Jihadi Culture

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2018). Laurence Bindner propose une analyse de l’ouvrage dirigé par Thomas Hegghammer, Jihadi Culture: The Art and Social Practices of Militant Islamists (Cambridge University Press, 2017, 288 pages).

Alors que la recherche sur les groupes djihadistes privilégie habituellement les analyses historiques, opérationnelles ou doctrinales, cet ouvrage collectif en défriche un aspect méconnu : la culture et les pratiques sociales.

À travers sept champs d’étude explorés par dix spécialistes, Hegghammer éclaire le phénomène djihadiste à l’aune des préoccupations artistiques et esthétiques (poésie, musicologie, iconographie, cinématographie) de quelques groupes transnationaux, ainsi qu’à travers leurs us et coutumes (interprétation des rêves, martyrologie, pratiques non militaires – religieuses en particulier, ou d’autres plus surprenantes, comme les pleurs), des années 1980 aux années 2010.

Métropoles en Méditerranée

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2018). Helin Karaman propose une analyse de l’ouvrage dirigé par Dominique Lorrain, Métropoles en Méditerranée. Gouverner par les rentes (Presses de Sciences Po, 2017, 320 pages).

Cet ouvrage est issu d’un projet de recherche coordonné par Dominique Lorrain, qui s’est intéressé aux modes de gouvernement des métropoles des pays dits du Sud. Comme dans un précédent volume (qui traitait de Shanghai, Mumbai, Le Cap et Santiago du Chili), il s’agit de montrer que les quatre grandes métropoles du sud de la Méditerranée étudiées, Beyrouth, Le Caire, Alger et Istanbul, à la croissance urbaine rapide, aux institutions souvent jugées défaillantes, ne sont pas pour autant ingouvernables et en proie au chaos. La méthode est identique : appréhender le fait métropolitain par l’analyse de ses institutions et de ses réseaux techniques.

L’opinion publique française et les relations internationales

Créée en 1936, Politique étrangère est la plus ancienne revue française dans le domaine des relations internationales. Chaque vendredi, découvrez « l’archive de la semaine ».

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L’article « L’opinion publique française et les relations internationales » a été écrit par le secrétaire général de la COFACE de l’époque, Jérôme Cazes, et publié dans le numéro 4/1989 de Politique étrangère.

L’opinion publique est un acteur des relations internationales : dans les pays démocratiques (et même dans certains pays non démocratiques…), les géographies mentales de l’homme de la rue influencent les politiques extérieures.

Les sondages donnent une idée de ces géographies mentales. Certains les dénigrent (ce sont parfois les mêmes qui pensent que les diplomaties seraient plus efficaces sans élections…) et il est vrai qu’un sondage isolé ne signifie rien. Mais une approche transversale comparant des enquêtes à différentes dates ou dans différents pays met à jour des éléments instructifs. Cet article s’y essaie à partir des sondages publiés en France sur les questions internationales.

Liberalism and the Welfare State

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2018). Norbert Gaillard propose une analyse de l’ouvrage dirigé par Roger E. Backhouse, Bradley W. Bateman, Tamotsu Nishizawa et Dieter Plehwe, Liberalism and the Welfare State: Economists & Arguments for the Welfare State (Oxford University Press, 2017, 264 pages).

Ce brillant ouvrage collectif analyse les liens – plus complexes qu’il n’y paraît – entre libéralisme et État-providence dans trois grands pays développés : Royaume-Uni, Allemagne et Japon.

Le premier chapitre, consacré au Royaume-Uni, rappelle que ce sont les gouvernements libéraux de Henry Campbell-Bannerman et Herbert Asquith (1905-1916) qui lancent les grandes mesures en faveur des retraités, des travailleurs et des chômeurs. À partir de l’entre-deux-guerres cependant, la tradition libérale se scinde en deux grands courants intellectuels irréconciliables.

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