Catégorie : Revue des livres Page 139 of 286

Les comptes rendus de lecture publiés dans PE

The Eye of War

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2019). Rémy Hémez propose une analyse de l’ouvrage d’Antoine Bousquet, The Eye of War: Military Perception from the Telescope to the Drone (University of Minnesota Press, 2018, 272 pages).

Antoine Bousquet est maître de conférences en relations internationales au Birkbeck College (université de Londres). Dans ce nouveau livre, il analyse les interactions entre innovations technologiques et transformations de l’art de la guerre, en s’intéressant plus spécifiquement à la généalogie d’un « rêve guerrier persistant » : voir sans être vu, tuer à distance, « conjuguer vision et annihilation ». Pour l’auteur, cette chimère n’est pas loin de se concrétiser. La transparence totale du champ de bataille demeure pour le moment inaccessible, mais une convergence entre perception et destruction s’est réalisée, le drone armé n’en étant que la face la plus visible.

Sortir du chaos

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2019). Frédéric Charillon propose une analyse de l’ouvrage de Gilles Kepel, Sortir du chaos. Les crises en Méditerranée et au Moyen-Orient (Gallimard, 2018, 536 pages).

Peut-on trouver un fil conducteur, une grille de lecture, pour les multiples drames qui agitent Moyen-Orient et Méditerranée depuis plusieurs décennies ? C’est le défi auquel s’attèle Gilles Kepel dans son dernier ouvrage, continuant d’élargir la focale de son regard sur la région. Après des travaux de référence sur l’islamisme politique et son passage à la violence (Le Prophète et le Pharaon, 1984 ; Terreur sur l’Hexagone en 2015 ; ou encore Jihad en 2000 ou Terreur et Martyr en 2008), et de nombreux périples, nourris d’entretiens plus géopolitiques, déjà amorcés dans Passion arabe (2013), l’auteur nous livre son diagnostic sur les évolutions en cours, s’appuyant sur ses analyses antérieures, confirmées ou amendées.

Who Fights for Reputation

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2019). Jérôme Marchand propose une analyse de l’ouvrage de Keren Yarhi-Milo, Who Fights for Reputation: The Psychology of Leaders in International Conflict (Princeton University Press, 2018, 376 pages).

Cet ouvrage scientifique, dense et concis, s’interroge sur ce qui conduit certains dirigeants politiques de haut niveau à solliciter la puissance militaire pour préserver leur réputation internationale. Privilégiant l’approche psychologique, le texte se démarque des travaux menés en amont, et se concentre sur les préoccupations d’image, les techniques de présentation de soi et les tactiques de maintien de la face utilisées en situation d’interaction potentiellement ou effectivement « statut-morphe », ainsi que les explications auto-justificatives des décideurs soucieux de projeter une apparente détermination en période de crise. Les lecteurs du sociologue Erving Goffman (absent de l’index mais présent dans l’appareil de notes) apprécieront. Ceux de Robert Jervis aussi.

The Hell of Good Intentions

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2019). Mathias Girard propose une analyse de l’ouvrage de Stephen M. Walt, The Hell of Good Intentions: America’s Foreign Policy Elite and the Decline of the U.S. Primacy (Farrar, Straus and Giroux, 2018, 400 pages).

Décrypter de manière critique la politique étrangère américaine depuis la fin de la guerre froide en adoptant une approche structurée et progressive, voilà l’objectif que se donne le néo-réaliste Walt.

Il évalue tout d’abord l’ampleur de l’échec des administrations post-guerre froide, Clinton, Bush Jr. et Obama. Il constate le passage d’une Amérique comme puissance unipolaire possédant un immense soft power, à un monde multipolaire, où les valeurs libérales sont contestées et où la réputation des États-Unis est entachée par ses politiques, au Moyen-Orient notamment.

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