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L’urgence européenne

Cette recension a été publiée dans le numéro d’automne 2021 de Politique étrangère (n° 3/2021). Dominique David propose une analyse de l’ouvrage de Stephan Martens, L’urgence européenne. Éloge de l’engagement franco-allemand (Presses universitaires de Bordeaux, 2021, 128 pages).

Entre les zélateurs enamourés du « couple » et les dénonciateurs de l’imperium allemand, Stephan Martens nous offre une analyse informée et exigeante du binôme franco-allemand.

L’analyse est nécessaire, car sous les infinies proclamations d’attachement l’impasse est nette. Nul binôme d’États au monde n’a mis sur pied des procédures de coopération aussi poussées – et pourtant les grands choix politiques s’effectuent pour chacun dans la quiétude unilatérale. Le binôme est différemment perçu à Paris et à Berlin – ici plus sèchement, là plus sentimentalement. Et ses fondements sont affectés par le cours même de l’histoire, qui touche en même temps les bases de la construction européenne : la mémoire de la Seconde Guerre mondiale s’estompe – au premier chef pour des dirigeants qui ne l’ont pas connue – comme les exigences nées de la fin de la guerre froide.

Franco-German Relations Seen from Abroad

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été 2021 de Politique étrangère (n° 2/2021). Paul Maurice, chercheur au Comité d’études des relations franco-allemandes (Cerfa) de l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage dirigé par Nicole Colin et Claire Demesmay, Franco-German Relations Seen from Abroad: Post-War Reconciliation in International Perspectives (Springer, 2020, 242 pages).

La question centrale est ici de savoir si la réconciliation franco-allemande, perçue comme une évidence après 1945 dans les deux pays, avec une valeur symbolique forte dans le monde entier, peut s’appliquer à d’autres situations de conflits. Nicole Colin, professeur à l’université Aix-Marseille et Claire Demesmay, qui dirige le programme France/Relations franco-allemandes de l’Institut allemand de politique étrangère (DGAP) examinent les perceptions « externes » de la relation franco-allemande, à la fois dans une perspective historique et comme moteur d’intégration régionale. Les différentes contributions cherchent à montrer si, et comment, la réconciliation et la coopération franco-allemandes sont perçues comme un modèle dans d’autres régions.

Frankreich und Deutschland: Yin und Yang der EU-Reform

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver 2020-2021 de Politique étrangère (n° 4/2020). Hans Stark, ancien secrétaire général du Cerfa à l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage dirigé par Joachim Lange et Henrik Uterwedde, Frankreich und Deustchland: Yin und Yang der EU-Reform  (Nomos Verlag, 2019, 200 pages).

Le 18 mai 2020, le gouvernement allemand provoquait une surprise générale en annonçant avec son partenaire français un plan de relance de 500 milliards d’euros, empruntés par l’Union européenne (UE). Avec cette initiative, partiellement diluée au Conseil européen du mois de juillet, l’Allemagne acceptait le principe d’une mutualisation des dettes européennes – même si elle soulignait par la suite qu’il s’agissait d’une mesure exceptionnelle rendue nécessaire par le contexte de la crise sanitaire et la crise économique qu’elle a déclenchée. Pourtant, s’il s’agit bien d’un véritable tournant dans la politique allemande en matière de gouvernance de la zone euro, il ne s’explique évidemment pas par la seule crise sanitaire.

France-Allemagne : entente et mésententes

La rédaction de Politique étrangère vous offre à (re)lire des textes qui ont marqué l’histoire de la revue. Nous vous proposons aujourd’hui un article de Hans Stark, alors secrétaire général du Comité d’études des relations franco-allemandes (Cerfa) de l’Ifri, intitulé « France-Allemagne : entente et mésententes », et publié dans le numéro 4/1993 de Politique étrangère.

Le 1er novembre 1993, le traité de Maastricht entre en vigueur — la Communauté européenne devient l’« Union européenne ». Cette date résume à elle seule l’importance de la coopération franco- allemande, sans laquelle l’« Union » des Européens de l’Ouest n’aurait pas vu le jour. N’est-ce pas sur une initiative Mitterrand-Kohl que Bonn et Paris ont saisi, le 19 avril 1990, la Communauté d’un projet politique et reçu son aval pour la mise en place d’une seconde conférence intergouvernementale, en plus des travaux économiques et monétaires, prévus par les Douze dans le cadre de l’Acte unique ? De même, n’est-ce pas grâce à une impulsion supplémentaire, donnée par la lettre commune de François Mitterrand et Helmut Kohl, le 6 décembre 1990, que le Conseil européen a approuvé, le 16 décembre 1990, le projet de deux conférences intergouvernementales élaborant parallèlement les bases d’une Union à la fois économique et politique, dotée — à la demande de Paris et de Bonn — d’une « politique étrangère et de sécurité commune » ? Enfin, les traits principaux de la future PESC, n’ont-ils pas été exposés par Roland Dumas et Hans-Dietrich Genscher, le 4 février 1991, lors de la première réunion intergouvernementale sur l’Union politique ?

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