Qui est l’ennemi ?

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2017). Corentin Brustlein, responsable du Centre des études de sécurité à l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de Jean-Yves Le Drian, Qui est l’ennemi ? (Éditions du Cerf, 2016, 96 pages).

Qui est l'ennemi _

L’expression publique d’un ministre de la Défense en activité comporte une part routinière incompressible, résultante d’échéances régulières, tels les vœux de début d’année, les commémorations, les discours d’ouverture ou de conclusion de colloques, ou les auditions au Parlement. Certes, Qui est l’ennemi ? est la version allongée de l’un de ces discours, prononcé aux Assises nationales de la recherche stratégique, en décembre 2015. Il serait toutefois erroné de n’y voir qu’une énième prise de parole officielle. L’ouvrage est en réalité le produit d’une réflexion approfondie conduite par le ministre, et au sein de son ministère, en écho à la dégradation brutale de l’environnement stratégique survenue depuis 2014.

What is a Refugee?

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2017). Matthieu Tardis, chercheur au Centre Citoyennetés et Migrations de l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de William Maley, What is a Refugee? (Hurst, 2016, 280 pages).

What is a refugee_

L’ouvrage de William Maley explique et rétablit la complexité des causes à l’origine des mouvements forcés de population.

Sans États, les réfugiés, qui sont le produit de l’ordre westphalien établi en 1648, n’existeraient pas. Cet ordre consacre la souveraineté des États nations et les réfugiés sont les « autres », ceux que l’on expulse pour asseoir une prétendue homogénéité du peuple ou une idéologie. Les réfugiés sont également les victimes des échecs et des défaillances d’États en décomposition.

Israël et ses colombes

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2017). Daniel Shek propose une analyse de l’ouvrage de Samy Cohen, Israël et ses colombes. Enquête sur le camp de la paix (Gallimard, 2016, 320 pages).

Israël et ses colombes

Le judaïsme est une culture qui favorise le débat et n’aime guère le consensus. On ne s’étonnera donc pas qu’existe en Israël une société civile dynamique, dont une partie est engagée dans le « camp de la paix ». Ce camp est constitué d’une centaine d’organisations que Samy Cohen, directeur de recherche émérite à Sciences Po, énumère et catégorise savamment. Curieusement, avec Israël et ses colombes, Cohen accomplit un travail qu’aucun chercheur n’avait véritablement entrepris, y compris en Israël : un tour d’horizon complet, intelligent et fort lisible de ce camp de la paix, depuis la naissance de La Paix maintenant. Les bons et les mauvais moments sont évoqués, des grands espoirs suscités par le processus d’Oslo jusqu’à la situation actuelle, où aucune négociation ne point à l’horizon.

Cassandra in Oz

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2017). Rémy Hémez, chercheur au sein du Laboratoire de Recherche pour la Défense (LRD) à l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de Conrad C. Crane, Cassandra in Oz: Counterinsurgency and Future War (U.S. Naval Institute Press, 2016, 312 pages).

Conrad Crane, officier de l’US Army en retraite et historien, est aujourd’hui Chief of Historical Services for the Army Heritage and Education Center. Dans Cassandra in Oz, il nous propose une plongée à la première personne en 2005-2006 : au cours de cette période, il a joué un rôle central dans la rédaction du FM 3-24 Counterinsurgency, la doctrine américaine de contre-insurrection.

Le récit démarre trois ans auparavant, en 2002. Conrad Crane est alors chercheur au Strategic Studies Institute de l’US Army War College, et l’Irak est au cœur des préoccupations de toute l’institution militaire américaine. Il travaille à un plan pour reconstruire l’Irak, qui sera rendu public en février 2003. Ce plan n’aura que peu d’impact sur les décideurs politiques et militaires mais deviendra par la suite une sorte de symbole des opportunités manquées dans ce pays, Crane y ayant notamment souligné l’importance de maintenir et d’utiliser l’armée irakienne, l’une des rares « forces pour l’unité au sein de la société ».

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