Secrets and Leaks

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (3/2014). Jérôme Marchand propose une analyse de l’ouvrage de Rahul Sagar, Secrets and Leaks: The Dilemma of State Secrecy (Princeton University Press, 2013, 280 pages).

Secrets and Leaks s’attaque à un sujet éminemment sensible, porteur d’enjeux lourds pour l’avenir des systèmes démocratiques. L’ouvrage traite des brèches de confidentialité auxquelles se trouve exposé l’appareil d’État américain dans le volet sécurité nationale de ses activités, et cherche à déterminer dans quelle mesure le cadre normatif en place permet de lever le voile sur les dérapages en tous genres – débords, âneries, bavures, fiascos, déviances – des organes d’exécution civils et/ou militaires, suppléant ainsi les défaillances de leurs contrôleurs institutionnels (représentants politiques, haute administration).

Le secret officiel, reconnaît l’auteur, tient une place importante dans l’exercice du pouvoir exécutif. Néanmoins, la sagesse élémentaire montre que l’on ne peut confier au président en exercice et à ses proches collaborateurs le soin de déterminer ce qui mérite ou non de rester confidentiel. Le Watergate et l’Irangate sont passés par là, sans compter les égarements de George W. Bush et de ses « Vulcains ». Au fil du temps, d’autres méthodes de régulation ont émergé : contrôle judiciaire (via le Freedom Of Information Act) et contrôle parlementaire (via les commissions spécialisées en charge des questions de défense et de renseignement). Elles aussi ont montré leurs limites.

Le Livre noir de l’occupation israélienne. Les soldats racontent

LivreNoirCette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (3/2014). Samuel Ghiles-Meilhac propose une analyse de l’ouvrage de l’association Breaking the Silence, Le Livre noir de l’occupation israélienne. Les soldats racontent (Autrement, 2013, 396 pages).

En 2004, alors que la seconde Intifada fait rage, d’anciens réservistes de l’armée israélienne créent l’association Breaking the Silence. Ces jeunes hommes et femmes souhaitent porter à la connaissance du public ce qu’ils ont été amenés à faire au nom de la défense d’Israël et de la lutte contre le terrorisme. Sans se définir à partir des clivages politiques classiques entre partisans d’un compromis territorial et défenseurs de la présence israélienne dans les territoires conquis en 1967, ils témoignent à travers expositions, conférences et textes des effets de la politique d’occupation d’Israël en Cisjordanie. Les actes d’intimidation, l’usage excessif de la force, les stratégies d’humiliation, la mansuétude à l’égard d’exactions commises par des colons : la liste est longue des abus structurels d’une occupation qui dure depuis plus de quatre décennies. Ce livre, traduction en français de ces témoignages d’abord publiés en Israël puis dans le monde anglo-saxon, illustre à quel point les différents processus de négociation et la mise en place de l’Autorité palestinienne depuis les accords d’Oslo n’ont pu libérer le quotidien des Palestiniens du contrôle militaire israélien.

Les dynamiques d’éclatement d’États dans l’Union européenne

Nous vous proposons de (re)lire l’article d’Yves Gounin, « Les dynamiques d’éclatements d’États dans l’Union européenne : casse-tête juridique, défi politique », paru dans le numéro d’hiver 2013 de Politique étrangère. Après le « non » écossais au référendum sur l’indépendance et alors qu’un bras de fer oppose Barcelone et Madrid sur la consultation symbolique qui pourrait avoir lieu le 9 novembre, les questions qu’il soulève sont plus que jamais centrales pour les Européens.

drapeauxL’Écosse, la Catalogne ou la Flandre indépendantes rejoindraient-elles automatiquement l’Union européenne ? Ni la convention de Vienne de 1978, ni la coutume internationale, ni l’application stricte du droit de l’Union qui soumettrait les nouveaux États à la procédure ordinaire d’adhésion, et donc au veto des États membres, ne donnent de solution simple. Le caractère spécifique de l’Union européenne et le simple bon sens plaident pour une solution négociée, à toutes les étapes.

Alors que l’Écosse, la Catalogne, la Flandre – sans parler du Pays Basque, de la Corse ou de la Padanie – manifestent des velléités indépendantistes, la question de leur appartenance future à l’Union européenne se pose. Lire l’article complet au format .pdf.

La Droite catholique aux États-Unis

CR_ouvrages_ladroitecatholiqueCette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (3/2014). Marie Gayte propose une analyse de l’ouvrage de Blandine Chelini-Pont, La Droite catholique aux États-Unis. De la guerre froide aux années 2000 (PUR, 2013, 373 pages).

Dans son étude, Blandine Chelini-Pont part d’un double constat : l’historiographie s’est essentiellement attachée à étudier l’association des catholiques au Parti démocrate, et les analyses consacrées aux dimensions religieuses du conservatisme américain ont surtout porté sur ses composantes juive et protestante. À partir de là, l’auteur cherche à expliquer dans quelle mesure les catholiques ont contribué au succès du Parti républicain ces trente dernières années. Au-delà, la grande originalité de ce travail est de montrer que la pensée catholique conservatrice a non seulement permis l’émergence d’un véritable conservatisme américain, mais a aussi contribué, de manière déterminante, à façonner deux mouvements clés du conservatisme actuel.

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