Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (3/2014). Alain Antil propose une analyse de l’ouvrage d’Achille Mbembe, Critique de la raison nègre (La Découverte, 2013, 268 pages).

Cet ouvrage est le dernier opus d’une trilogie sur le politique en Afrique subsaharienne et la place du continent dans le monde, après De la postcolonie. Essai sur l’imagination politique en Afrique (Karthala, 2000) et Sortir de la grande nuit. Essai sur l’Afrique décolonisée (La Découverte, 2010).
Le présent essai déroutera ceux qui ne connaissent pas l’auteur : profond, touffu, avec une belle intensité d’écriture, il s’emploie à décrire la place paradoxale de l’Afrique dans le monde d’aujourd’hui, en revenant sur la figure du « nègre », réceptacle de toutes les représentations européennes de l’Afrique et de l’homme noir.
Longtemps le maintien de la paix fut le monopole des casques bleus de l’Organisation des Nations unies (ONU), dûment mandatés pour surveiller un cessez-le-feu ou mettre en œuvre un accord de paix. Aujourd’hui, les missions se sont enrichies et les acteurs multipliés : l’Union africaine (UA), l’Union européenne (UE), les organisations sous-régionales – Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) –, les États africains ou extra-africains, etc. Spécialistes des questions de sécurité, Thierry Tardy et Marco Wyss le montrent, en présentant l’Afrique comme un « laboratoire du maintien de la paix ».

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