Le sociologue allemand Ulrich Beck est décédé le 1er janvier 2015. Nous vous proposons de relire la recension de son livre Non à l’Europe allemande. Vers un printemps européen? (Autrement, 2013) parue dans le n°2/2014 de Politique étrangère.
L’universitaire Ulrich Beck semble briser un tabou avec son nouveau livre, qui critique une « Europe devenue allemande ». Sa cible favorite est Angela Merkel, chancelière fédérale réélue au moment de la publication du livre. Liant la théorie du pouvoir de Nicolas Machiavel à sa propre théorie de la société mondiale du risque, il dénonce le « merkiavélisme » dont la légitimité d’action est fondée sur l’urgence d’agir face au risque. La théorie de la « société du risque » avancée par l’auteur est celle d’une modernité échappant à tout contrôle. Il l’applique ici à la crise européenne et à celle de l’euro. Faute d’une gouvernance efficace au niveau européen, les gouvernements capitulent devant la crise et participent à l’avènement de cette Europe allemande « nationalisée ».

Cet ouvrage coordonné par Ian Brown arrive à point nommé. En une vingtaine d’essais de qualité rédigés par des experts reconnus, il offre une excellente introduction au concept de « gouvernance internet ».
Cet ouvrage étudie la composante pétrolière de la crise qui sévit depuis 2008, « troisième choc » après ceux de 1973 et 1979. Conjoncturellement, Benoît Mafféi et Rodolphe Greggio relient ce choc à la réduction de l’écart de production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et à l’opacité de la production russe. Ses causes de long terme sont, elles, à chercher dans le sous-investissement dans le secteur des pays développés pendant le contre-choc pétrolier (1986-2003), dans la forte hausse de la demande asiatique et dans les crises arabes depuis l’invasion de l’Irak. Ce choc actuel n’entraînera pourtant pas une fin accélérée du pétrole. Les hydrocarbures de l’Arctique et du Groenland, le gaz de schiste et les gaz non conventionnels repousseraient la fin des réserves à 40 ans. Les États-Unis, productifs et offensifs, chercheraient à s’attribuer le maximum de gisements restants. L’Europe, consommatrice et dépendante d’espaces périphériques, prendrait quant à elle le risque de s’arrimer à ces derniers par des liens gaziers renforcés, notamment germano-russes.
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