La “dégauchisation” d’Israël : 3 questions à Samy Cohen

Samy CohenSamy Cohen, directeur de recherche au CERI (Sciences Po), publiera un article sur l’évolution de la scène politique israélienne dans le n° 1/2013 de Politique étrangère. En attendant la parution de cet article, il répond à trois questions, en exclusivité pour politique-etrangere.com.

Dans votre article, vous soutenez que, contrairement à ce qu’on pense souvent, la société israélienne s’est moins “droitisée” que “dégauchisée”. Comment expliquez-vous cette évolution ?

La notion de “droitisation” renvoie d’une part à un déplacement des voix aux élections à la Knesset des partis politiques de gauche vers ceux de droite et d’autre part à l’adhésion aux “valeurs de la droite”. L’acception dominante en Israël fait de la question du conflit israélo-palestinien le principal facteur de distinction entre la gauche et la droite. Il séparerait “colombes”, partisans d’un compromis territorial avec les Palestiniens, et “faucons”, opposés à une telle option.

Finance and the Good Society

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (4/2012). Vincent Bignon propose une analyse de l’ouvrage de Robert J. Shiller, Finance and the Good Society (Princeton, NJ, Princeton University Press, 2012, 304 pages).

Finance and the Good Society est un livre de vulgarisation dans lequel Robert J. Shiller, professeur à l’université de Yale, réfute la responsabilité de la finance dans les problèmes économiques contemporains. La tâche est rude et l’écriture parfois besogneuse. Le plan de l’ouvrage évite d’aborder de front les enjeux posés par le titre, pour préférer une défense par petites touches.

End This Depression Now!

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (4/2012). Norbert Gaillard propose une analyse de l’ouvrage de Paul Krugman, End This Depression Now! (New York, W.W. Norton & Co., 2012, 260 pages).

Le Prix Nobel d’économie 2008 rappelle dès le début de son livre l’importance des enjeux. Les risques de dérive autoritaire, la crainte de voir les générations futures sacrifiées le préoccupent au premier chef. Selon lui, la crise que traversent les pays industrialisés depuis cinq ans trouve en grande partie ses racines dans la dérégulation financière mise en place par l’administration Reagan dans les années 1980. Celle-ci a accentué les inégalités, provoqué une désépargne au sein des classes moyennes et populaires, créé un aléa moral de grande ampleur.

Les Lieux de la mondialisation

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (4/2012). Yves Gounin propose une analyse de l’ouvrage de Denis Retaillé,  Les Lieux de la mondialisation (Paris, Le Cavalier bleu, 2012, 200 pages).

La mondialisation est un défi lancé aux géographes. Comment interpréter un phénomène qui nie les distances et unifie les espaces ? Si, comme l’a affirmé Thomas Friedman, la terre est désormais « plate », s’il faut avec Bertrand Badie constater la « fin des territoires », que reste-t-il de sa géographie ? Denis Retaillé fait partie de cette nouvelle école qui a tenté de relever le défi. Publié aux Presses de Sciences Po en 1992, Le Monde : espaces et systèmes, coécrit avec Marie-Françoise Durand et Jacques Lévy, proposait une lecture d’un monde vu comme une superposition d’échelles d’organisations (l’État, la transaction économique, la distance culturelle, la société-monde).

Page 557 of 607

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén