Catégorie : Revue des livres Page 226 of 290

Les comptes rendus de lecture publiés dans PE

Les mémoires de Lee Kuan Yew

À la suite du décès de Lee Kuan Yew, nous vous proposons de relire la recension des mémoires de l’ancien Premier ministre de Singapour, From Third World to First: The Singapore Story, parue dans le n°1/2001 de Politique étrangère.

Lee Kuan Yew, père fondateur et parrain intègre de la République de Singapour, dont le PNB par habitant, sous son égide, est passé de 400 dollars en 1959 à 30 000 dollars en 1999, nous donne le second volume de ses mémoires deux ans après le premier, qui s’arrêtait en 1965. L’auteur poursuit son récit jusqu’en l’an 2000 sous le titre Du Tiers monde au premier, résumant de façon justifiée les progrès accomplis.

On trouvera dans ce gros volume un jaillissement bouillonnant d’anecdotes, d’intrigues, de dévoilements et de jugements sans appel sur les chefs d’État et leurs services secrets avec lesquels il s’est mesuré, avant et après la fin de l’empire britannique, dans une perpétuelle noria de rencontres officielles le plus souvent secrètes. Lire la suite sur Persée.

Le Syndrome pakistanais

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (4/2014). Daniel Jouanneau propose une analyse de l’ouvrage de Christophe Jaffrelot, Le Syndrome pakistanais (Fayard, 2013, 658 pages).

Comme l’ouvrage collectif qu’il avait dirigé en 2000 (Le Pakistan, Fayard), il faut saluer Le Syndrome pakistanais de Christophe Jaffrelot, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique et ancien directeur du Centre d’études et de recherches internationales de Sciences Po, l’un de nos meilleurs spécialistes de l’Asie du Sud : ce livre d’un très grand intérêt sera à son tour un ouvrage de référence.

L’auteur nous donne les clés dont nous avons besoin pour bien comprendre le Pakistan d’aujourd’hui : un pays de 180 millions d’habitants, le sixième État le plus peuplé du monde, le deuxième du monde musulman. Son livre nous ramène aux fondamentaux : genèse et séquelles de la partition entre l’Inde et le Pakistan, ambiguïtés de ses fondateurs, question centrale de l’identité pakistanaise, rôle politique des militaires, place de l’islam sous ses diverses formes, impact du conflit afghan, expansion du terrorisme.

Le dossier noir de la relation franco-syrienne

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (1/2015).  Denis Bauchard propose une analyse croisée de : Georges Malbrunot et Christian Chesnot, Les Chemins de Damas. Le dossier noir de la relation franco-syrienne (Robert Laffont, 2014, 390 pages) et de Frédéric Pichon, Syrie. Pourquoi l’occident s’est trompé (Éditions du Rocher, 2014, 132 pages).

Ces deux ouvrages viennent à leur heure. Alors que se développent les interrogations sur la pertinence des choix des États-Unis et de l’Europe à l’égard du régime de Bachar Al-Assad, ils permettent de mieux comprendre les raisons pour lesquelles la politique menée en particulier par la France se trouve dans une impasse.

Le premier ouvrage, très documenté, s’attache à analyser, pour la période qui s’étend de 1981 à aujourd’hui, l’évolution des relations bilatérales entre Paris et Damas. Ce qui frappe, à sa lecture, est le caractère dense, difficile et heurté de ces relations, qui sont passées par des hauts et des bas, souvent de façon brutale.

Rwanda : lectures croisées

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (4/2014). Yves Gounin propose une analyse croisée de : Jean-Pierre Chrétien et Marcel Kabanda, Rwanda. Racisme et génocide: L’idéologie hamitique (Belin, 2013, 384 pages) ; Benoît Collombat et David Servenay, « Au nom de la France ». Guerres secrètes au Rwanda (La Découverte, 2014, 310 pages) ; et Jean Hatzfeld, Englebert des collines (Gallimard, 2014, 112 pages).

AuNomdelaFranceTrois ouvrages qui traitent du Rwanda, selon trois angles d’approche très différents et pourtant complémentaires.

Le livre de Jean-Pierre Chrétien et Marcel Kabanda est le plus austère. Il traite moins du génocide proprement dit – que les précédents écrits de ces deux auteurs ont déjà largement documenté – que de l’idéologie qui y a conduit. L’idéologie hamitique postule l’existence de deux races noires : d’un côté les « nègres » descendants de Cham, dont les Hutus font partie ; de l’autre des sémito-hamites, « faux nègres » qui, venus du Moyen-Orient, auraient migré au cœur de l’Afrique tout en y gardant des traits distinctifs, et auxquels appartiennent les Tutsis. Cette idéologie hamitique a eu la vie dure puisque, forgée à l’époque coloniale, elle a été reprise à l’indépendance par les Rwandais. Chrétien et Kabanda dénoncent la persistance dans le temps de cette grille de lecture racialiste.

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