Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2020).
Hugo Le Picard, chercheur au Centre Énergie de l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de Alice C. Hill et Leonardo Martinez-Diaz, Building a Resilient Tomorrow: How to Prepare for the Coming Climate Disruption (Oxford University Press, 2019, 256 pages).

Alice C. Hill est senior fellow au Council on Foreign Relations, think tank américain dédié aux questions de politique étrangère. Leonardo Martinez-Diaz est directeur du Centre pour la finance durable à l’Institut des ressources mondiales (World Resources Institute, WRI), think tank américain spécialisé dans les questions de protection environnementale. Ils ont tous deux eu des responsabilités dans l’administration Obama où ils ont travaillé essentiellement sur les questions d’atténuation du réchauffement climatique ou d’adaptation à ce réchauffement. Les deux auteurs reviennent ici sur l’enjeu essentiel de la résilience de nos sociétés modernes face au changement du climat.


C’est avant tout d’une question éthique et idéologique dont s’inquiètent les auteurs de cet ouvrage. Ils récusent l’idée que la nature puisse faire l’objet d’une forme de commerce et confrontent le lecteur à différentes questions. Comment recréer la nature quand elle a été détruite ? Quelle autorité pour légiférer en matière d’environnement ? Quel rôle pour les politiques publiques ? Il amène le lecteur à percevoir les stratégies de greenwashing, comme l’aboutissement d’un mouvement idéologique néolibéral de grande ampleur. Pourtant, ces stratégies pourraient également être perçues comme une réaction des multinationales face à leur propre survie d’« espèce menacée ».
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