Catégorie : Revue des livres Page 79 of 283

Les comptes rendus de lecture publiés dans PE

La puissance par l’image

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver 2021 de Politique étrangère (n° 4/2021). Frédéric Charillon propose une analyse de l’ouvrage dirigé par Christian Lequesne, La puissance par l’image. Les États et leur diplomatie publique (Presses de Sciences Po, 2021, 208 pages).

La diplomatie publique est-elle synonyme de soft power, ce concept exploré, popularisé et peaufiné par Joseph Nye ? C’est sur ce parallèle que s’ouvre le travail collectif dirigé par Christian Lequesne, agrémenté de nombreuses cartes fort utiles sur les diasporas, les étudiants chinois à l’étranger, les médias et réseaux sociaux, les établissements scolaires ou les organisations non gouvernementales (ONG). Comme le titre et le sous-titre l’indiquent, dans « diplomatie publique » il y a « publique », et qui dit « publique » dit État : il s’agit donc bien de stratégies étatiques, dans une compétition mondiale. Mais d’une stratégie qui ne saurait se résumer à une communication institutionnelle, encore moins à des instruments gouvernementaux.

Le premier XXIe siècle

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver 2021-2022 de Politique étrangère (n° 4/2021). Le diplomate Pierre Buhler propose une analyse de l’ouvrage de Jean-Marie Guéhenno, Le premier XXIe siècle. De la globalisation à l’émiettement du monde (Flammarion, 2021, 368 pages).

Secrétaire général-adjoint des Nations unies auprès de Kofi Annan, chargé des opérations de maintien de la paix, diplomate – il a dirigé le Centre d’analyse et de prévision du Quai d’Orsay –, Jean-Marie Guéhenno est aujourd’hui professeur à Columbia. C’est dans une expérience du monde réel qu’il enchâsse une pensée singulière, servie par un esprit d’observation libre d’œillères et de préjugés. Guéhenno est un de ces auteurs qui ne prennent la plume que lorsqu’ils ont quelque chose d’important à dire. C’est ainsi que l’effondrement de l’URSS l’avait amené à s’interroger sur l’avenir de la démocratie (1993), puis de la liberté (1999).

Comme dans La Fin de la démocratie, voici près de 30 ans, le regard reste désabusé sur le prétendu triomphe de la démocratie qui aurait sanctionné l’effondrement de l’Union soviétique. Ce constat est aujourd’hui confirmé par la crise multiforme de l’Occident. Démentie par la réalité de son indifférence aux massacres des années 1990, sa prétention à l’universalisme de ses valeurs est en butte aux attaques contre son passé, son histoire coloniale, l’esclavage et son traitement des peuples autochtones. L’ordre multilatéral libéral tant vanté s’est avéré un manteau commode pour habiller la domination américaine. Et l’irruption du phénomène Trump a illustré la fragilité de la « roulette démocratique ».

Poutine, la stratégie du désordre

Cette recension a été publiée dans le numéro d’automne 2021 de Politique étrangère (n° 3/2021). Elena Roubinski, collaboratrice du Centre Russie/NEI de l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage d’Isabelle Mandraud et Julien Théron, Poutine, la stratégie du désordre (Tallandier, 2021, 384 pages).

La première partie de cet ouvrage retrace les ramifications historiques des méthodes russes. Les auteurs théorisent le « poutinisme » non comme une idéologie mais comme un patchwork de fragments slavophiles et d’éléments conservateurs européens, dont la détestation de l’Occident constitue le cœur battant. À partir de la peur omniprésente de la calamité dans la société russe, le Kremlin a fait du révisionnisme historique un pilier de sa rhétorique autoritaire, Poutine devenant ainsi une des têtes d’affiche du conservatisme. Cette politique entre en résonnance avec le vécu de la majorité des citoyens russes, mais fait aussi écho aux critiques toujours plus nombreuses dans le monde du modèle occidental.

War and Genocide in South Sudan

Cette recension a été publiée dans le numéro d’automne 2021 de Politique étrangère (n° 3/2021). Anne-Laure Mahé propose une analyse de l’ouvrage de Clémence Pinaud, War and Genocide in South Sudan (Cornell University Press, 2021, 330 pages).

Ce livre jette un éclairage nouveau sur la guerre civile qui éclate en 2013 au Soudan du Sud et le régime mis en place par le Sudanese People’s Liberation Army/Movement (SPLA), le mouvement rebelle qui signe l’accord de paix avec le gouvernement de Khartoum en 2005 au terme de vingt-deux ans de guerre et prend la tête du nouvel État lors de l’indépendance de 2011. L’auteur interroge les lectures conventionnelles du conflit à travers trois choix théoriques.

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