Catégorie : Revue des livres Page 140 of 286

Les comptes rendus de lecture publiés dans PE

Cyber. La guerre permanente

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2019). Marc Hecker,  rédacteur en chef de Politique étrangère et chercheur au Centre des études de sécurité de l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de Jean-Louis Gergorin et Léo Isaac-Dognin, Cyber. La guerre permanente (Éditions du Cerf, 2018, 322 pages).

La thèse défendue par Jean-Louis Gergorin – ancien vice-président d’EADS – et Léo Isaac-Dognin – consultant en transformation numérique – s’exprime clairement dans le titre de l’ouvrage : le cyberespace est le théâtre d’une guerre permanente. Les auteurs prennent ainsi le contre-pied du titre d’un ouvrage de Thomas Rid publié en 2013 : Cyber War Will Not Take Place. Comme Thomas Rid, ils étudient plus spécifiquement trois composantes de la guerre : l’espionnage, le sabotage et la subversion. Mais ils ne définissent pas la cyberguerre de la même manière.

The Cauldron: NATO’s Campaign in Libya

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère
(n° 2/2019)
. Jean-Christophe Noël, chercheur associé au Centre des études de sécurité de l’Ifri,  propose une analyse de l’ouvrage de Rob Weighill et Florence Gaub, The Cauldron: NATO’s Campaign in Libya (Hurst, 2018, 240 pages).

Voici un livre qui décrit la genèse, le déclenchement et la conduite de l’opération Unified Protector menée en 2011 par l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) au-dessus et au large de la Libye. Suite au soulèvement d’une partie de la population libyenne, cette opération avait pour but d’assurer la mise en œuvre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies. Rappelons que cette résolution prévoyait la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne dans le ciel de la Libye, et l’usage de tous les moyens nécessaires pour protéger les populations civiles, à l’exception de forces d’occupation étrangères.

Partisans et centurions. Une histoire de la guerre irrégulière au XXe siècle

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2019). Rémy Hémez,  propose une analyse de l’ouvrage d’Élie Tenenbaum, chercheur et coordonnateur du Laboratoire de Recherche sur la Défense (LRD) à l’Ifri, Partisans et centurions. Une histoire de la guerre irrégulière au XXe siècle (Perrin, 2018, 528 pages). Cet ouvrage a été récompensé par le prix Émile Perreau-Saussine en mai 2019.

En publiant une version remaniée de sa thèse de doctorat, Élie Tenenbaum, coordonnateur du Laboratoire de Recherche sur la Défense (LRD) de l’Ifri, nous plonge dans une passionnante histoire de la guerre irrégulière. Il définit cette forme de guerre comme prenant le contre-pied de la modernité occidentale : « Là où la guerre régulière met en avant la puissance de feu et les formations linéaires, la guerre irrégulière lui préfère la mobilité, le combat de tirailleurs et la guérilla » ; elle mêle combattants et non-combattants, ne respecte pas un ordre international fondé sur les États, et ses partisans ont une motivation politique qui les distingue des soldats.

Geopolitics of Artificial Intelligence

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère
(n° 2/2019)
. Julien Nocetti, chercheur spécialiste des questions numériques à l’Ifri, propose une analyse croisée des ouvrages de Abishur Prakash, Geopolitics of Artificial Intelligence (2018) et Kai-Fu Lee, AI Superpowers: China, Silicon Valley, and the New World Order (Houghton Mifflin Harcourt, 2018).

Le message porté par les auteurs de ces deux ouvrages est similaire : l’Intelligence artificielle (IA) s’apprête à refaçonner l’ordre mondial né de la Seconde Guerre mondiale.

Ingénieur reconnu et expert de l’IA, ancien responsable de Google en Chine, aujourd’hui investisseur, Kai-Fu Lee avance que la Chine s’est lancée dans une démarche implacable de leadership dans la plupart des disciplines de l’IA. Il relève que les États-Unis et la Chine ont pris une avance considérable dans ce secteur, au point que la technologie participe d’un début de re-bipolarisation des relations internationales, entre la volonté des États-Unis de maintenir leur suprématie technologique, et l’ambition de Pékin de défier et surpasser cette primauté.

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