Interview : 3 questions à John Seaman

Chercheur au Centre Asie de l’Ifri, John Seaman a écrit l’article « Minerais critiques : une diversification problématique » dans le n° 4/2023 de Politique étrangère. Il répond ici en exclusivité à 3 questions pour politique-etrangere.com.

1. De quelles manières la transition énergétique bouleverse-t-elle la géopolitique des matières premières ?

D’abord, il faut noter l’effet de la demande – une plus grande quantité pour une plus grande diversité de matières premières – essentiellement des métaux. Les technologies de la transition énergétique – éoliennes, panneaux solaires, véhicules électriques, systèmes à hydrogène – font déjà appel à une grande diversité de métaux, dont le lithium, le cobalt, le nickel ou le graphite pour les batteries, le néodyme ou le dysprosium (qui font partie du groupe dit des « terres rares ») pour les aimants permanents, et même des métaux de base comme le cuivre, nécessaire en grandes quantités pour soutenir une électrification massive. La demande pour ces matières premières augmente déjà et va vraisemblablement continuer de s’accroître de manière exponentielle dans les années à venir – de l’ordre de 40 fois pour certaines matières comme le lithium.

Plus la transition énergétique s’accélère – avec celle du numérique en parallèle –, plus on bascule d’un âge des hydrocarbures vers un nouvel âge des métaux, créant de nouvelles relations de dépendance et de nouveaux jeux de pouvoir. Il est clair que certains pays sont mieux lotis que d’autres : l’Indonésie avec ses réserves de nickel ; le Chili, l’Argentine ou même le Mexique avec des sources de lithium ; la République démocratique du Congo avec le cobalt ; ou encore des pays comme l’Australie et le Canada qui bénéficient de richesses minérales importantes dans leurs sous-sols.

[CITATION] Guerre d’Ukraine : où en est l’économie russe ?

Lisez l’article de Vladislav Inozemtsev ici.

Retrouvez le sommaire du numéro 4/2023 de Politique étrangère ici.

Belarus in Crisis

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver 2023 de Politique étrangère (n° 4/2023). Catherine Iffly propose une analyse de l’ouvrage de Paul Hansbury, Belarus in Crisis: From Domestic Unrest to Russia-Ukraine War (Hurst, 2023, 304 pages).

Cet ouvrage, qui analyse synthétiquement l’histoire, l’économie, la politique et les relations extérieures de la Biélorussie, foisonne en réflexions pointues et captivantes – un livre particulièrement intéressant dans le contexte actuel.

Les analyses nuancées de l’auteur nous permettent de comprendre la crise politique d’août 2020 et ses conséquences majeures, pour le pays ainsi que pour l’équilibre régional et européen. Il explique la genèse des changements qui se sont exprimés dans les urnes et les protestations de rue qui ont suivi la proclamation par les autorités de la victoire du président Loukachenko dès le premier tour.

Parties, Political Finance, and Governance in Africa

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver 2023 de Politique étrangère (n° 4/2023). Sina Schlimmer, chercheuse au Centre Afrique subsaharienne de l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de Rachel Sigman, Parties, Political Finance, and Governance in Africa: Extracting Money and Shaping States in Benin and Ghana (Cambridge University Press, 2023, 332 pages).

La corruption et le détournement de fonds publics, conséquences d’une « mauvaise gouvernance » et d’institutions étatiques « faibles », s’invitent régulièrement dans les débats de profanes sur l’Afrique. L’utilisation privative ou politique de ressources étatiques est souvent traitée comme une vérité générale sur les soi-disant dysfonctionnements des systèmes politiques du continent africain.

Page 84 of 585

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén