De l’accord de Munich à la fin de l’État tchéco-slovaque, Hubert Beuve-Méry (1939)

La rédaction de Politique étrangère vous offre de (re)lire des textes qui ont marqué l’histoire de la revue. Nous vous proposons aujourd’hui un article de Hubert Beuve-Méry, intitulé « De l’accord de Munich à la fin de l’État tchéco-slovaque », et publié en 1939 (2/1939).

La Tchéco-Slovaquie indépendante n’est plus. Cet événement qui a violemment secoué la conscience du monde a peut-être moins ému ceux qui avaient commencé, dès l’accord de Munich, à porter le deuil de l’État tchéco-slovaque. Aujourd’hui, il n’est plus temps de se demander si cet accord était licite, étant donné les traités franco-tchécoslovaques, ni s’il était nécessaire, étant donné la situation politique et militaire de l’Europe à l’automne dernier. Mais il peut être utile de jeter un rapide coup d’œil sur les mois qui se sont écoulés entre les promesses solennelles prodiguées par le Führer en septembre et son entrée à Prague le 15 mars. On y verra, après le précédent autrichien, une nouvelle et douloureuse démonstration des méthodes hitlériennes.

La Banque centrale européenne et la crise de l’euro

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2020). Stefano Ugolini propose une analyse de l’ouvrage de Lucrezia Reichlin, La Banque centrale européenne et la crise de l’euro (Fayard, 2019, 96 pages).

Vous n’êtes pas spécialiste d’économie financière mais souhaitez pourtant comprendre quelque chose au feuilleton des vicissitudes de la zone euro depuis 2007 ? Voilà 96 pages (en petit format et grande police) qui vous permettront enfin de saisir les « faits stylisés » de la crise de l’Union monétaire européenne, ses causes et ses enseignements. Cet opuscule retranscrit la leçon inaugurale de la Chaire européenne du Collège de France, tenue en 2018 par Lucrezia Reichlin : professeur à la London Business School, ancienne directrice du département de la recherche à la Banque centrale européenne (BCE), l’économiste italienne a toute légitimité pour reparcourir, avec compétence et autorité, les événements très clivants qui ont marqué l’histoire européenne récente.

Le jeu politique allemand. La situation intérieure et les positions internationales, Alfred Grosser (1951)

La rédaction de Politique étrangère vous offre de (re)lire des textes qui ont marqué l’histoire de la revue. Nous vous proposons aujourd’hui un article d’Alfred Grosser, intitulé « Le jeu politique allemand. La situation intérieure et les positions internationales », et publié dans le numéro d’hiver 1951.

On peut dire que, depuis bien longtemps, en Europe, il n’y a plus d’évolution de la politique intérieure qui puisse se dissocier de l’évolution de la politique internationale. C’est ainsi, par exemple, que la date la plus importante de l’histoire de France, depuis 1945, est la même que pour l’Allemagne : c’est l’échec de la Conférence de Moscou, en mars-avril 1947. Elle a marqué, pour la France, le départ des communistes du pouvoir quelques semaines plus tard et, pour l’Allemagne, la séparation progressive en Allemagne orientale et en Allemagne occidentale.

Surrogate Warfare. The Transformation of War in the Twenty-First Century

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2020). Guillaume Lasconjarias propose une analyse de l’ouvrage de Andreas Krieg et Jean-Marc Rickli, Surrogate Warfare. The Transformation of War in the Twenty-First Century (Georgetown University Press, 2019, 248 pages).

Les ouvrages sur la transformation de la guerre ressemblent souvent à un exercice de style visant à infirmer ou confirmer les vues de Clausewitz sur les relations entre un gouvernement, un peuple et une armée. Le livre d’Andreas Krieg et de Jean-Marc Rickli ne constitue pas une exception, les auteurs proposant un nouveau concept, une « nouvelle trinité », dans une démonstration avec laquelle on pourra ne pas être d’accord, mais qui s’appuie sur une réflexion nourrie, claire et agréable à lire.

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