Catégorie : Revue des livres Page 226 of 286

Les comptes rendus de lecture publiés dans PE

Nulle part où se cacher

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (4/2014). Julien Nocetti, qui a coordonné le dossier « Internet : une gouvernance inachevée » de ce numéro, propose une analyse de deux ouvrages : Glenn Greenwald, Nulle part où se cacher (J.-C. Lattès, 2014, 360 pages) ; et Antoine Lefébure, L’affaire Snowden. Comment les États-Unis espionnent le monde (La Découverte, 2014, 276 pages).

Le premier ouvrage est important, puisque rédigé par un acteur majeur de l’« affaire Snowden », le journaliste et blogueur américain Glenn Greenwald, spécialiste des questions de surveillance. Sa thèse : les États, au nom d’une menace terroriste en partie instrumentalisée après le 11 septembre, ont édifié une toile de surveillance mondiale et imposé une idéologie sécuritaire.

Le premier chapitre se révèle savoureux : du premier contact avec Edward Snowden – long à se concrétiser en raison de la réticence de l’auteur à se servir d’outils de cryptage –, à la rencontre dans un hôtel de Hong Kong, Rubik’s cube en main dans une ambiance de polar, le lecteur sent la tension progressivement monter. Le Guardian est plutôt soupçonneux au départ vis-à-vis des réelles motivations du lanceur d’alerte. Pendant plusieurs jours, Greenwald décortiquera les milliers de fichiers de la National Security Agency (NSA) américaine avant de les révéler au compte-gouttes. Les scoops s’enchaîneront :

Critique de la raison nègre

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (3/2014). Alain Antil propose une analyse de l’ouvrage d’Achille Mbembe, Critique de la raison nègre (La Découverte, 2013, 268 pages).

Cet ouvrage est le dernier opus d’une trilogie sur le politique en Afrique subsaharienne et la place du continent dans le monde, après De la postcolonie. Essai sur l’imagination politique en Afrique (Karthala, 2000) et Sortir de la grande nuit. Essai sur l’Afrique décolonisée (La Découverte, 2010).

Le présent essai déroutera ceux qui ne connaissent pas l’auteur : profond, touffu, avec une belle intensité d’écriture, il s’emploie à décrire la place paradoxale de l’Afrique dans le monde d’aujourd’hui, en revenant sur la figure du « nègre », réceptacle de toutes les représentations européennes de l’Afrique et de l’homme noir.

Éthique des relations internationales

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (3/2014). David Cumin propose une analyse de l’ouvrage publié sous la direction de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer et Ryoa Chung, Éthique des relations internationales. Problématiques pour la paix (PUF, 2013, 474 pages).

Voilà un ouvrage bienvenu par sa qualité scientifique, son originalité matérielle et son utilité pédagogique. La personne humaine est douée de conscience, celle du bien et du mal, avec les dilemmes qu’elle pose. On retrouve ceux-ci – ou la simple interrogation : qu’est-ce que le bien et le mal ? qui les définit et selon quels critères ? – dans la vie des collectivités comme dans leurs rapports internationaux, qu’il s’agisse des décideurs ou des agents. La réflexion sur l’éthique dans les relations internationales s’est développée au croisement de la philosophie et de la politologie. Elle est surtout le fait d’universitaires anglo-saxons, comme le confirment les riches bibliographies terminant chacune des contributions de cet ouvrage. Le grand intérêt de cette œuvre pluridisciplinaire est ainsi de présenter la recherche britannique ou nord-américaine actuelle en la matière, et de contribuer à l’émergence en France ou dans le monde francophone d’une problématique éthique des relations internationales.

Le maintien de la paix en Afrique

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (3/2014). Yves Gounin propose une analyse de l’ouvrage publié sous la direction de Thierry Tardy et Marco Wyss, Peacekeeping in Africa. The Evolving Security Architecture (Routledge, 2014, 272 pages).

Longtemps le maintien de la paix fut le monopole des casques bleus de l’Organisation des Nations unies (ONU), dûment mandatés pour surveiller un cessez-le-feu ou mettre en œuvre un accord de paix. Aujourd’hui, les missions se sont enrichies et les acteurs multipliés : l’Union africaine (UA), l’Union européenne (UE), les organisations sous-régionales – Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) –, les États africains ou extra-africains, etc. Spécialistes des questions de sécurité, Thierry Tardy et Marco Wyss le montrent, en présentant l’Afrique comme un « laboratoire du maintien de la paix ».

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