Les Afriques au défi du XXIe siècle

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (1/2015). Yves Gounin propose une analyse de l’ouvrage de Georges Courade, Les Afriques au défi du XXIe siècle. Géopolitiques subsahariennes (Éditions Belin, 2014, 318 pages).

couradeEn 2006, Georges Courade dirigeait un ouvrage collectif remarquable dans lequel étaient battus en brèche les poncifs circulant sur l’Afrique (L’Afrique des idées reçues, Belin, 2006). Tout y passait, depuis les mécanismes du développement (« L’accumulation est impossible parce que la redistribution est sans limite ») jusqu’à la mémoire controversée de l’esclavage (« La traite négrière est le seul fait des Européens »), en passant par le rôle du groupe (« Le contrôle social est si fort qu’il décourage les initiatives ») et la place des femmes (« Les Africaines sont soumises »).

Pour tout résoudre, cliquez ici

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (1/2015). Camille Vaziaga propose une analyse de l’ouvrage de Evgeny Morozov, Pour tout résoudre, cliquez ici. L’aberration du solutionnisme technologique (FYP Éditions, 2014, 250 pages).

Egevny Morozov, chercheur et essayiste biélorusse, développe ici un nouveau concept : le « solutionnisme » numérique. Ce néologisme décrit la volonté des entreprises de la Silicon Valley de s’introduire dans tous les aspects de la vie des citoyens et des sociétés, prétendant résoudre les problèmes rencontrés aussi bien dans le domaine de la santé que dans celui de l’éducation ou de la criminalité. L’auteur met en garde contre les risques de désengagement de l’État, de fin d’une gestion collective de la société et du rejet de l’humain dans son caractère imprévisible et imparfait.

Violence After War

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (1/2015). Jérôme Marchand propose une analyse de l’ouvrage de Michael J. Boyle, Violence After War: Explaining Instability in Post-Conflict States (Johns Hopkins University Press, 2014, 434 pages).

Michael J. Boyle s’est intéressé aux poussées de violence auxquelles font face certains États à peine sortis d’une expérience de lutte armée, menée sur tout ou partie de leur territoire, et ponctuée par la signature d’accords de paix formalisés. Avec deux questions en tête : quels facteurs déterminent la constitution de défis articulés visant à redéfinir les équilibres de forces et les affectations de ressources ? Que reflètent les variations d’intensité de la violence stratégique dans ces États post-conflit ?

La partie la plus stimulante de l’ouvrage est celle qui détaille le modèle explicatif mis au point par l’auteur. Celui-ci y distingue deux modalités de résurgence de la violence stratégique.

Le Hezbollah. Mobilisation et pouvoir

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (1/2015). Erminia Chiara Calabrese propose une analyse de l’ouvrage d’Aurélie Daher, Le Hezbollah. Mobilisation et pouvoir (PUF, 2014, 480 pages).

Le livre d’Aurélie Daher, issu d’une thèse de doctorat en science politique, est le fruit de plusieurs années d’immersion durant lesquelles elle a mené des centaines d’entretiens auprès de hauts responsables, de militants et de sympathisants du Hezbollah. L’auteur entend apporter ici des réponses aux « interrogations quant à l’avenir du Hezbollah » à travers une étude « de la mobilisation du parti dans son pays d’origine ». Cette dernière repose, selon elle, sur trois catégories : militaire, politique et sociale. On la rejoindra aisément quand elle écrit que le parti a choisi « à partir de 2006 de refermer ses portes à l’observation […] rendant l’accès à son appréhension peu aisé ».

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