Catégorie : Revue des livres Page 231 of 290

Les comptes rendus de lecture publiés dans PE

Secrets and Leaks

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (3/2014). Jérôme Marchand propose une analyse de l’ouvrage de Rahul Sagar, Secrets and Leaks: The Dilemma of State Secrecy (Princeton University Press, 2013, 280 pages).

Secrets and Leaks s’attaque à un sujet éminemment sensible, porteur d’enjeux lourds pour l’avenir des systèmes démocratiques. L’ouvrage traite des brèches de confidentialité auxquelles se trouve exposé l’appareil d’État américain dans le volet sécurité nationale de ses activités, et cherche à déterminer dans quelle mesure le cadre normatif en place permet de lever le voile sur les dérapages en tous genres – débords, âneries, bavures, fiascos, déviances – des organes d’exécution civils et/ou militaires, suppléant ainsi les défaillances de leurs contrôleurs institutionnels (représentants politiques, haute administration).

Le secret officiel, reconnaît l’auteur, tient une place importante dans l’exercice du pouvoir exécutif. Néanmoins, la sagesse élémentaire montre que l’on ne peut confier au président en exercice et à ses proches collaborateurs le soin de déterminer ce qui mérite ou non de rester confidentiel. Le Watergate et l’Irangate sont passés par là, sans compter les égarements de George W. Bush et de ses « Vulcains ». Au fil du temps, d’autres méthodes de régulation ont émergé : contrôle judiciaire (via le Freedom Of Information Act) et contrôle parlementaire (via les commissions spécialisées en charge des questions de défense et de renseignement). Elles aussi ont montré leurs limites.

Le Livre noir de l’occupation israélienne. Les soldats racontent

LivreNoirCette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (3/2014). Samuel Ghiles-Meilhac propose une analyse de l’ouvrage de l’association Breaking the Silence, Le Livre noir de l’occupation israélienne. Les soldats racontent (Autrement, 2013, 396 pages).

En 2004, alors que la seconde Intifada fait rage, d’anciens réservistes de l’armée israélienne créent l’association Breaking the Silence. Ces jeunes hommes et femmes souhaitent porter à la connaissance du public ce qu’ils ont été amenés à faire au nom de la défense d’Israël et de la lutte contre le terrorisme. Sans se définir à partir des clivages politiques classiques entre partisans d’un compromis territorial et défenseurs de la présence israélienne dans les territoires conquis en 1967, ils témoignent à travers expositions, conférences et textes des effets de la politique d’occupation d’Israël en Cisjordanie. Les actes d’intimidation, l’usage excessif de la force, les stratégies d’humiliation, la mansuétude à l’égard d’exactions commises par des colons : la liste est longue des abus structurels d’une occupation qui dure depuis plus de quatre décennies. Ce livre, traduction en français de ces témoignages d’abord publiés en Israël puis dans le monde anglo-saxon, illustre à quel point les différents processus de négociation et la mise en place de l’Autorité palestinienne depuis les accords d’Oslo n’ont pu libérer le quotidien des Palestiniens du contrôle militaire israélien.

La Droite catholique aux États-Unis

CR_ouvrages_ladroitecatholiqueCette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (3/2014). Marie Gayte propose une analyse de l’ouvrage de Blandine Chelini-Pont, La Droite catholique aux États-Unis. De la guerre froide aux années 2000 (PUR, 2013, 373 pages).

Dans son étude, Blandine Chelini-Pont part d’un double constat : l’historiographie s’est essentiellement attachée à étudier l’association des catholiques au Parti démocrate, et les analyses consacrées aux dimensions religieuses du conservatisme américain ont surtout porté sur ses composantes juive et protestante. À partir de là, l’auteur cherche à expliquer dans quelle mesure les catholiques ont contribué au succès du Parti républicain ces trente dernières années. Au-delà, la grande originalité de ce travail est de montrer que la pensée catholique conservatrice a non seulement permis l’émergence d’un véritable conservatisme américain, mais a aussi contribué, de manière déterminante, à façonner deux mouvements clés du conservatisme actuel.

Le Mali

Cette recension est issue de Politique étrangère (3/2014). Yves Gounin propose une analyse de l’actualité éditoriale sur le Mali, avec une lecture croisée de plusieurs ouvrages, dont : Jean-Christophe Notin, La Guerre de la France au Mali (Tallandier, 2014, 656 pages) ; Patrick Gonin, Nathalie Kotlok et Marc-Antoine Pérouse de Montclos (dir.), La Tragédie malienne (Vendémiaire, 2013, 352 pages) ; Mériadec Raffray, Touaregs. La révolte des hommes bleus (1857-2013) (Economica, 2013, 112 pages) ; et Thierry Perret, Mali. Une crise au Sahel (Karthala, 2014, 240 pages).

mali_On a vu se multiplier en France les publications sur le Mali : près d’une vingtaine d’ouvrages lui ont ainsi étéconsacrés depuis le déclenchement de l’opération Serval en janvier 2013. Dans les années précédentes, ils se comptaient sur les doigts d’une main – hormis quelques ouvrages scientifiques à la diffusion confidentielle.

Paradoxalement, le Mali n’est pas l’acteur central de cet engouement éditorial. C’est la France qui occupe cette place. Les livres sur le Mali sont, en réalité, des livres sur la France. Car si le sujet est devenu d’actualité, c’est du fait de l’intervention française. Il y a fort à parier en effet que, sans l’opération Serval, les soubresauts intérieurs de la politique malienne, aussi inquiétants fussent-ils, n’auraient guère intéressé l’édition française. En témoigne le manque d’ouvrages de fond sur Boko Haram, ou sur la situation qui prévaut au Nord du Nigeria[1].

C’est la raison pour laquelle une grande partie de ces ouvrages traite autant sinon plus de la France, de sa politique africaine, de ses campagnes militaires que du Mali lui-même.

Page 231 of 290

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén