Catégorie : Revue des livres Page 28 of 281

Les comptes rendus de lecture publiés dans PE

Entre guerre et paix

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été 2024 de Politique étrangère (n° 2/2024). Frédéric Ramel propose une analyse de l’ouvrage de Sundeep Waslekar, Entre guerre et paix. Histoire et politique des conflits dans le monde (CNRS Éditions, 2023, 344 pages).

Sous un titre plutôt neutre, la lecture ne permet guère le doute : l’auteur défend bien une promotion de la paix. Reprenant l’horloge de l’apocalypse créée en 1947 par le Bulletin of Atomic Scientists, les six chapitres tournent autour du spectre de minuit qui sonnerait la catastrophe planétaire (en 2024, les aiguilles se positionnent à 23 h 58 et 30 secondes). Les trois premiers (« minuit approche », « heures sombres », « crépuscule ») portent sur l’évolution des combats, l’armement et les causes de la guerre. Les trois suivants (« le point du jour », « l’aurore », « le matin ») mettent en relief les voies possibles vers la paix. S’appuyant sur les productions scientifiques les plus récentes des war studies, le diagnostic initial est plutôt sombre.

Backfire: How Sanctions Reshape the World Against U.S. Interests

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été 2024 de Politique étrangère (n° 2/2024). Michel Makinsky, directeur général d’Ageromys International et chercheur associé à l’IPSE et l’IEGA, propose une analyse de l’ouvrage d’Agathe Demarais, Backfire: How Sanctions Reshape the World Against U.S. Interests (Columbia University Press, 2024 [nouvelle édition], 304 pages).

Depuis vingt ans, les publications consacrées aux sanctions se multiplient, reflet de la prolifération des sanctions émanant principalement des États-Unis. Ce sujet suscite un intérêt croissant tant des chercheurs en relations internationales, politologues, analystes, que parmi les avocats, juristes, magistrats, universitaires spécialistes en droit international. Mais elles sont surtout au centre des préoccupations des banques et entreprises engagées dans les marchés internationaux.

Monetary Policy and Its Unintended Consequences

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été 2024 de Politique étrangère (n° 2/2024). Norbert Gaillard propose une analyse de l’ouvrage de Raghuram Rajan, Monetary Policy and Its Unintended Consequences (MIT Press, 2023, 140 pages).

S’il est un économiste qui jouit d’une réputation exceptionnelle, c’est bien Raghuram Rajan. Au milieu des années 2000, il avait alerté sur les risques que les produits structurés faisaient peser sur le système financier international. Entre 2013 et 2016, en tant que gouverneur de la banque centrale indienne, il a réduit le taux d’inflation par deux et sauvé la note en catégorie investissement de New Delhi. Aujourd’hui professeur de finance à l’université de Chicago, il s’inquiète des effets pervers des politiques monétaires accommodantes en vigueur jusqu’en 2022. On ne peut donc que lire religieusement son analyse.

L’enchevêtrement des crises au Sahel & Le djihad de la vache

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été 2024 de Politique étrangère (n° 2/2024). Alain Antil, directeur du Centre Afrique subsaharienne de l’Ifri, propose une analyse croisée des ouvrages de Jean-Pierre Olivier de Sardan, L’enchevêtrement des crises au Sahel. Niger, Mali, Burkina Faso (Karthala, 2023, 198 pages) et de Giovanni Zanoletti, Le djihad de la vache. Pastoralisme et formation de l’État au Mali (Karthala, 2023, 540 pages).

Le Sahel central est entré dans un cycle de violences djihadistes depuis le milieu des années 2000. Vingt ans plus tard, la présence de l’État dans les territoires du Mali, du Burkina Faso et dans une moindre mesure du Niger s’est largement restreinte à mesure que les groupes djihadistes chassaient ses agents des espaces ruraux et que les appareils sécuritaires nationaux s’enferraient dans une lutte armée nécessaire mais contre-productive, du fait de leur faiblesse et des mauvais traitements infligés aux populations soupçonnées de connivence avec les insurgés. Non contents d’échouer à apporter le « bien sécurité » aux populations, les autorités ont dérivé vers des discours de plus en plus ethnicistes à l’encontre des communautés peul et touarègue. Le mécontentement des populations urbaines vis-à-vis de ce qu’elles considéraient comme un fiasco allait emporter les pouvoirs civils de ces pays, en même temps que les partenariats de sécurité avec Paris et les Occidentaux. Les nouvelles juntes allaient, plus ou moins rapidement, tenter d’apporter une nouvelle offre sécuritaire en renouvelant leurs alliés. À l’heure où ces lignes sont écrites, les éléments qui parviennent péniblement du terrain ne permettent pas de conclure à une amélioration de la situation sécuritaire. Les zones de conflits semblent toujours dangereusement s’étendre.

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