Sectarian Politics in the Gulf

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (4/2014). Jean-Loup Samaan propose une analyse de l’ouvrage de Frederic M. Wehrey, Sectarian Politics in the Gulf. From the Iraq War to the Arab Uprisings (Columbia University Press, 2014, 328 pages).

Au travers de trois études de cas (Arabie Saoudite, Koweït et Bahreïn), cet ouvrage retrace la genèse et le développement du conflit entre sunnites et chiites dans le golfe Persique.

Le point de départ pourrait être résumé ainsi : comment trois régimes arabes ayant fait de l’Iran des ayatollahs une menace existentielle négocient-ils le contrat social avec leurs propres populations chiites – en particulier la monarchie bahreïnie où ces dernières sont majoritaires ? Si le livre explore plus particulièrement la période depuis 2003 – soit l’invasion américaine de l’Irak et la chute du régime de Saddam Hussein –, un des premiers chapitres revient sur un épisode clé dans la construction des identités conflictuelles entre sunnites et chiites : la révolution iranienne de 1979. Celle-ci constitue pour Frederic Wehrey le « prisme à travers lequel les chocs extérieurs de la guerre d’Irak et même les soulèvements arabes de 2011 sont filtrés ».

Gouvernance de l’internet : lectures croisées

Cette recension croisée est issue de Politique étrangère (4/2014).  Julien Nocetti propose une analyse des ouvrages suivants : Laura DeNardis, The Global War for Internet Governance (Yale University Press, 2014, 296 pages) ; Abu Bhuiyan, Internet Governance and the Global South: Demand for a New Framework (Palgrave Macmillan, 2014, 240 pages) ; et Roxana Radu, Jean-Marie Chenou et Rolf H. Weber (dir.), The Evolution of Global Internet Governance: Principles and Policies in the Making (Springer-Schulthess, 2014, 198 pages).

Politique étrangère s’est déjà fait l’écho de plusieurs ouvrages offrant un cadre d’analyse à l’insertion de l’internet dans les débats sur sa gouvernance mondiale et son implication pour la théorie des relations internationales[1]. Conceptualiser cette gouvernance est aujourd’hui devenu un véritable défi, tant il apparaît évident que l’internet s’est mué en un enjeu de politique étrangère. Pour les spécialistes des relations internationales, ces défis sont de plusieurs natures. D’abord, un coût d’entrée particulièrement élevé, lié autant à la technicité du sujet internet qu’à l’interdisciplinarité de la gouvernance du réseau, qui mêle économie institutionnelle, science politique et relations internationales, sciences de l’information et de la communication, sociologie et droit[2]. Si l’on ajoute le nécessaire effort de compréhension des processus globaux de prise de décision, tout cela contraint l’expertise en relations internationales à élargir la « trousse à outils » conceptuelle bien au-delà de l’analyse traditionnelle des rapports interétatiques[3].

La littérature scientifique, riche mais majoritairement nord-américaine, a jusqu’à récemment privilégié une approche largement focalisée sur la technique – aujourd’hui très insuffisante –, au détriment des facteurs culturels, économiques, diplomatiques, etc. qui travaillent pourtant la gouvernance de l’internet[4].

Qui gouverne l’internet ?

Rencontre autour du dossier « Internet : une gouvernance inachevée » du numéro d’hiver 2014-2015 de la revue Politique étrangère

Mercredi 4 février 2015 à 19h

22 bis rue des Taillandiers, Paris 11e

Para-small

Contrôle et usage des données, vie privée, normes et standards de l’internet, gouvernance mondiale, neutralité du net…

L’internet est tout sauf une entreprise immatérielle. Les révélations d’Edward Snowden sur l’étendue des programmes de surveillance américains ont montré le caractère hautement politique de questions que l’on avait pu croire simplement techniques. Mais savons-nous seulement ce qu’est la gouvernance de l’internet aujourd’hui, et quelle forme elle prendra demain ?

Les Reflets du Temps consacrent une chronique au n°3/2014 de PE

Sur Les Reflets du Temps, Martine L. Petauton livre son analyse du numéro d’automne de Politique étrangère.

RDTRiche numéro de rentrée que celui-ci ! Inauguré par un brillant éditorial présentant l’état du monde après l’été mouvementé, s’il en fût, en géopolitique. Constat difficile : « rôle nouveau de la force, pouvoir illusoire des anciennes puissances, décalage des institutions internationales ». Survivre ? « un forum, intermédiaire entre le G redevenu 7, et le G 20 ; restaurer le concept de sécurité régionale, observer les quatre espaces sensibles que sont l’Europe après la crise russo-ukrainienne, le Moyen Orient, toujours, l’Afrique et l’Asie ».

Au moins quatre arrêts, selon moi, s’imposent dans cette revue d’automne ; en regrettant tout ce qui aurait pu en mériter d’autres.

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