Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (1/2015). Yves Aubin de La Messuzière propose une analyse de l’ouvrage de Nicolas Beau et Dominique Lagarde, L’Exception tunisienne. Chronique d’une transition démocratique mouvementée (Seuil, 2014, 204 pages).
L’ouvrage de Nicolas Beau et Dominique Lagarde, bons connaisseurs de la Tunisie contemporaine, est bienvenu pour rendre compte de la seule expérience réussie des printemps arabes. Les auteurs reviennent dans un premier chapitre sur la journée du 14 janvier 2011 qui a vu la fuite du président Zine El-Abidine Ben Ali, dans des conditions qui conservent une part de mystère. L’ex-dictateur gardait-il l’espoir d’un retour rapide pour rétablir l’ordre ? L’effondrement de l’appareil sécuritaire sur lequel reposait le régime le rend vite impossible.
Ce livre d’histoire immédiate retrace les presque quatre années de transition, souvent heurtées mais préservées des tragédies qui marquent encore d’autres États arabes en révolte, de la Libye à la Syrie.
Lee Kuan Yew, père fondateur et parrain intègre de la République de Singapour, dont le PNB par habitant, sous son égide, est passé de 400 dollars en 1959 à 30 000 dollars en 1999, nous donne le second volume de ses mémoires deux ans après le premier, qui s’arrêtait en 1965. L’auteur poursuit son récit jusqu’en l’an 2000 sous le titre Du Tiers monde au premier, résumant de façon justifiée les progrès accomplis.
Comme l’ouvrage collectif qu’il avait dirigé en 2000 (Le Pakistan, Fayard), il faut saluer Le Syndrome pakistanais de Christophe Jaffrelot, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique et ancien directeur du Centre d’études et de recherches internationales de Sciences Po, l’un de nos meilleurs spécialistes de l’Asie du Sud : ce livre d’un très grand intérêt sera à son tour un ouvrage de référence.
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