Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver 2022 de Politique étrangère (n° 4/2022). Louis de Catheu propose une analyse de l’ouvrage de Nicholas Mulder, The Economic Weapon: The Rise of Sanctions as a Tool of Modern War (Yale University Press, 2022, 448 pages).
Le bureau du contrôle des actifs étrangers américain applique aujourd’hui 37 programmes de sanctions, en réponse aux programmes nucléaires nord-coréen et iranien, aux atteintes aux droits de l’homme à Cuba et aux progrès de la Chine dans les hautes technologies. L’invasion de l’Ukraine a provoqué la mise en place de sanctions de l’Union européenne, du Japon, du Royaume-Uni, de la Corée du Sud et des États-Unis. L’arme économique apparaît donc comme un aspect central des relations internationales contemporaines.
Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver 2022 de Politique étrangère (n° 4/2022). Aurélien Denizeau propose une analyse de l’ouvrage d’Isabelle Facon (dir.), Russie-Turquie. Un défi à l’occident ? (Passés composés, 2022, 224 pages).
Alors que l’activisme tant de la Turquie que de la Russie ne cesse d’interpeller, et parfois d’inquiéter, les observateurs occidentaux, la nature des relations bilatérales entre ces deux puissances voisines demeure à bien des égards un mystère. Voici deux États que l’histoire a fait s’affronter à maintes reprises et qui demeurent aujourd’hui rivaux sur plusieurs théâtres géopolitiques. Pourtant, ils savent aussi mettre de côté leurs différends pour gérer des situations de crise particulièrement complexes. Cette « compétition coopérative » déconcerte Européens et Américains, d’autant que ces manœuvres aboutissent bien souvent à les mettre à l’écart des terrains géopolitiques concernés. Comme si Moscou et Ankara voulaient marquer leur volonté de gérer leurs désaccords seuls, sans laisser de place aux acteurs tiers. Pour décrypter cet étonnant pas de deux, un seul regard, aussi pertinent fût-il, aurait semblé bien insuffisant. C’est donc toute une équipe qui a été réunie sous la direction d’Isabelle Facon, donnant à l’ouvrage un caractère multidimensionnel marqué.
Spécialistes de la Russie, de la Turquie ou connaisseurs d’une région où ces deux puissances se rencontrent, les auteurs explorent en détail les multiples facettes de la relation bilatérale. Deux premiers chapitres reviennent, en guise d’entrée en matière, sur une tumultueuse histoire russo-turque, marquée certes par de nombreux affrontements mais aussi par des épisodes plus méconnus de rapprochement. Le chapitre suivant introduit et explique la délicate position des Occidentaux face à ce curieux tandem. C’est ensuite un intéressant tour d’horizon des théâtres d’affrontement, de rivalité ou de coopération entre Moscou et Ankara : la Syrie, la Libye, la mer Noire, le Caucase, jusqu’à l’Asie centrale – où se fait sentir la présence d’un troisième compétiteur : la Chine. Les derniers chapitres sont consacrés aux questions de l’énergie, de l’économie et de l’armement, secteurs où Turcs et Russes affichent de réelles ambitions en termes de coopération, tout en semblant parfois réticents à les concrétiser, à l’image de ces missiles S-400 achetés par Ankara mais qui tardent à être déployés.
Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver 2022 de Politique étrangère (n° 4/2022). Marc Hecker propose une analyse de l’ouvrage de Charlie Winter, The Terrorist Image: Decoding the Islamic State’s Photo-Propaganda (Hurst, 2022, 320 pages).
Voici dix ans, Abdelasiem El Difraoui publiait Al-Qaïda par l’image (Presses universitaires de France), ouvrage tiré d’une thèse de doctorat qui analysait « le Grand Récit d’Al-Qaïda et du djihad global ». À l’époque, Daech n’existait pas. Or, ce groupe rival d’Al-Qaïda a porté la propagande djihadiste à un niveau supérieur, déversant sur internet une myriade de contenus dans de multiples langues.
Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver 2022 de Politique étrangère (n° 4/2022). Denis Bauchard propose une analyse de l’ouvrage d’Ata Ayati et David Rigoulet-Roze (dir.), La république islamique d’Iran en crise systémique, Quatre décennies de tourments (L’Harmattan, 2022, 334 pages).
Publié avant la vague persistante d’émeutes provoquées par l’arrestation et la mort de Mahsa Amini, cet ouvrage montre à quel point existe un décalage entre les nouvelles générations et le pouvoir tenu par les religieux. Comme l’écrit justement David Rigoulet-Roze dans son introduction, il existe « une défiance résolue vis-à-vis d’un régime idéologiquement dévalué et dans l’incapacité de répondre aux attentes les plus élémentaires de l’essentiel d’une population éduquée et qui aspire simplement à pouvoir vivre décemment… ».
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