Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver 2023 de Politique étrangère (n° 4/2023). Cédric Tellenne propose une analyse de l’ouvrage de Florian Louis,De la géopolitique en Amérique (Presses universitaires de France, 2023, 448 pages).
Faisant suite à une thèse de doctorat soutenue en 2019, le nouvel ouvrage de l’historien Florian Louis étudie la réception de la géopolitique allemande aux États-Unis entre les années 1920 et 1950. Il restitue des débats passionnés, et souvent venimeux, entre universitaires, jusqu’à l’adoubement de la nouvelle discipline dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale et, surtout, de la guerre froide.
Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver 2023 de Politique étrangère (n° 4/2023). Guillaume Garnier propose une analyse de l’ouvrage dirigé par Olivier Forcade,La France et l’OTAN depuis 1989 (Sorbonne Université Presses, 2023, 288 pages).
Cet ouvrage collectif fait suite au colloque des 19 et 20 novembre 2021 co-organisé par la société des Cincinnati de France, la fondation The First Alliance et Sorbonne Université. Sous la direction d’Olivier Forcade, il recueille des analyses pluridisciplinaires.
Il peut, à première vue, revêtir l’inconvénient de rassembler des réflexions propres à un événement (le colloque) situé juste en amont de l’offensive russe en Ukraine. Toutefois, la qualité des intervenants (militaires, diplomates, juristes, historiens) et la réactualisation de certaines interventions avant la parution de l’ouvrage lui donnent une profondeur d’analyse historique mais aussi une densité d’expertise, toujours nécessaire à la compréhension des événements d’actualité, ou à tout exercice prospectif.
Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver 2023 de Politique étrangère (n° 4/2023). Léo Péria-Peigné, chercheur au Centre des études de sécurité de l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de Mike Martin,How to Fight a War (Hurst, 2023, 272 pages).
How to Fight a War se veut un manuel pratique à destination d’un décideur militaire, décomposant phase par phase la préparation, la planification et la réalisation d’une opération, tout en détaillant les spécificités liées à chaque milieu. Mike Martin commence par insister sur la nécessité absolue de disposer d’une stratégie réaliste et cohérente, adaptée non aux conflits souhaités mais aux conflits craints. Cette stratégie doit s’appuyer sur un triptyque invariant de buts, de méthodes et de moyens permettant sa concrétisation et, in fine, l’imposition de ses propres objectifs à l’adversaire. Il détaille ensuite le rôle du renseignement, de la logistique, de l’entraînement et du moral : quatre phases préparatoires indispensables à toute opération, quel qu’en soit le milieu. Il s’attarde ensuite brièvement sur ceux-ci, des trois milieux classiques (terre, mer, air) aux plus récents (espace, informationnel et cyber). Un passage est aussi dédié à la spécificité des armes dites « NRBC » (nucléaire, radiologique, biologique et chimique) pour mettre en valeur le rapport souvent ambigu entre leur potentielle efficacité et l’aspect immoral de leur usage. Enfin, le dernier chapitre est consacré à la conduite de l’opération, entre préparation du terrain, phases d’attaque, de défense et de manœuvre.
Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver 2023 de Politique étrangère (n° 4/2023). Sébastien Jean, chercheur associé à l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de Henry Farrell et Abraham Newman,Underground Empire: How America Weaponized the World Economy (Henry Holt, 2023, 288 pages).
Les centres névralgiques de l’économie mondiale ne sont pas nécessairement des gratte-ciel impressionnants ou des réalisations spectaculaires. C’est même plus souvent dans les arcanes des réseaux internationaux qu’il faut descendre pour les identifier, comme par exemple les centres de stockage de données de Virginie occidentale, une société coopérative de droit belge (SWIFT), ou des brevets des années 1970. Sous la plume d’Henry Farrell et Abraham Newman, leur visite se mue presque en roman d’aventures, tant ces éminents politistes excellent à restituer la marche des institutions et la logique des enchaînements, mais aussi la part individuelle et celle des évènements plus ou moins fortuits qui ont façonné les évolutions récentes de la mondialisation – avec sa dose de frisson.
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