À relire. Recension du livre de Ulrich Beck, Non à l’Europe allemande

Le sociologue allemand Ulrich Beck est décédé le 1er janvier 2015. Nous vous proposons de relire la recension de son livre Non à l’Europe allemande. Vers un printemps européen? (Autrement, 2013) parue dans le n°2/2014 de Politique étrangère.

9782746734937FSL’universitaire Ulrich Beck semble briser un tabou avec son nouveau livre, qui critique une « Europe devenue allemande ». Sa cible favorite est Angela Merkel, chancelière fédérale réélue au moment de la publication du livre. Liant la théorie du pouvoir de Nicolas Machiavel à sa propre théorie de la société mondiale du risque, il dénonce le « merkiavélisme » dont la légitimité d’action est fondée sur l’urgence d’agir face au risque. La théorie de la « société du risque » avancée par l’auteur est celle d’une modernité échappant à tout contrôle. Il l’applique ici à la crise européenne et à celle de l’euro. Faute d’une gouvernance efficace au niveau européen, les gouvernements capitulent devant la crise et participent à l’avènement de cette Europe allemande « nationalisée ».

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« Au fait, qui gouverne l’Internet ? » Entretien avec Julien Nocetti, Rue89

À l’occasion de la parution du numéro d’hiver 2014-2015 de Politique étrangère consacré à la gouvernance d’Internet, Xavier de La Porte, rédacteur en chef de Rue89, s’entretient avec Julien Nocetti, coordinateur du dossier. (Voir l‘article original.)

nocettiCette année, qui s’achève par le vaste piratage des données de Sony Picture Entertainement, aura été celle des hackers. Sur fond de bras de fer entre la Corée du Nord et les États-Unis – avec la Chine sans doute en arrière-garde –, on a le sentiment que l’Internet est une vaste jungle sans règle et sans loi, où les pays, mais aussi des groupes d’intérêt plus ou moins obscurs, se livrent à une sorte de guérilla incompréhensible. Ça n’est pas faux.

Mais pendant ce temps-là, ont lieu d’autres manœuvres qui relèvent d’une diplomatie plus classique. Entre les suites de l’affaire Snowden et le NETmundial qui s’est déroulé à São Paulo en avril dernier, 2014 fut aussi une année intense pour les diplomates numériques du monde entier qui, pendant que nous pianotons inconsciemment sur nos claviers, négocient et œuvrent en permanence aux équilibres de cette nouvelle géopolitique.

Rue89 : Qui, aujourd’hui, gouverne l’internet ?

Research Handbook on Governance of the Internet

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (4/2014). Bertrand de la Chapelle propose une analyse de l’ouvrage dirigé par Ian Brown, Research Handbook on Governance of the Internet (Edward Elgar, 2013, 500 pages).

Cet ouvrage coordonné par Ian Brown arrive à point nommé. En une vingtaine d’essais de qualité rédigés par des experts reconnus, il offre une excellente introduction au concept de « gouvernance internet ».

La gouvernance « de » l’internet traite des ressources partagées permettant à ce dernier de fonctionner et des organisations qui les gèrent. Milton Mueller explore ainsi les défis liés à la distribution des adresses de l’Internet Protocol (adresses IP) dans la perspective du passage à IPv6, et Rolf Weber les enjeux de légitimité et de redevabilité (accountability) des organisations concernées et particulièrement de l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN). Michael Froomkin détaille par ailleurs le nouveau cadre opérationnel (Affirmation of Commitments) de cette organisation.

Le pétrole. Le troisième choc et la malédiction pétrolière

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (4/2014). Julien Brault propose une analyse de l’ouvrage de Benoît Mafféi et Rodolphe Greggio, Le pétrole. Le troisième choc et la malédiction pétrolière (Economica, 2014, 202 pages).

Cet ouvrage étudie la composante pétrolière de la crise qui sévit depuis 2008, « troisième choc » après ceux de 1973 et 1979. Conjoncturellement, Benoît Mafféi et Rodolphe Greggio relient ce choc à la réduction de l’écart de production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et à l’opacité de la production russe. Ses causes de long terme sont, elles, à chercher dans le sous-investissement dans le secteur des pays développés pendant le contre-choc pétrolier (1986-2003), dans la forte hausse de la demande asiatique et dans les crises arabes depuis l’invasion de l’Irak. Ce choc actuel n’entraînera pourtant pas une fin accélérée du pétrole. Les hydrocarbures de l’Arctique et du Groenland, le gaz de schiste et les gaz non conventionnels repousseraient la fin des réserves à 40 ans. Les États-Unis, productifs et offensifs, chercheraient à s’attribuer le maximum de gisements restants. L’Europe, consommatrice et dépendante d’espaces périphériques, prendrait quant à elle le risque de s’arrimer à ces derniers par des liens gaziers renforcés, notamment germano-russes.

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