Catégorie : Revue des livres Page 151 of 286

Les comptes rendus de lecture publiés dans PE

The Long Hangover: Putin’s New Russia and the Ghosts of the Past

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°3/2018). Céline Marangé propose une analyse de l’ouvrage de Shaun Walker, The Long Hangover: Putin’s New Russia and the Ghosts of the Past (Oxford University Press, 2018, 288 pages).

Voici un essai sur le poids de l’histoire en Russie et en Ukraine. Son auteur s’interroge sur les « fantômes du passé » (la « longue gueule de bois »…) qui hantent les mémoires et tourmentent les vivants : les ivresses idéologiques et les excès de violence du XXe siècle taraudent encore les consciences. Correspondant du Guardian à Moscou, Shaun Walker cherche moins à développer une argumentation serrée qu’à rassembler des témoignages évocateurs. D’une plume alerte, il brosse une succession de portraits qui composent un tableau d’ensemble.

Directorate S: The C.I.A and America’s Secret Wars in Afghanistan and Pakistan

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°3/2018). Jérôme Marchand propose une analyse de l’ouvrage de Steve Coll, Directorate S: The C.I.A and America’s Secret Wars in Afghanistan and Pakistan (Allen Lane, 2018, 784 pages).

Ghost Wars, publié en 2004 et récompensé par le Pulitzer, avait permis au journaliste Steve Coll de démontrer l’étendue de son talent. Ce livre-ci reprend et complète le récit. Il s’agit de comprendre pourquoi l’intervention américaine en Afghanistan s’est transformée en intensificateur de tensions géopolitiques. Prenant ses distances vis-à-vis des narratifs concentrant le blâme sur George W. Bush et sa garde rapprochée, l’ouvrage contient des passages très critiques à l’encontre de la bureaucratie militaire américaine.

The Price of Prestige

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°3/2018). Guilhem Penent propose une analyse de l’ouvrage de Lilach Gilady, The Price of Prestige: Conspicuous Consumption in International Relations (University of Chicago Press, 2018, 232 pages).

Depuis plusieurs années, un certain nombre d’internationalistes venus d’horizons théoriques variés (réalisme, constructivisme, etc.) travaillent à remettre au goût du jour la notion classique de prestige. Deux tendances se dessinent : ou les efforts visent trop haut et prétendent expliquer toutes les relations internationales (RI), ou ils visent trop bas et se révèlent n’être tout au mieux qu’un recueil d’anomalies et de curiosités. Le concept de prestige est difficile à opérationnaliser et à mesurer. Marginalisé par les théories dominantes en RI, il est aussi sous-théorisé, victime d’attributs à la fois compétitifs, hiérarchiques et sociaux qui le placent dans un entre-deux paradigmatique inconfortable. À cela, on ajoutera la réticence des acteurs à justifier leurs politiques par une référence explicite au prestige, impliquant de s’appuyer sur une méthodologie et des évaluations indirectes.

La Tentation du repli

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°3/2018). Dominique David, rédacteur en chef de Politique étrangère,  propose une analyse du dernier ouvrage de Philippe Moreau Defarges, La Tentation du repli. Mondialisation, démondialisation (XVe-XXIe siècles) (Odile Jacob, 2018, 248 pages).

Il y a trois thèses dans cet essai. La première : l’histoire du monde moderne est celle d’une ouverture, et d’un élargissement, constants, même si contrariés par l’événementiel des conflits et des reculs. La deuxième : l’élargissement et ses reflux forment un couple insécable, action-réaction naturelles, le deuxième n’étant qu’un soubresaut ne contrariant pas l’ouverture de fond. La troisième : la mondialisation actuelle a déjà modifié le monde, même si semblent s’opposer à elle de lourds acteurs étatiques.

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