The Great Successor

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2020).
Théo Clément propose une analyse croisée des ouvrages d’Anna Fifield, The Great Successor: The Divinely Perfect Destiny of Brilliant Comrade Kim Jong-un (Public Affairs, 2019, 336 pages) et de Chung Min Lee
The Hermit King: The Dangerous Game of Kim Jong-un (All Points Books, 2019, 320 pages) .

Journaliste au Washington Post, Anna Fifield a dirigé son bureau de Tokyo entre 2014 et 2018, d’où elle a notamment couvert la politique nord-coréenne, et s’est elle-même rendue douze fois en République populaire démocratique de Corée (RPDC). The Great Successor est présenté comme une biographie de Kim Jong-un, mais tente en fait souvent – et maladroitement – de s’appuyer sur la trajectoire personnelle du dirigeant nord-coréen pour décrypter certaines des dynamiques politiques nord-coréennes actuelles.

Deglobalization and International Security

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2020).
Morgan Paglia, chercheur au Centre des études de sécurité de l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de Thomas X. Hammes
Deglobalization and International Security (Cambria Press, 2019, 288 pages).

Thomas X. Hammes, ancien colonel des Marines et chercheur à la National Defense University, esquisse ici l’avenir de l’ordre international à l’heure de l’automatisation de la production et du repli des nations sur leurs voisinages régionaux.

Il dresse d’abord un constat : sur le plan économique, les grandes puissances dépendent de moins en moins des échanges internationaux (marchandises, services, investissements) pour assurer leur croissance. Ce phénomène, largement entamé après la crise de 2008, va s’accélérer sous l’effet des transformations technologiques de la révolution industrielle qui se profile, et bouleverser les équilibres socio-économiques et stratégiques.

Le New Deal vert mondial

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2020).
Marc-Antoine Eyl-Mazzega, directeur du Centre Energie de l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de Jeremy Rifkin
Le New Deal vert mondial. Pourquoi la civilisation fossile va s’effondre d’ici 2028… Le plan économique pour sauver la vie sur Terre (Les liens qui libèrent, 2019, 304 pages).

Jeremy Rifkin a souvent été considéré comme un précurseur et le sera encore pour son New Deal vert mondial. Pour lui, la nouvelle révolution industrielle est en marche et va bouleverser nos modes de vie, de travail, de produire et de consommer. Elle est à portée de main : l’internet des objets – le pilotage intelligent et à distance optimisant tous les processus, notamment l’offre et la demande d’énergie – se déploie partout ; le coût de déploiement des énergies renouvelables est en baisse constante ; les technologies de stockage sont prometteuses, et celles permettant le pilotage des réseaux, de l’offre et de la demande d’électricité, permettront une électrification croissante par les énergies renouvelables ; l’efficacité énergétique peut progresser partout. Le nouvel ordre sera celui de la « glocalisation », chacun étant acteur du système économique et énergétique à part entière, en étant interconnecté grâce aux solutions digitales.

La politique européenne et américaine d’Israël

La rédaction de Politique étrangère vous offre de (re)lire des textes qui ont marqué l’histoire de la revue. Nous vous proposons aujourd’hui un article de Paul Giniewski, intitulé « La politique européenne et américaine d’Israël », et publié dans le numéro de printemps 1971.

Depuis la guerre des Six jours, la politique étrangère d’Israël a subi des changements évidents. La rupture par la France de son alliance non écrite avec l’Etat juif en a été le point de départ et le signe le plus visible. L’interruption des relations diplomatiques avec l’URSS, à l’initiative de celle-ci, et l’appui de plus en plus résolu qu’Israël a dû prendre sur les Etats-Unis, en ont été les conséquences, avec une portée probablement plus profonde. Sans aborder ici l’analyse de ces trois phénomènes, on veut définir les lignes de force de l’actuelle politique européenne d’Israël. On remarquera d’emblée qu’elle est hypothéquée dans une certaine mesure par les rapports israélo-américains. Et limitée, presque au sens géographique du terme, par le blocage, à l’Ouest de l’Europe par la France, à l’Est, par le bloc soviétique, de ses possibilités de manœuvre.

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