La Double Démocratie

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2018). Emmanuel Mourlon-Druol propose une analyse de l’ouvrage dirigé par Michel Aglietta et Nicolas Leron, La Double Démocratie. Une Europe politique pour la croissance (Seuil, 2017, 208 pages).

Ces trois dernières années, le débat sur l’avenir de la zone euro semble s’être cristallisé autour de deux options : une finalisation de l’union bancaire, qui apporterait la réponse la plus adaptée aux sources de la crise de 2009 ; la mise en place d’un budget substantiel de la zone euro, qui offrirait la meilleure garantie d’un fonctionnement harmonieux de la zone euro. La Double Démocratie s’inscrit dans la lignée de la seconde option, et offre une analyse stimulante des problèmes actuels de l’ensemble européen, et des mesures à mettre en place pour en améliorer le fonctionnement.

L’avenir des relations entre les nations de l’Europe occidentale

Créée en 1936, Politique étrangère est la plus ancienne revue française dans le domaine des relations internationales. Chaque vendredi, nous vous proposons de lire « l’archive de la semaine ». En cette semaine de commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale, découvrez un article publié peu après la victoire du 8 mai 1945.

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« L’avenir des relations entre les nations de l’Europe occidentale » est tiré d’un exposé qui a été énoncé par Barbara Ward , journaliste britannique, au Centre d’Études de Politique étrangère le 6 juillet 1945, et qui fut publié en août 1945 dans le numéro 1/1945 de Politique étrangère.

Nécessité d’une entente

L’expérience de ces quatre années prouve la nécessité d’un rapprochement entre les nations de l’Europe occidentale pour des raisons stratégiques et économiques. Il ne s’agit que de trouver les méthodes.

Pour pouvoir se défendre efficacement, les nations occidentales doivent adopter un plan commun ; il ne faut pas répéter, une fois encore, les erreurs stratégiques de 1940, dont l’exemple le plus tragique fut celui de la Hollande et de la Belgique qui nous ont appelés à leur secours le jour même où l’ennemi se trouvait à la frontière. Dans la guerre moderne, si on attend jusqu’à la dernière minute pour organiser la défense, on n’organise rien du tout. Pour nous, Anglais, depuis que de nouveaux engins de guerre franchissent la Manche, il est d’un grand intérêt de nous mettre d’accord avec nos voisins et d’élaborer avec eux une mise au point définitive des plans de défense nationale.

Ce qui a particulièrement retenu l’attention de mon journal, The Economist, ce sont les énormes avantages économiques d’une pareille entente.

America and the Future of War: The Past as Prologue

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2018). Rémy Hémez propose une analyse de l’ouvrage de Williamson Murray, America and the Future of War: The Past as Prologue (Hoover Institution Press, 2017, 224 pages).

Williamson Murray est un auteur bien connu des amateurs d’histoire militaire. Il a écrit ou dirigé de très nombreux ouvrages considérés comme des références. On pense par exemple à Military Innovation in the Interwar Period (1996), ou à son récent volume sur la guerre de Sécession, A Savage War: A Military History of the Civil War (2016). Son nouvel essai diffère de ses précédents livres. Il s’agit d’une charge contre les responsables politiques et militaires américains, et une bonne partie du monde académique du pays, qui semblent ignorer que l’avenir de la guerre sera à l’image de son passé, sanglant et imprévisible.

Le style canadien et la politique étrangère

Créée en 1936, Politique étrangère est la plus ancienne revue française dans le domaine des relations internationales. Chaque vendredi, découvrez « l’archive de la semaine ».

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L’article « Le style canadien et la politique étrangère » a été écrit par Louis Balthazar, politologue québécois et professeur au département de science politique à l’université de Laval, et publié dans le numéro 2/1973 de Politique étrangère.

Parmi les facteurs qui conditionnent la politique étrangère d’un État, on s’accorde généralement pour inclure ce qu’on a appelé le style national. Stanley Hoffmann a déjà démontré la validité de l’analyse stylistique dans son ouvrage Gulliver empêtré. Sans reprendre cette démonstration, on peut émettre tout simplement l’hypothèse de base qu’il existe au niveau des collectivités un certain style ou une façon de percevoir le monde et de réagir à l’endroit du système international. Ce style peut évoluer et même subir des mutations profondes mais, comme il s’enracine dans des expériences historiques traumatisantes, il tend habituellement à persister pour plusieurs générations. La politique étrangère d’un État ne peut qu’être considérablement affectée par les composantes de ce style.

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