L’Europe face à la réapparition des blessures Est-Ouest

Dans son édito du 24 novembre intitulé « L’Europe face à la réapparition des blessures Est-Ouest », Jacques-Hubert Rodier, éditorialiste diplomatique aux Échos, a mentionné un article écrit par Paul Gradvohl dans le dossier « Décompositions démocratiques » publié dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n° 1/2017).

« Le 9 novembre 1989, le mur de Berlin s’effondrait. L’Europe se prenait à rêver de son unité de l’Atlantique à l’Oural, voire jusqu’à Vladivostok si « la maison commune » chère à
Mikhaïl Gorbatchev prenait corps. Vingt-huit ans après, l’Europe est fracturée non seulement entre les pays de l’Ouest et la Russie mais aussi à l’intérieur même de l’Union européenne, entre vieilles démocraties occidentales et anciennes démocraties populaires. « Après un quart de siècle, le monde réalise que la sécurité n’est pas assurée. L’Europe a peur de la Russie, et la Russie a peur de l’OTAN », affirmait récemment le fondateur du think tank berlinois Dialogue of Civilization (DOC), le Russe Vladimir Iakounine, considéré comme proche de Vladimir Poutine.

Le Tribunal pour l’ex-Yougoslavie

Suite à la condamnation à perpétuité de Ratko Mladic par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) pour le génocide de Srebrenica, mais aussi pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, nous vous invitons à relire le dossier du numéro d’hiver 2015-2016 de Politique étrangère« Justice pénale internationale : un bilan », et notamment l’article de Jean-Arnault Dérens, « Le Tribunal pour l’ex-Yougoslavie : une faillite annoncée ? ».

« La création du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), en 1993, devait marquer le début d’une nouvelle ère du droit international. Loin des « tribunaux des vainqueurs » formés après les conflits, il s’agissait de créer une juridiction neutre et impartiale, pouvant dire le droit alors que la guerre se poursuivait encore. Telle fut du moins le « récit des origines » que le Tribunal tenta d’imposer alors que, dans la décennie suivante, il faisait figure d’instrument central des processus de démocratisation et de stabilisation des Balkans d’après-guerre. Le TPIY tirait même gloire d’avoir été la première juridiction internationale ayant mis en accusation un chef d’État en exercice – en l’occurrence Slobodan Milosevic, inculpé le 22 mai 1999.

Creating Japan’s Ground Self-Defense Force

Cette recension a été publiée dans le numéro d’automne de Politique étrangère (n°3/2017). Rémy Hémez propose une analyse de l’ouvrage de David Hunter-Chester, Creating Japan’s Ground Self-Defense Force, 1945-2015. A Sword Well Made (Lexington Books, 2016, 312 pages).

Cette étude présente une histoire institutionnelle complète des forces terrestres d’autodéfense japonaises (JGSDF). David Hunter-Chester, colonel américain en retraite, a passé 20 de ses 26 années de carrière militaire dans des postes ayant trait au Japon. Il maîtrise la langue japonaise, et s’appuie sur de nombreux témoignages.

Canada/États-Unis : les enjeux d’une frontière

Cette recension a été publiée dans le numéro d’automne de Politique étrangère (n°3/2017). Emmanuel Brunet-Jailly propose une analyse de l’ouvrage de Pierre-Alexandre Beylier, Canada/États-Unis : les enjeux d’une frontière (Presses universitaires de Rennes, 2016, 368 pages).

Pierre-Alexandre Beylier a refondu sa thèse, et organisé ce texte en trois sections et dix chapitres qui se lisent bien et forment une étude fine des politiques frontalières qui rassemblent, et divisent, le Canada et les États-Unis.

La première partie du livre s’ouvre sur une histoire de la transformation du 49e parallèle en frontière fonctionnelle. Le deuxième chapitre évalue les idées fondatrices de cette frontière pacifique qui, depuis 1840, est surtout une limite administrative ; c’est la démarcation non militarisée la plus longue au monde. Au cours de la première partie du XXe siècle, dont traite dans le troisième chapitre, Beylier souligne la transformation d’une frontière fonctionnelle, comprise de manière étroite du point de vue politique. La dépression économique des années 1930 et la guerre froide (années 1960), contribuent à sa transformation en un « bloc nord-­américain » qui organise les politiques de défense sur l’ensemble du continent. Le quatrième chapitre examine les idées qui, grâce à l’Accord de libre-échange nord­américain (ALENA, 1994), soutiennent les transformations économiques de ce continent sans conflit.

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