L’Islam, la liberté, la laïcité – Le Crime de la tribu des « il nous a été rapporté »

Cette recension est issue de Politique étrangère 3/2013. Clément Therme propose une analyse des ouvrages de Gamâl al-Banna – L’Islam, la liberté, la laïcité et Le Crime de la tribu des « il nous a été rapporté ». Ouvrages présentés et traduits par Dominique Avon et Amin Elias avec la collaboration d’Abdellatif Idrissi (Paris, L’Harmattan, 2013, 194 pages).

00-al-BannaGamâl al-Banna est un penseur musulman du XXe siècle dont les œuvres étaient, jusqu’à la publication de la traduction de ces deux textes en français, inconnues des lecteurs non arabophones. Avec l’aide d’Abdellatif Idrissi, les historiens Dominique Avon et Amin Elias ont traduit deux textes majeurs de Gamâl al-Banna mais ils ont aussi, dans un premier chapitre introductif, mis en perspective l’itinéraire du jeune frère d’Hassan al-Banna à la fois dans le contexte des débats théologiques internes à l’islam, de sa vie familiale (en relation avec son grand frère mais aussi de ses petits neveux Tariq et Hani Ramadan) et de l’histoire contemporaine de l’Égypte.

Les dynamiques d’éclatement d’Etats dans l’UE: 3 questions à Yves Gounin

Yves Gounin, auteur de l’article sur les dynamiques d’éclatement d’Etats dans l’Union européenne paru dans le n°4/2013 de Politique étrangère, répond à 3 questions en exclusivité pour politique-etrangere.com.

Yves_Gounin 1. Quels problèmes juridiques l’éventuelle accession à l’indépendance de l’Écosse, de la Catalogne ou de la Flandre soulève-t-elle ?

Elle en soulève deux. Le premier est d’ordre interne : il faudra déterminer les droits et obligations des deux États nés de la partition. Cette problématique n’est pas nouvelle (la révolution de velours en Tchécoslovaquie, l’éclatement de l’URSS et de la Yougoslavie). Elle n’est pas traitée dans mon article. Je m’intéresse aux conséquences externes de l’apparition de ces nouveaux États et, en particulier, de leur statut vis-à-vis de l’Union européenne.

2. Ces nouveaux États deviendraient-ils automatiquement membres de l’Union européenne ?

C’est toute la question ! Et elle a des implications politiques redoutables. Car, si des référendums sont organisés, les électeurs les plus hésitants pourraient rechigner à soutenir un processus qui conduirait à la naissance d’un État qui se verrait reléguer hors des frontières de l’Union européenne. Des argumentaires juridiques extrêmement sophistiqués s’échangent, du côté des indépendantistes en faveur de l’adhésion automatique, et du côté des adversaires de l’indépendance au contraire au soutien d’une inévitable – et laborieuse – négociation d’adhésion, similaire à celle que connaissent les pays balkaniques.

3. Ce débat juridique n’a-t-il pas été tranché par la Commission européenne dont le Président a affirmé fin 2012 : « Si une partie d’un territoire d’un Etat membre cessait de faire partie de cet État, les traités ne s’y appliqueraient plus »?

Cette position a pour elle l’implacable force du droit. Elle est aussi dans la logique politique des institutions communautaires, volontiers régionalistes, sans être pour autant indépendantistes.
Ceci étant, la question n’est pas close. Juridiquement d’abord, on peut se demander si le « nouvel ordre juridique de droit international » que constitue l’Union et dont les sujets sont « non seulement les Etats mais également leurs ressortissants » (la formule remonte au célèbre arrêt Van Gend en Loos de la CJCE) ferait bon ménage avec le retrait automatique de la citoyenneté européenne aux Ecossais, aux Catalans et aux Flamands. Politiquement ensuite,  on n’imagine pas que cette question fasse l’objet d’une négociation simultanée de l’indépendance et de l’adhésion à l’union européenne dont la géométrie serait variable selon que seraient en débat des enjeux bilatéraux ou multilatéraux.

L’Allemagne disparaît

Cette recension est issue de Politique étrangère 3/2013. Nele Katharina Wissmann propose une analyse de l’ouvrage de Thilo Sarrazin, L’Allemagne disparaît (Paris, éditions du Toucan, 2013, 520 pages).

00-SarrazinDébut avril 2013, après trois ans d’enquête, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale des Nations unies a conclu que l’Allemagne avait porté atteinte à la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale en refusant une plainte concernant des propos tenus par l’ancien membre du directoire de la Bundesbank et membre du Parti social-démocrate (SPD) Thilo Sarrazin. En 2009, T. Sarrazin avait affirmé dans une interview publiée dans la revue allemande Lettre Internationale [1] que la majorité des Turcs habitant à Berlin n’avaient pas de fonction « productive » hors des petits commerces de légumes.

Oumma. Un grand reporter au Moyen-Orient

Cette recension est issue de Politique étrangère 3/2013. Julie Gommes propose une analyse de l’ouvrage d’Alfred de Montesquiou, Oumma. Un grand reporter au Moyen-Orient (Paris, Seuil, 2013, 432 pages).

00-MontesquiouGrand reporter pour Associated Press, le journaliste Alfred de Montesquiou égrène ses souvenirs en suivant le chemin d’Ibn Battuta, explorateur et voyageur musulman marocain, qui a lui aussi traversé la zone MENA au XIVe siècle. Le journaliste revient d’abord sur le terme « Oumma », issu de « Oum » la mère. Cette « mère patrie » qui va au-delà des frontières d’un seul pays, et rassemble des personnes partageant la même langue, la même religion, la même culture, et un sentiment de solidarité que l’on retrouve parfois dans l’expression « frères arabes ».

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