Catégorie : Revue des livres Page 156 of 286

Les comptes rendus de lecture publiés dans PE

Liberalism and the Welfare State

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2018). Norbert Gaillard propose une analyse de l’ouvrage dirigé par Roger E. Backhouse, Bradley W. Bateman, Tamotsu Nishizawa et Dieter Plehwe, Liberalism and the Welfare State: Economists & Arguments for the Welfare State (Oxford University Press, 2017, 264 pages).

Ce brillant ouvrage collectif analyse les liens – plus complexes qu’il n’y paraît – entre libéralisme et État-providence dans trois grands pays développés : Royaume-Uni, Allemagne et Japon.

Le premier chapitre, consacré au Royaume-Uni, rappelle que ce sont les gouvernements libéraux de Henry Campbell-Bannerman et Herbert Asquith (1905-1916) qui lancent les grandes mesures en faveur des retraités, des travailleurs et des chômeurs. À partir de l’entre-deux-guerres cependant, la tradition libérale se scinde en deux grands courants intellectuels irréconciliables.

Avec les compliments du guide

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2018). Jérôme Marchand propose une analyse de l’ouvrage de Fabrice Arfi et Karl Laske, Avec les compliments du guide. Sarkozy-Kadhafi, l’histoire secrète (Fayard, 2017, 400 pages).

Avec les compliments du guide propose une série de vignettes sur les réseaux d’influence opérant au sommet de l’État français et connectant les rôles stratégiques aux mouvances exogènes susceptibles de leur assurer un avantage quelconque. Immédiat ou différé. L’enquête s’articule en cinq parties, avec 39 chapitres plus ou moins longs.

Elle évoque d’abord les rapprochements entre l’équipe de Nicolas Sarkozy et le régime libyen durant la période 2002-2006. Viennent ensuite des développements plus pointus, portant sur la campagne présidentielle de 2007, les démonstrations d’hospitalité subséquentes et leurs projections sous-jacentes, le retournement de situation de 2010-2011, ainsi que les pressions et contre-pressions auxquelles se livrent certains acteurs confrontés aux questionnements à éclipses de la justice française.

Le soldat. XXe-XXIe siècle

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère
(n° 2/2018)
. Le lieutenant-colonel Serge Caplain, chercheur au sein du Laboratoire de Recherche sur la Défense (LRD) de l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage dirigé par François Lecointre, Le soldat. XXe-XXIe siècle (Gallimard, 2018, 448 pages).

Quelle est l’essence même du métier de soldat ? Qu’est-ce qui unit ou dissocie le combattant de Camerone et le militaire français engagé aujourd’hui dans l’opération Sentinelle ? C’est en un sens la question posée par cet ouvrage, recueil de textes issus de la revue Inflexions. Cette revue a l’ambition de « participer au débat intellectuel autour de problématiques centrées sur l’action militaire », en associant « praticiens et théoriciens, français et étrangers, civils et militaires ». C’est ainsi que les témoignages et réflexions de 18 auteurs – philosophes, historiens, sociologues, médecins et officiers – ont été réunis dans cet ouvrage sous la direction du général François Lecointre, aujourd’hui chef d’État-major des armées.

L’islamisme au pouvoir

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2018). Héloïse-Anne Heuls propose une analyse de l’ouvrage d’Anne-Clémentine Larroque, L’islamisme au pouvoir. Tunisie, Égypte, Maroc (PUF, 2018, 256 pages).

Dans une analyse tripartite, l’auteur décortique les mutations d’une idéologie protéiforme aspirée par des velléités de gouvernance. En Égypte, après avoir été porté par les urnes, le Parti Liberté et Justice (PLJ) issu des Frères musulmans, est chassé du pouvoir, entraînant en 2013 la chute de Mohamed Morsi un an seulement après sa consécration. Au Maroc, si le Royaume n’a que peu vacillé devant les mécontentements de la rue, le Parti Justice et Développement (PJD) remporte les élections législatives en 2011. Si le roi Mohammed VI semble céder, c’est sans doute pour mieux soumettre une formation largement influencée par les cercles égyptiens. Enfin en Tunisie, la fuite de Ben Ali et la chute du pouvoir permettent en octobre 2011 aux islamistes du parti Ennahda d’accéder aux portes de l’État. Une victoire idéologique et symbolique qui se nuance de fortes négociations affaiblissant le mouvement.

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