L’État islamique est-il défait ?

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver 2023 de Politique étrangère (n° 4/2023). Denis Bauchard, conseiller pour le Moyen-Orient à l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de Myriam Benraad, L’État islamique est-il défait ? (CNRS Éditions, 2023, 128 pages).

Depuis la prise de Mossoul puis de Raqqa en 2017, l’État islamique (EI) s’est sensiblement évaporé de l’actualité : à part quelques attentats ou événements comme l’évasion massive de djihadistes de la prison d’Hassaké en Syrie en janvier 2022, l’EI a peu fait parler de lui. Battu militairement, le proto-État bâti à cheval sur la Syrie et l’Irak a disparu. Ses chefs successifs ont été éliminés, ses structures démantelées. Ceci signifie-t‑il qu’il ne constituerait plus une menace, pour les pays dans lesquels il s’est implanté ou pour les pays extérieurs, notamment l’Europe ?

Pourquoi l’économie russe ne s’est pas effondrée ?

Dans un article publié aujourd’hui dans Le Figaro, la journaliste Clara Galtier analyse les raisons pour lesquelles l’économie russe ne s’est pas effondrée malgré la guerre d’Ukraine. Elle cite à ce titre l’article de Vladislav Inozemtsev, « Guerre d’Ukraine : où en est l’économie russe ? », publié dans le n° 4/2023 de Politique étrangère.

Malgré le régime strict de sanctions, la Russie continue de déjouer les prédictions négatives. Elle devrait connaître une croissance de 2,6 % en 2024 selon le Fonds monétaire international (FMI).

Même les prévisions officielles du Kremlin ne sont pas si optimistes. Le FMI vient de fortement réviser à la hausse ses prévisions économiques pour la Russie en 2024, de 1,1 % à 2,6 % (contre 1,5 % au maximum pour la Banque centrale russe). Ces nouvelles estimations surviennent alors que l’économie russe s’est redressée plus tôt que prévue, avec un rebond en 2023 estimé autour de 3 %, là où de nombreux économistes prédisaient encore une récession. […]

« Je pense que le FMI est impressionné par la résilience de l’économie russe et améliore son propre pronostic en prévoyant le maintien de deux facteurs : celui des dépenses militaires à un niveau élevé qui stimulent l’ensemble de la consommation et des prix stables pour les hydrocarbures russes, donc des revenus budgétaires importants », analyse Tatiana Kastoueva-Jean, directrice du centre Russie/Eurasie à l’Ifri.

L’épicentre de la croissance réside dans l’industrie. L’État a massivement investi dans le complexe militaro-industriel. Entre 35 % et 50 % de la croissance – selon les sources – s’expliquent par la production de commandes liées à la guerre. L’industrie manufacturière est en pleine accélération. L’économie de guerre et la hausse des dépenses publiques ont permis de soutenir les revenus des ménages. Les salaires réels (donc déduits de l’inflation) ont augmenté de 13,3 % en mai 2023 sur un an, selon l’économiste russe en exil Vladislav Inozemtzev, auteur d’un article dans Politique étrangère. De quoi entretenir la consommation même si de fortes disparités existent. Le Kremlin a en outre distribué des soutiens aux familles des militaires sur le front et les ouvriers dans la défense, des aides qui touchent entre quatre et cinq millions de foyers. […]

[CITATION] L’Égypte et ses crises : too big to fail ?

Lisez l’article de Joseph Salama ici.

Retrouvez le sommaire du numéro 4/2023 de Politique étrangère ici.

Reinventing the Supply Chain

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver 2023 de Politique étrangère (n° 4/2023). Sébastien Jean, directeur associé de l’Initiative géoéconomie et géofinance de l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de Jack Buffington, Reinventing the Supply Chain: A 21st-Century Covenant with America (Georgetown University Press, 2023, 170 pages).

Ce livre s’ouvre sur le constat navré de la désindustrialisation des États-Unis et des faiblesses et fragilités qui en découlent, révélées notamment par la pandémie de Covid-19. L’économie mondiale est ici considérée au travers de la supply chain, que l’on ose à peine traduire par chaîne d’approvisionnement tant on sent la portée presque incantatoire du terme aux yeux de l’auteur, dont la vie professionnelle est précisément centrée autour de son organisation et de sa gestion. Et celui-ci de déplorer l’évolution de l’économie américaine depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui l’a vue se désindustrialiser progressivement au profit d’autres pays (« les Américains ne veulent plus se salir les mains en fabriquant des produits qui peuvent être produits moins cher dans d’autres pays »), se transformant en pays obsédé par la consommation et la rentabilité financière mais négligeant la production.

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