explique-t-il, varie en fonction d’un « entrelacs complexe de sentiments impersonnels et personnels ».

1914-2014 La Grande guerre et le monde de demain

À l’occasion de l’anniversaire de l’armistice de 1918, nous vous invitons à relire le numéro spécial de Politique étrangère « 1914-2014. La Grande guerre et le monde de demain » publié en 2014 pour célébrer le 100e anniversaire de la Grande guerre.

« Nous avons vécu avec elle 100 ans durant. Qu’en faire maintenant ? La Première Guerre mondiale a créé son siècle, et elle nous parle toujours : de ce que nous sommes, de ce que nous serons.

Fondatrice d’un siècle : l’affaire est claire. Le débat sur les causes de la guerre reste ouvert aux polémiques et les publications récentes n’échappent pas au choc des arguments : facteurs politiques internes, dialectique des alliances et des appareils militaires, affrontement de géopolitiques organicistes voyant la vie des États comme expansion de puissance continue, etc. Mais l’analyse de la mécanique du passage de la paix au conflit armé est vite dépassée. Le premier conflit industriel et total du champ international a modelé notre vision de la guerre, de la mobilisation intégrale des sociétés, de la dynamique technique au service de la guerre. Il a créé un « système de guerre » nouveau, des formes opérationnelles et tactiques, des appareils armés qui fonctionnent jusqu’à nos jours. Il a ouvert une réflexion de long terme sur les rapports entre le politique et le militaire, non seulement en termes d’autorité, mais dans la définition même de la stratégie : est-elle manière de gagner la guerre ou de gérer un affrontement global – politique – qui la dépasse de beaucoup ?

Singapore: Smart City, Smart State

Cette recension a été publiée dans le numéro d’automne de Politique étrangère (n°3/2017). Delphine Allès propose une analyse de l’ouvrage de Kent E. Calder, Singapore: Smart City, Smart State (Brookings Institution Press, 2016, 256 pages).

Kent E. Calder se donne le double projet de définir le concept « d’État intelligent » et de détailler les caractéristiques qui inscrivent Singapour dans cette catégorie. Le smart state est selon lui capable de « percevoir et répondre de manière efficiente aux difficultés extérieures (géographiques, démographiques, financières, politiques et technologiques) et aux marchés, en utilisant les dernières avancées en matière de technologies de l’information et de la communication ». L’auteur assume la dimension normative de son analyse et ne cache pas son admiration pour les réalisations du système politique, économique et social singapourien.

Military Strategy: A Very Short Introduction

Cette recension a été publiée dans le numéro d’automne de Politique étrangère (n°3/2017). Rémy Hémez propose une analyse de l’ouvrage d’Antulio J. Echevarria, Military Strategy: A Very Short Introduction (Oxford University Press, 2017, 144 pages).

Cet ouvrage, publié dans la ­collection « Very Short Introductions », ­équivalent britannique des « Que sais-je ? », est signé d’Antulio J. Echevarria, rédacteur en chef de Parameters, revue de l’U.S. Army War College. Il définit la stratégie militaire, objet de son étude, comme la recherche de la réduction de la capacité physique et de la volonté de combattre d’un adversaire. Sa mise en œuvre se fait en temps de paix ou de guerre, et peut impliquer, directement ou indirectement, l’emploi de la force. L’auteur nous offre un propos synthétique et stimulant, utilisant systématiquement des exemples historiques pour l’étayer.

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