The New Minority

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n°2/2017). Corentin Sellin propose une analyse de l’ouvrage de Justin Gest, The New Minority: White Working Class Politics in an Age of Immigration and Inequality (Oxford University Press, 2016, 272 pages).

The New Minority

L’élection de Donald Trump s’est forgée dans trois États à majorité blanche de la Rust Belt industrielle (Wisconsin, Michigan, Pennsylvanie) dont aucun n’avait voté pour un républicain après 1988. Ce basculement parmi les électeurs de la working class blanche a suffi. Dans ce contexte, et après le Brexit, le livre de Justin Gest sur l’identité politique de la working class blanche était attendu. Le jeune politiste fut d’ailleurs l’un des premiers à noter les affinités paradoxales entre Trump et l’électorat populaire blanc dès l’été 2015.

La ruse et la force

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n°2/2017). Rémy Hémez, chercheur au Laboratoire de recherche sur la défense (LRD) de l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de Jean-Vincent Holeindre, La ruse et la force. Une autre histoire de la stratégie (Perrin, 2017, 528 pages).

Ruse et force

Avec cet ouvrage, Jean-Vincent Holeindre, professeur de science politique à l’université de Poitiers et directeur scientifique de l’Institut de recherche stratégique de l’école militaire (IRSEM), cherche à en finir avec le « modèle occidental de la guerre ». Ce dernier serait marqué davantage par la force que par la ruse qui, elle, serait inefficace et illégitime. Le pari de l’auteur est réussi avec brio. Au travers d’une « histoire dialectique et généalogique », il montre bien que la ruse n’est pas le parent pauvre de la stratégie, et qu’elle est tout à fait compatible avec la force. L’auteur aboutit ainsi à une intéressante définition de la stratégie comme « l’art de dompter la violence armée par les moyens de l’intelligence pour en faire une force maîtrisée et efficace, capable d’emporter la victoire ».

Générations djihadistes

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n°2/2017). Héloïse-Anne Heuls propose une analyse de l’ouvrage de Dominique Thomas, Générations djihadistes. Al-Qaïda – État islamique, histoire d’une lutte fratricide (Éditions Michalon, 2016, 224 pages).

Générations djihadistes

Dominique Thomas, expert des mouvements djihadistes, décrypte ici minutieusement un domaine qu’il connaît bien et sur lequel il a déjà livré de nombreuses analyses. Son état des lieux est riche de détails et pose la question de l’impact des révoltes de 2011 sur la bipolarisation du champ djihadiste mondial.

À l’ombre des printemps arabes, les groupes djihadistes ont progressé, se nourrissant de l’instabilité des révoltes et de l’échec de certains gouvernements de transition. L’émergence de multiples courants islamistes a par ailleurs poussé les organisations les plus influentes à l’aggiornamento, laissant apparaître des querelles pour la régence de l’autorité djihadiste. Les luttes fratricides entre l’État islamique et Al-Qaïda en sont la résultante majeure.

Douala & Kigali

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n°2/2017). Virginie Nantchop propose une analyse de l’ouvrage de Benjamin Michelon, Douala & Kigali. Villes modernes et citadins précaires en Afrique (Karthala, 2016, 320 pages).

Douala & Kigali

Douala et Kigali sont deux villes importantes d’Afrique centrale. Si des cohérences géographique, historique et urbaine les rapprochent, ces villes présentent des trajectoires économique et politique, et une urbanisation, différenciées. L’auteur s’interroge sur les stratégies de ces villes désormais impliquées dans la compétition mondiale : quelle place est réservée à l’amélioration des conditions de vie des habitants des quartiers précaires ?

Le quartier (et son marché) est choisi par l’auteur pour faire une « anthropologie urbaine du changement social », permettant d’appréhender la fabrique de la ville à partir des pratiques sociales des habitants et des politiques des pouvoirs publics. Deux quartiers historiques, entre la ville coloniale et la ville moderne, sont choisis comme lieux d’observation de la fabrique urbaine : Biryogo à Kigali et Cité SIC à Douala.

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